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Zappez le clito (parfois ça s’impose)

28 juin

Il y a quelques jours, une campagne féministe nous invitait à oser le clito. La belle affaire ! En me penchant un peu plus, c’est le cas de le dire,  sur le propos du message, j’ai  eu le vague sentiment d’avoir à faire à une vieille propagande destinée à libérer nos mères, ou nos grand-mères, pour les plus jeunes d’entre nous, datant des années 70, le tout gratifié d’un visuel qui me faisait plus penser à la boite de spécial K®  qu’à un sexe féminin…

Je ne m’attarderai pas sur le fait qu’il existe (malheureusement) encore dans le monde, des femmes qui subissent l’excision privées par la même de plaisir, et certainement aussi encore des hommes qui ignorent  que le clitoris n’est pas un insecte rampant de l’Asie du sud Est, mais merde, c’est quand même pas la majorité ! Pour ma part, je pense qu’il existe plus de mecs qui s’en occupent comme des sagouins, que d’individus qui ignorent la fonction plaisir de cette partie toute féminine de notre anatomie. Alors « Osez le clito si vous voulez, mais ne vous forcez pas surtout ».

Quitte à me mettre une tripotée de féministes à dos, le cunnilingus n’est pas OBLIGATOIRE. Évidemment, lorsqu’il est fait avec cœur et maestria, c’est la cerise sur le gâteau, mais il n’y rien de pire qu’un homme qui le fait pour « faire plaisir » et dont le laper est proche de celui d’un mangeur de soupe de nouilles, dont la langue vient s’insinuer lourdement dans chaque recoin de notre vulve et donne la vague impression de se faire nettoyer… ou de celui qui nous goute du bout des lèvres comme si notre chatte allait le mordre, ou de l’autre qui n’écoute pas le rythme que l’on suggère avec notre bassin, aspire le tout comme une sangsue et confond nos petits cris de douleur avec des gémissements de plaisir…

Bien sur on pourrait leur expliquer gentiment comment ça marche, mais quand on n’investit pas dans une relation à moyen ou long terme et que l’amant en question a plus de 30 ans, on manque de patience… l’altruisme féminin a ses limites.

Si le plaisir que peut procurer le fait de plonger votre langue au plus profond de notre intimité, de sentir notre clitoris gonfler entre vos lèvres, de sentir vibrer notre corps tout entier à chaque changement de rythme de vos doigts qui s’immiscent tandis que votre bouche stimule le divin petit bouton vous laisse de marbre, abstenez vous de grâce !  Il existe des amants aux doigts de fée qui font plus de merveilles qu’un brouteur médiocre.

Comme j’estime que tout acte sexuel ne peut être épanouissant que s’il est consenti, et même pleinement désiré de part et d’autre, je refuse ces diktats débiles qui culpabilisent une femme qui ne trouve pas de plaisir dans la fellation, ou stigmatisent un mec qui n’apprécie pas plus que ça de descendre à la cave. Le principal est de savoir donner du plaisir à l’autre d’une manière ou d’une autre et comme disait Alfred : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. »

J’aime à penser qu’on a tous une botte secrète, un domaine de prédilection sensuel dans lequel on excelle. Et si ce n’est pas le cas, il restera toujours les jeux vidéo pour les acharnés de la gâchette.

Je suis une fille à pédés (mais je ne me soigne pas)

5 mai

Il y a quelques mois, une petite conne bien intentionnée m’a balancé cette phrase sous couvert de l’humour :

"C’est normal que tu ne rencontres pas de mecs valables, tu ne fréquentes que des pédés. C’est ça la vraie raison de ton célibat longue durée !"

Sauf que…

Tous mes amis gays ne sont pas, comme l’autre pimbêche, des intégristes de premier ordre, qui ne fréquentent que leurs semblables. Et si je les aime c’est aussi parce qu’ils savent s’amuser avec des hétéros, des femmes et ne vivent pas leur homosexualité comme on entre en religion.

Avoir des amis gays, ce n’est pas un choix, c’est une évidence, comme avoir des amis noirs, pauvres ou cons. On ne les choisit pas pour avoir un quota représentatif d’une minorité opprimée ou non; les cons ne sont pas vraiment opprimés, ni une minorité, ça se saurait !

On n’a pas des amis gays non plus parce qu’ils passent leur temps à vous donner du « Ma chérie !!! » ou « Tu es la plus belle », c’est dans les films ça ! Pour la plupart, les miens m’engueulent quand je suis mal sapée, quand j’ai une sale gueule mais aussi quand je déconne et que j’ai besoin d’être recadrée.

Certes ils sont plutôt plus doués que la moyenne pour s’habiller et décorer leur intérieur, ils aiment rarement le foot et ne tirent pas la gueule quand on les emmène faire une séance de shopping ou voir une expo de Jackson Pollock, ils donnent même parfois des conseils très utiles en matière de plaisir masculin mais ça n’en fait pas pour autant automatiquement le meilleur ami idéal.

