Archive | octobre, 2010

Bonjour, j’habite en province

21 Oct

J’ai bien dit Province, pas banlieue. Rien à voir.

La banlieue, c’est accessible en RER, voire en Transilien, mais ça reste à proximité de Paris, et on peut tout à fait aller faire ses courses à Opéra ou diner à Montparnasse tout en rentrant dormir chez soi.

La province, lointaine qui plus est, signifie qu’il faut planifier toute venue à la « capitale », et se coltiner des heures de TER / TGV / Intercités pour l’atteindre. Dans mon cas, quatre heures de micheline. Parce qu’on fabrique le TGV dans la région, mais qu’il n’y vient pas encore. Ce serait trop beau.

Régulièrement, pourtant non parisienne mais banlieusarde d’origine, j’ai besoin de rentrer respirer le bitume et les effluves du métro. Sentir le stress permanent de la jungle parisienne, croiser les clochards de la gare de l’Est et de l’Etoile, écouter le raillement du violon sur la ligne 9, et être secouée par le RER A dont l’interconnexion « n’est pas assurée à Nanterre-Préfecture ».

Je reviens donc voir mes coupines, la famille, les magasins, et je me ressource, pour repartir affronter mon coin perdu, entre les pommes de terre de Haute-Saône et les vaches montbéliardes.

 

La province, c’est quoi ?

 

Pas que du mal. C’est vivre à 3 minutes en voiture de son boulot, habiter plein centre dans un 90m² au prix d’un studio dans le 18ème, immanquablement croiser ses collègues au restaurant, au cinéma, dans l’unique Leclerc, connaître les vendeuses de chaque magasin du centre ville, aller courir sans cracher ses poumons, aller dans des boîtes improbables pour les 25-50 ans et se faire draguer par des quinquas en veston et à moustaches soignées. C’est avoir la chance de voir la neige en exclusivité dès la fin Octobre / début Novembre. Rentabiliser ses pneus neige, ça n’a pas de prix.

Comparé à Paris, (qui me manque, ne nous méprenons pas) on prend le temps de vivre. Le temps de dire bonjour, de souffler, et on se fout royalement d’être à la dernière mode de Vogue ou de manger au Flunch de la rue principale. Sortir en polaire-jean-baskets, et passer inaperçu. Pas besoin de sortir les billets ou être VIP pour rentrer dans les boîtes ou les bars, être parisien est même un handicap qui peut même, si la faute est avouée au videur, obliger à faire deux fois plus de queue (histoire vraie).

Mais pas que du positif non plus. C’est croiser ses collègues TOUT LE TEMPS, donc ne pas avoir de vie privée. C’est avoir quatre bars et voilà, donc vite en avoir fait le tour, et avoir des collègues qui viennent au bureau en MoonBoots et quasi-survêtements. C’est être loin de ses amis, des magasins à la mode, des grands évènements culturels. C’est se faire siffler si on tente une robe un peu « mode », ou un look un peu habillé. La liste est longue, je vous épargnerai la suite, excepté les petites expressions locales qui écorchent mes oreilles : « Il fait cru, t’as meilleur temps de prendre ta voiture » ; « vous voulez un cornet pour vos achats ? » ; « n’attends pas sur moi, je serais tard »… et autres.

Sur ce constat de gap culturel entre la province et les grandes villes, je vous abandonne pour me battre avec le site de mon transporteur préféré (ndlr : ironie.) pour tenter de m’évader et revenir très prochainement à Paris.

(ndlr : je survis sinon, et au final cette expatriation en-France aura été une très bonne expérience, je ne suis pas malheureuse mais j’ai hâte de quitter cette ville pour de nouvelles aventures !)

CQFD – Parler sexe, c’est passer pour une femme limitée

20 Oct

J’ai été très impressionnée par le cran qu’il a fallu à notre anonyme pour s’ouvrir des choses qu’elle aimait ou qu’elle n’aimait pas sur le blog, couchant par écrit des fantasmes que je n’ose m’avouer à moi-même (comme bien d’autres si l’on en croit les commentaires).

Son propos général n’était pas de trouver un amant (c’est manifestement quelqu’un qui sait ce qu’elle veut, et quand une femme veut baiser, elle n’a pas besoin de faire un appel sur le web pour trouver des volontaires) mais de dire combien il était difficile d’avouer ses fantasmes et d’assumer sa vie sexuelle.

