Ce soir je me suis couchée nue. Lentement j’ai fait glisser mes habits sur moi, debout, droite devant mon miroir. Je me suis observée d’un regard doux, une touche de tendresse, un soupçon de désir. Le galbe de mes seins, le creux de ma taille, le rond de mes fesses… J’ai détourné les yeux, d’un mouvement las avant de me diriger vers mon lit. Calmement, en totale contradiction avec la tempête des mes émotions, je m’enroule dans mes draps. Ma peau avide de caresses ne trouvera pas tes mains. Ni ce soir, ni même celui d’après. A quand remonte notre dernière étreinte ? T’en souviens-tu d’ailleurs ? Je me pose ces questions et à peine formées, je me désintéresse des réponses. Ce soir, je suis scindée en deux. Mes émotions se brisent sur mon corps indolent. Je me réchauffe peu à peu sous mes couvertures, fais glisser les draps sur mes cuisses. Penser m’est difficile, je veux ressentir, ma peau veut se frotter à ton corps, se faire malmener dans une étreinte dévorante.
Je laisse rouler sur mes joues deux larmes de désir, lourdes et silencieuses. Je les laisse mourir sur l’oreiller. J’ai une idée.
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Mes jambes s’agitent, et ce sont mes propres mains qui les caressent, les cajolent. Mes propres mains qui m’explorent.
Je ferme les yeux et je sens l’odeur de ta peau, dans cette illusion que je sais si bien conjurer. C’est fou l’effet que cette odeur a sur moi. Même rêvée, fabriquée de toute pièce par mon esprit en manque, elle réveille mes ardeurs…
De mes jambes, mes mains ont migré vers mes hanches, mon ventre. Progressivement, l’une remonte, aborde la naissance de mes seins. J’aime les sentir peser contre ma paume qui les englobe. Mes doigts pincent un téton et je me laisse surprendre par l’onde d’électricité qui me parcourt. Immédiatement, la course dans ma poitrine commence. Mes doigts pincent, frottent, font tourner ces sensibles bouts de chair. Je recherche la même surprise qu’au premier contact. Mais mon corps piaffe, anticipe et ne se satisfait pas d’une simple redite. C’est une course en avant, où je varie intensité et mouvements tout en recherchant l’excitation croissante d’une stimulation régulière, mécanique. Je me tors de plaisir comme de frustration de ne pas atteindre une sensation plus vive. Je me détourne alors de ma poitrine pour me concentrer sur mon entrejambe. Afin de faire monter la tension dans mon bas-ventre, je commence par caresser l’intérieur de mes cuisses. L’une mes mains est restée froide dans l’inaction. Pourtant le contact de mes doigts sur la peau fine et chaude m’enflamme. La pensée m’effleure qu’ils sont encore trop froids pour aller plus en avant. L’instant d’après c’est l’inverse me séduit. La brutalité du décalage des températures m’intrigue.
D’un coup ma main se rapproche, pendant que l’autre dévoile mon intimité, et me voilà prise par l’index et le majeur. Un soupir. Pas si froid… et bon. Surtout bon. Mes doigts trempés sont maintenant sur mon bouton. Ma respiration se transforme en gémissements. J’en rajoute un peu, c’est si excitant de sentir ma gorge vibrer sous mon désir. Frénétiques mes doigts me masturbent, je ne pense plus, les envies défilent trop vite pour les saisir. Un sexe. Le tien ? Si je pouvais le toucher, le laper… En moi plutôt. Oui en moi. Fort. Ou lent mais puissant. Je ne sais plus. Tout, je veux tout.
Chaque mouvement de mes doigts sur mon clitoris gonflé d’excitation me tend. La chaleur irradie de mon sexe. Tout mon corps se laisse happer par les décharges qui le parcourent.
Stop. Je veux profiter encore un peu. Avant la fin… l’orgasme… Mais c’est trop tard, je me sens propulsée vers l’explosion. Je gémis, cherche la stimulation maximale. Là juste là. Un doigt dans mon sexe. L’autre sur mon clitoris, amplifie les sensations.
Le premier spasme m’arrache un cri. Je continue sur le même rythme, pendant que les palpitations de mon sexe déclenche des vagues de chaleur qui vont mourir à la pointe de mes orteils, à la racine de mes cheveux.
Le souffle toujours court j’ouvre les yeux. Tu n’es pas là, mais tu me murmures à l’oreille : “C’était si bon à écouter. Bonne nuit Maya…”
Je raccroche, roule sous la couette, place une main entre mes jambes. Je souris de me sentir encore si trempée. Demain matin…
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Jolie ode et description d’un plaisir hélas seule…
Tu réveilles des souvenirs.
Merci
Mais le plaisir solitaire se nourrit aussi des plaisirs à deux. Au moins en partie non?
Bien sur… j’ai écrit un truc là-dessus. je te donnerai le lien à l’occasion.
Ah oui, ça me dit bien de te lire!
ok…
http://chat-errant.over-blog.com/article-fin-d-apres-midi-70616149.html
Merci! Je le garde pour ma pause déjeuner
…. mais que je sache… tu n’étais pas seule!!!!
Ayant exploré parfois ce type de sexualité (la technologie permet même parfois d’y ajouter les images mais ce n’est pas obligatoire…), le souffle de l’autre, sa présence voire ses mots sont très présents.
Pour ma part, je ne parlerais même pas de masturbation dans ce cas là. C’est pour moi une étreinte.
laisser l’autre entendre le bruit de nos spasmes… quel beau cadeau. Certaines femmes qui ont traversé ma vie, je ne les ai jamais vues lais je Je les ai entendues jouir. Dans mes souvenirs, elles comptent une place tout aussi importantes que celles que j’ai tenues dans mes bras.
Question technique: as-tu utilisé le kit main libre? ou as-tu mis le haut parleur?
C’est vrai que même si l’autre n’est pas physiquement là, il est très présent.
et pour répondre à ta question technique pas de kit main libre non… :p
J’adore te lire
Merci! ça fait plaisir de lire ça