Parfois ils sont putes comme la pire de tes copines, adorent bitcher tout ce qui passe, jouer la grande scène du III pour un rien et peuvent te planter en plein milieu d’une soirée sans prévenir, parce qu’ils se sont choppé un petit brésilien aux fesses rebondies.

Finalement je réalise que ce qu’il y a de commun à la plupart des mes amis, c’est qu’ils sont cash, qu’ils ne me brossent pas toujours dans le sens du poil et qu’ils sont présents que je sois pimpante ou au 36ème dessous.

Alors oui, beaucoup de mes amis sont homosexuels, et je n’en tire aucune gloire, ni aucune honte d’ailleurs…  Je serais juste un peu gonflée de leur mettre la responsabilité de mon célibat sur le dos sous prétexte que je passe beaucoup de (bon) temps avec eux. Si je suis célibataire, c’est que ça fait un moment que je n’ai pas rencontré un type avec qui j’ai eu envie de partager autre chose que quelques instants ludiques et érotiques (ou l’inverse…)

D’ailleurs je devrais lui dire à cette petite gourde que son mari me chauffe à blanc depuis plus de deux ans et qu’elle ferait mieux de le surveiller que de s’inquiéter de mon fameux célibat longue durée

Qu’il est dur d’être un homme

23 avr

Être cultivé, gagner de l’argent, briller par sa gentillesse et sa bonne éducation, faire rougir les fesses des filles, être un professionnel reconnu et respecté, choper tout ce qui passe sans effort. J’ironise un peu, mais, c’est vrai qu’il est dur d’être un homme.

Cela m’est venu alors que je lisais ma timeline Twitter. Un ex (salut chouchou et salut les potes de chouchou) se vantait d’avoir le numéro de sa conquête de la veille sur un bout de papier avec écrit à côté "canal plus" sans le "c". ANAL PLUS  quoi, en toute finesse.

Et là je me suis dit, mon Dieu mais qu’il est dur d’être un homme.

Le choix stratégique en début de soirée pour verrouiller sa cible : ni super canon (sinon aucune chance), ni le dernier des tombereaux sinon ça va se savoir, pas trop maquée, un peu alcoolique. L’énergie (et la thune ?) à dépenser pour faire rêver cette jeune fille pendant plusieurs heures avant qu’elle accepte l’idée de se faire retourner dans la soirée. Créer un monde féerique où se mêlent tendresse, rires et assurance d’un orgasme dès la première nuit. Être un super coup et bander comme un âne quelque soit la quantité d’alcool ingurgitée. Investir à fond sur son plaisir à elle. Jouer au gentleman extraordinaire  ("tu veux de l’eau ?") jusqu’à ce qu’elle s’endorme fatiguée dans un sommeil de princesse. Dormir d’un œil et prier qu’on ronfle pas comme un goret dès le premier soir (parce que les mecs ne ronflent jamais le premier soir pour une raison qui m’échappe. C’est toujours au bout de quelques nuits, quand vous êtes un peu verrouillée sur la cible, qu’ils se mettent à ronfler). Au réveil, maintenir une érection solide le rêve et éventuellement aller bruncher aux Philosophes. L’embrasser pour se dire au revoir, ça fait plaisir et ça n’engage à rien.

Une fois la phase Prince Charmant achevée, l’homme ne se repose pas (alors que ca fait pas loin de 12 heures qu’il joue un rôle de composition). Non, il doit maintenant assurer sa comm auprès de ses potes. On enlève le costume de Prince Charmant et on enfile celui du tocard du mec viril.

Heureusement, plus question d’investir du temps et des dollars, un tweet lapidaire suffira. Choisir son heure : après midi pour bien faire comprendre que non seulement vous l’avez niquée hier soir, mais qu’en plus vous avez remis le couvert toute la matinée. Grosses couilles donc. Faire un effort de LOL. "ANAL PLUS" par exemple, c’est apparemment un trait d’humour fin entre hommes autour d’une bière. Je suis sure que le simple mot "anal" suffit d’ailleurs. L’homme se doit de passer sans effort du mec parfait (donc un peu trop gonzesse) au gros porc. Il n’est ni l’un, ni l’autre, tout va bien.

Enfin, après une demi-journée d’efforts (ce qui rapporté aux 48h de WE et à maximum 2 rapports sexuels complets, parait quand même bien long), l’homme pourra aller se reposer de toute sa schizophrénie, sans même savoir s’il veut vraiment rappeler la grosse d’hier soir, s’il a pensé et s’il se souvient de 20 % des conneries qu’il lui a racontée, si effectivement il lui aurait bien pris les fesses (ou peut-être même qu’il n’aime pas ça, comme beaucoup d’hommes, mais ça fait paradoxalement trop gay de l’avouer).

Et on s’étonne que le SAV laisse à désirer ?