Moi je suis précisément très complexée par ce que je fais de ma vie privée par peur du regard des autres. On me sert souvent du « mais, nan, mais sois toi-même dis la vérité, tu verras, tu t’en fous des gens, et puis ils diront rien« . Bah mon cul tiens.

En un rien de temps sur Twitter et dans les commentaires des gens pensaient que l’auteure cherchait une bite, que nous ne pensions qu’au sexe, voir que nous ne faisions que ça et que nous n’avions pas d’autres passions dans la vie (d’autres nous ont accusées de faire du racolage, mais ça c’est vrai, hun)

Le coup de « ben vous faites que ça de votre vie, parler de cul » m’a proprement sidéré. Derrière le blog, y a des meufs totalement huge académiquement et professionnellement parlant, voir sportivement. Après parler de cul à la machine à café / avec le directeur de thèse / ou des gymnastes de 16 ans, c’est pas une option. On passe notre temps à donner le change, à surperformer pour s’excuser d’être des meufs jolies en plus, à pas rire aux éclats, à se faire broyer la main sans ciller, à détecter ce qu’il relève de l’intérêt sexuel et de l’intérêt professionnel dans l’œil de notre interlocuteur. C’est pas très marrant, alors oui le soir, moi j’ai plutôt envie de me soumettre une bonne fois pour toutes.

Et être soumise, ca permet aussi de se comporter comme la sacré salope qu’on aimerait être.

Mais si je suis honnête avec moi-même, je pense qu’il s’agit d’une phase, une phase d’apprentissage, une phase temporaire, et qu’un jour j’aimerais autre chose. Peut-être que ce jour là j’arriverai à dire combien de mecs j’ai connu, que je serais pleine de dollars et que personne ne remettra en cause ma légitimité à parler de sexe comme à parler d’autre chose 🙂 (mais si ça se trouve j’aimerais toujours qu’on m’attache hun)

Fin du debrief

Oh, j’ai oublié de me présenter…

17 Oct

Permettez-moi de rebondir sur l’article de Lara, celui qui parle de 5 choses que vous devriez maintenant savoir par coeur. Parce qu’on y voit bien la difficulté de mener une vie sexuelle quelle qu’elle soit sans subir le regard des autres, à 300% critique. Et puisqu’on parle de nombre d’amants, mon compte personnel choquerait probablement mes grands parents, ferait doucement sourire mes parents, et éveille quelques jalousies chez certaines de mes amies moins bien loties, encore que le seul critère du chiffre soit un bien mauvais étalon de la qualité. Alors que Lara s’est fixée sur un nombre totem qui ne fait ni trop peur, ni trop sage (9, pour les fainéants qui n’auraient pas encore lu l’article), j’ai pris le parti jusqu’à présent de ne jamais mentir à ce sujet. Parce que j’ai appris que je faisais ce que je veux de mon corps, parce que j’ai toujours eu du respect pour ceux dont j’ai partagé le lit ou la vie et parce que je n’ai pas à rougir de les avoir connus. Je n’ai pas non plus ménagé ceux qui m’ont naïvement demandé non combien d’hommes j’avais connu mais combien de fois j’avais fait des galipettes : bien trop pour me souvenir du dixième.

Déjà, le nombre pose problème, mais quand on rentre dans le détail des pratiques, même pas la peine d’espérer passer entre les gouttes: si on sort des sentiers battus, il y aura forcément quelqu’un pour crier au scandale. A croire que la majorité des gens ne connaissent que le missionnaire bâclé, et que l’Homme a le monopole de l’orgasme. Et si c’est effectivement le cas, ça me donne envie de pleurer devant tant de gâchis. Je ne me sens pas particulièrement « déviante », et pourtant j’ai souvent passé sous silence certains de mes petits plaisirs au lit ou ailleurs, après avoir entendu un cassant « ah mais ça, je ne comprends pas qu’on puisse aimer, c’est dégueu!!». Moi non plus je ne comprends pas, je le ressens, débile!

Alors je vais profiter de mon anonymat tout relatif pour enfin dire tout haut ce qui m’attire, ce qui me repousse, et ces fantasmes que je compte bien réaliser.

