Et si c’était à refaire?

15 Sep

« Connais-toi toi-même » nous dit Socrate ou je ne sais quel philosophe poussiéreux. Pas si simple.

Souvent, je me demande ce qui m’a poussé à faire ça.

Pourquoi?

Pourquoi ai-je fait du charme à ce garçon lambda, d’un intérêt plus-que-limité, pendant cette soirée trop bruyante, trop enfumée? Pourquoi ai-je cherché à le revoir? Pourquoi suis-je allée à cette séance de ciné en sachant très bien comment ça allait se finir? Pourquoi est-ce arrivé plus d’une fois? Et surtout POURQUOI, à aucun moment, je ne me suis sentie coupable en rentrant à la maison et en le voyant, lui, le vrai, le fidèle, l’attentionné, m’accueillir joyeusement alors que je ne pensais qu’à le fuir?

Je me disais sûrement, à ce moment-là, que notre histoire était finie. Que j’avais, comme à mon habitude, atteint un point de non-retour, une lassitude irrévocable. Que seule ma lâcheté me poussait à rester.

Et pourtant. Quand lui, le vrai, l’a appris, j’ai senti une panique inédite m’envahir. Cette fois, j’avais vraiment merdé. Finalement, je ne voulais pas le perdre. Finalement, j’aimais nos deux brosses à dent dans le même verre, les deux poissons dans leur bocal, sa présence à mes côtés chaque matin. Je m’étais mal comprise, mal déchiffrée. Je m’étais trompée.

Avec le temps, et beaucoup d’efforts de ma part, il a pardonné. Il a pardonné ma trahison. Depuis, il tâche d’oublier cet instant humiliant où, voulant m’organiser un anniversaire surprise et infiltrant pour l’occasion mon compte Facebook, il était tombé sur une conversation où j’évoquais avec légèreté ma pause déjeuner torride avec un autre. Il chasse de sa tête ces images horribles où il me voit à califourchon sur un autre. Il essaye de ne pas penser à ce qui se passera quand je serai seule pendant 6 mois à l’autre bout du monde.

Peut-on imaginer une preuve d’amour plus belle que ce pardon ? Depuis, mon quotidien n’est que preuve : preuve que je l’aime lui et pas un autre, preuve que ça n’arrivera plus, preuve que je n’étais pas moi-même à ce moment-là mais que maintenant je suis « guérie ».

Seulement quelques mois plus tard, tout semble oublié. Juste un mauvais rêve, un truc trop moche pour nous arriver à nous.

Mais, même aujourd’hui, je ne me connais toujours pas assez pour pouvoir répondre avec certitude à la question : « Et si c’était à refaire? ».

Et ça m’angoisse grave.

Anonyme

Une Réponse to “Et si c’était à refaire?”

  1. blitz 8 août 2011 à 00:24 #

    On a comme une envie de te haïr, mais un truc -que j’ignore- m’en empêche ! est ce ta franchise ? est ce ton « pseudo » remord ? le fait que j’ai fait pareil ?
    je n’en sais rien, en tout cas, le jour ou mes mots soulageront mes maux je reviendrai sur ce post. Peut être pour me haïr … peu importe je me sentirai beaucoup mieux …

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