Quelques mots à propos de lui…

8 avr

Allez c’est vendredi, c’est poésie… Je vais vous parler d’un homme qui compte beaucoup dans ma vie, un peu blessé, un peu rouillé mais qui gagne à être connu…

Monsieur Phi n’a jamais eu la faiblesse
D’un mensonge pour une paire de fesses
Quand d’autres sont tout faux, tout flamme,
Pour goûter au nectar d’une femme
Il joue de son phallus sans user de pipeaux
Et parvient à ses fins sans poème ni oripeaux

Monsieur Phi ne fait pas dans la dentelle
Il est le cauchemar des pures demoiselles
Sa lucidité blesse comme une paire de claques
Ou renverse les sens, tel un aphrodisiaque.
Et quand celle qu’il a besognée s’endort,
Blanche est la nuit qui nargue sa petite mort

Monsieur Phi ne craint pas son côté sombre,
Il se ressource dans les volutes et la pénombre
Enfoncé dans son fauteuil, sur le mur il toise
Ses démons qui dansent comme des ombres chinoises
Il se persuade que l’amour n’est que foutaises
Même s’il en sent toujours les dernières braises

Mais monsieur Phi aura beau s’en défendre,
Faire fi des bluettes, renier les mots tendres,
Son cynisme l’étouffe et sa noirceur l’accable.
Quand il fait tant d’efforts pour être insupportable
Surtout lorsque le spectre d’un sentiment le guette,
Mieux vaut nier son cœur mesdames, et flatter sa braguette.

Le double effet kiss cool

4 avr

Nous avons tous un point commun avec Rachida Dati. Si si ! Je sais c’est dur à avaler mais je viens de me faire une raison en regardant cette interview toute pourrie, moi aussi j’en ai un : Je ne suis pas cool !

J’irai même plus loin, je me targue de ne pas l’être. Parce que, soyons un peu précis, ça veut dire quoi exactement cool ? Si je m’en réfère à la définition du dictionnaire Larousse 2010, il s’agit d’un anglicisme signifiant détendu, à l’aise, décontracté. Peut-on maintenant m’expliquer quelle fierté peut-on tirer à posséder ce genre de caractéristiques. Quand je suis en vacances, quand je partage un diner avec mes amis, ou que je viens d’être l’objet d’un coït fabuleux, je me sens "détendue", mais y a-t-il raison de m’en féliciter… ?

Là tout de suite vous vous dites soit :

1/je suis née avant 1955

2/Je suis une abrutie finie

3/Je fais dans la provoc

Évidemment je sais que dans le langage courant, cool recouvre tout un tas d’autres aspects.

Quelqu’un qui a le petit truc en plus pour se faire aimer d’une grande majorité : cool

Quelqu’un qui est au fait de la dernière tendance, du dernier endroit où il faut être vu et qui a mis sa langue dans la bouche d’une star sortie tout droit de secret story mais passons : cool

Quelqu’un qui prend la vie uniquement du bon côté et zappe les gens et les choses qui ne vont pas dans son sens n’en valent pas la peine: cool

Quelqu’un qui déteste le conflit, brosse tout le monde dans le sens du poil, préfère vous dire oui plutôt que de vous voir faire la gueule : cool

Alors non, je ne suis pas cool, parce que je n’ai aucun problème à  m’engueuler avec quelqu’un si je ne suis pas d’accord avec lui et parce que si parfois j’élève la voix, je ne suis pas pour autant chieuse, intolérante ou hystérique… passionnée à la rigueur.

Je ne suis pas cool parce que c’est vrai que ça me tape sur le système quand on me met systématiquement vingt minutes de retard dans la vue à chaque rendez-vous, mon temps m’appartient et  personne n’est autorisé à en disposer à ma place.

Je ne suis pas cool parce que je préfère un diner avec deux trois amis plutôt que de me mélanger à une foule d’anonymes que j’étreins chaleureusement parce qu’elle fréquente le même endroit que moi et que je collectionne sur mon Facebook comme on ramasse les pièces jaunes dans un vide-poche.

Mais finalement c’est quoi ce mot fourre-tout qui remplace la richesse non négligeable de notre belle langue ? Juste un mot incontournable qui signifie à lui seul consensuel, novateur, insouciant et je-m’en-foutiste ?

Non, c’est une vaste fumisterie à l’usage de ceux qui n’appelle pas un chat, un chat.

Être cool, c’est aussi être l’égoïste pernicieux qui pour son petit plaisir perso va mettre sans vergogne notre bien-être au second plan. C’est la bonne copine qui va squatter nos draps avec son amant sans même les mettre dans la machine à laver après ses cochonneries ébats, le collègue qui passe le tiers de son temps à se tripoter la nouille à fumer des clopes pendant qu’on fait son taf, le mec qui oublie d’appeler parce qu’il s’est bourré la gueule avec des potes s’est endormi devant la télé… mais qui comptent sur leur sourire pour se faire pardonner, comme si c’était un dû. La liberté des uns s’arrête définitivement là où commence celle des autres !

C’est aussi à mon sens manquer d’aspérités, de failles ou simplement de caractère ou pire, ne pas les assumer plutôt que de risquer l’hostilité.

Être cool c’est finalement être faible, parce que ce sont justement ces petits bleus à l’âme et l’attitude qui en résulte qui font à mes yeux la valeur des gens qui comptent…

De là à dire que le seul fait de ne pas l’être, fait d’une personne quelqu’un de forcément fréquentable, excusez-moi Rachida, mais ça ne va pas être possible…

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