J’aime les hommes, mais je n’aime que moyennement les poils. J’aime garder la lumière allumée, que ça fasse du bruit, que ce soit juste assez brutal pour le ressentir encore le lendemain. J’aime aussi que l’on me rende folle à force de lenteur. Ou que ce soit soudain et vif. Je me sens gauche et ridicule en amazone, mais experte et audacieuse en levrette. Je refuse systématiquement tout préliminaire à mon égard, hormis baisers, morsures et caresses. Je regarde souvent du porno, et m’en inspire parfois. Je raffole des contacts, et même celui de ma propre peau lorsque je croise mes jambes m’excite. Je trouve que les paroles n’ont pas vraiment leur place au milieu du sexe. J’ai testé et aimé la sodomie, et bloque maintenant sur le côté sale. Je me masturbe presque quotidiennement. J’adore qu’on me lèche les pieds et qu’on m’attache les poignets, mais déteste les massages et chatouilles mal faits (si un dieu des massages lit cet article… qu’il se fasse connaitre, surtout s’il a entre 25 et 35 ans). Dominer m’effraie, me soumettre m’excite. J’aime embrasser les filles, mais pas coucher avec. Je ne conçois pas de première rencontre sexuelle sans une dimension de performance : nombre, lieux ou positions improbables. Je n’ai jamais joui sans invoquer le même fantasme de plusieurs hommes pour moi. Je suis incapable de dire de vive voix des mots du sexe de moi-même, et adore qu’on m’y force. Je n’ai jamais utilisé de sex-toy mais ne compte pas mourir idiote. Si le pénis me fascine, je déplore ne m’être pas encore assez intéressée à ses petites sœurs. Je rêve de le faire sur un toit (et j’ai bien failli le faire), et sur la table de la cuisine.

Et pour finir, je n’aime rien tant que rencontrer quelqu’un pour me faire changer d’avis.

Voilà, je suis bourrée de complexes et petites hontes que j’oublie souvent de mettre de côté et qui parfois me brident, mais en règle générale je n’ai pas froid aux yeux. Assurément, beaucoup m’ont intérieurement traitée de salope, mais je continue à penser qu’il n’y a rien de honteux dans le plaisir.

Montre moi ton mec, je te dirai qui tu es

16 Oct

Bien sur qu’on juge nos congénères aux mecs qu’elles s’appuient.

(Surtout quand, comme moi, on est célibataire les 3/4 du temps, ça nous permet un peu de justifier notre condition socialement suspecte.)

Voici 4 profils de filles qu’il FAUT avoir dans son répertoire.

  • La nana qui se tape un roux

La nana qui s’envoie du roux, elle est anticonventionelle, un peu fofolle, libre penseuse. C’est le genre de nana qui choisit jamais le truc mainstream : Quick plutôt que McDo, cheerleading plutôt que gym suédoise, trompette plutôt que violon, espagnol 1ère langue plutôt qu’anglais… C’est la nana qu’on rêve toutes d’être, en fait.

  • La nana qui se tape un con

Elle justifie le truc comme elle veut « non mais Olivier, il a eu des difficultés, mais tu vois il a entamé une formation... ». Alors que bon, elle sait qu’elle se fait un demeuré, nous aussi, si ça se trouve même Olivier sait qu’intellectuellement, il up-date. Ou elle n’a pas confiance en elle et soumettre socialement son mec l’aide à se sentir bien, ou elle est terriblement pragmatique et elle préfère dominer son mec pour dominer sa vie. La meuf qui se tape un con présente néanmoins un avantage social : ses relations affectives sont d’une stabilité singulière. Quand on va mal, on la regarde et on se dit que c’est possible d’être heureuse avec un (seul) homme. Quand on va bien, on la regarde et on se dit qu’on est vraiment mieux seule avec nos hommes.

  • La nana qui se tape un mec qu’on voit jamais

Ou elle planque une absence de mec, ou elle planque un roux une meuf, ou elle planque votre papa quelqu’un que vous connaissez, ou alors TOUT SIMPLEMENT, elle segmente ses relations sociales à mort. Avec vous, c’est une ado attardée qui récite l’alphabet en rotant, avec lui, c’est la meuf qui connait tout le personnel de chez Castel. Elle sait que cet équilibre n’est pas viable, mais quand on est à ce point dans l’incohérence, l’instabilité est un art de vivre, et c’est surement pour ça que vous l’aimez.

