Mon coeur en salle d’attente

7 Sep

Simplement être une fille parmi tant d’autres. Naïve et amoureuse. Si si, ca arrive.

Je t’ai attendu. Longtemps. Trop longtemps. Très exactement bientôt 22 mois. Ça peut paraître peu, sur une vie, mais à mon âge, c’est déjà beaucoup. Trop donc.

Puisque depuis bientôt deux ans, j’attends. J’attends que tu prennes une décision, que tu aies le courage d’enfin choisir. Entre elle et moi, l’officielle et l’officieuse. Entre celle qui partage ton appartement, et celle à qui tu écris des déclarations enflammées qui n’aboutissent jamais à un changement de situation – l’autre. Malgré mes demandes plus ou moins directes, malgré ma présence. Les nuits, les séparations, les retrouvailles. Les larmes, les sacrifices, l’acceptation de tout, le soutien dans les moments durs. La naïveté et l’espoir. Sans qui je ne serai pas moi, mais une autre, qui peut être t’aurais quitté avant même l’attente.

Je suis celle qui attends, qui se fixe des ultimatums et des bonnes résolutions à chaque crise de larmes. Qui tente de te les fixer à ton tour, mais qui ne les tient pas elle-même. Parce que l’idée de ne plus t’avoir dans ma vie m’est insurmontable. Parce que ne pas avoir de tes nouvelles pendant plusieurs jours me soulage et m’angoisse à la fois. Parce que lorsque nos corps s’enlacent, j’aimerais que le temps ne soit plus. Parce que sans l’avoir jamais rencontrée, ton autre m’est abjecte. Elle ne te rend pas heureux, tu me l’affirmes, et je te crois. Je te crois aussi quand tu parles sérieusement de la quitter. Je crois tout ce qui me rapproche de toi, même le plus absurde.

J’attends donc. Mais parfois, je me demande ce que j’attends. Qu’un jour enfin tu me dises que tu l’as quittée, et que tu m’attends à ton tour ? Que tu finisses par m’avouer que c’est elle, et pas moi ? Au final, je ne sais pas. Je ne sais plus si j’attends vraiment, ou si j’aime la routine d’attendre, le sentiment d’espoir, les déceptions, les meurtrissures à répétition, et l’agonie de savoir qu’elle est avec toi.

Un peu comme un enfant avant Noël, les semaines précédentes remplies d’expectatives, et le jour J, la joie mais aussi un sentiment de vide. Parce qu’il n’a plus rien à espérer. Parce qu’il faut trouver un nouvel objet de ses désirs, et que l’être tant attendu n’est pas aussi satisfaisant qu’on le pensait. Parce que j’aurais tellement attendu, tellement souffert, que je t’en voudrais au fond de moi. De m’avoir fait attendre, quelle qu’en soit la finalité.

Je t’attendais, je t’attends, mais peut être qu’un jour, c’est toi qui m’attendra. Et peut être que je serais là… ou pas.

Dora.

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