  • La meuf qui se tape un mec maqué (pour la 40ème fois)

Sauf malédiction surnaturelle comme dans le cas de Dora qui n’est bien entendu qu’une victime d’un sort maléfique, la meuf qui ne fait que dans le mec maqué n’y va pas par hasard. Assurée d’avoir un peu de suspens, d’adrénaline, de drama à un risque d’engagement quasi-nul, elle a développé au fur et à mesure des années un radar à mecs maqués dont la précision n’a d’égal que sa mauvaise foi qu’en scandalisée elle vous lance que « C’est ENCORE un mec maqué, y a un truc d’écrit sur mon front-ou-quoi ?« . La meuf à mecs maqués est certes pénible quand, alors que ça se termine, elle fait semblant d’y avoir cru, mais elle permet tout de même à son cercles d’amiEs de trasher en réunion l’ensemble des hommes de manière parfaitement désinhibée et injuste, et par ce biais, elle contribue à resserrer les liens amicaux entre filles.

Je conclurai sur la meuf éternellement célibataire (sauf que contrairement à Diana ou moi, c’est pas un choix de vie), qui recherche en toute simplicité un mec beau comme Mark Salling avec l’intelligence (et la thune) de Bill Gates, le sens de l’humour de Megaconnard (quelle suce-boules je fais) et le charisme de Richard Berry et qui nous ennuie profondément par son manque d’originalité. Chères amies, tapez-vous des abrutis, des mecs mariés, ce que vous voulez, mais je vous en supplie, ne jouez pas les princesses frustrées.

Girls Talk

15 Oct

« That girl’s just gonna go spread the word » – TLC

Ce n’est une surprise pour personne, encore moins la gente masculine, puisque telle est notre réputation, d’apprendre que les filles naissent avec une option non-négociable qui consiste en partager toute information valable avec leurs égales.

Que cela soit la dernière tendance lue dans Vogue, le dernier ragot de l’open-space ou une nouvelle plus personnelle, elle sera immédiatement communiquée au cercle des copines proches. La robe de pute mauvais goût de Martine, le sms de Julien ou les macarons mangés le midi. Le planning de la soirée, la performance de l’amant de la veille, et la réduction chez Etam. La perspective de re-re-re-chopper Marc, la couleur du vernis de Claire, et les rumeurs sur les acteurs de Gossip Girl.

Vous l’aurez compris, tout est dit. A la seconde où le sms est reçu, où la pouf du bureau passe devant notre poste, où les calories sont avalées, les BFFs sont aware.

Pourquoi ce besoin vital de partager ? non pas pour diffuser la rumeur, ou changer le monde. Uniquement dans le but d’avoir un retour, un avis, un conseil. Parce que nous évoluons dans une jungle. Celle dans laquelle ce genre d’information peut changer la donne. Savoir que Michel est un bon coup, ou que l’orange n’est plus la couleur de l’automne, ça vous change une vie une façon d’envisager la suite. Parce que nous sommes capables d’anticiper, et de réagir. De conseiller les copines, quand elles ont des questions existentielles. De leur éviter de reproduire nos erreurs, ou de se faire guider à son tour quand le prochain pas devient flou.

Bien entendu, savoir ne signifie pas avouer ou encore admettre. Si vous chinez Sophie, et qu’elle s’empresse de mettre ses deux BFFs au courant, celles-ci feindront l’ignorance ou l’indifférence lorsque vous leur parlerez ensuite. Parce que le partage est un moyen d’anticiper, comme dit ci-dessus, mais qu’il ne doit pas être découvert. Il permettra à Marie, BFF de Sophie, de ne pas fondre devant votre sms, puisqu’elle saura que vous courrez plusieurs lièvres. Et donc de refuser poliment, tout en lui donnant un nouveau sujet de conversation à développer avec Sophie et vous pourrir autour d’une bouteille de Chardonnay.

Sur ce, à bon entendeur, je m’en vais tout répéter discuter avec mes co-bloggeuses, parce que grâce à la nouvelle technologie, nous ne sommes jamais à plus d’un twitt ou d’un mail.