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Mieux vaut queutard, que jamais…

28 Fév

L’autre soir, on se faisait une petite dinette entre filles comme j’aime, et l’une d’entre nous évoque son dernier crush en date en concluant : « Mouais, si ça se trouve c’est encore un gros queutard »

Sauf que moi, j’ai une tendresse toute particulière pour les queutards… Je les trouve plutôt sympathiques même.

Je ne parle pas de ceux qui ramassent de la meuf pour faire du chiffre, eux ce sont des comptables, je parle de ceux qui aiment vraiment ça, sans complexe et sans la vague idée derrière le crâne de nous embrouiller pour parvenir à leurs fins. Les hommes qui aiment la chair, les amoureux des femmes, qui sont bien incapables d’en choisir une seule mais se font un principe de contenter toutes celles qui passent entre leurs bras. C’est vrai, c’est un peu prétentieux de leur part, mais par les temps qui courent, tomber sur un véritable épicurien du sexe n’a pas de prix, même si on sait qu’on ne le gardera pas pour soi toute seule.

D’ailleurs on ne leur demande rien de tel, juste de remplir les promesses qu’ils avancent… un peu d’émotion forte, de frissons sensuels et une bonne dose d’imagination, ce dont ils ne sont pas avares. Ce ne sont pas toujours des têtes mais le peu de temps qu’on passe avec eux, on ne s’ennuie jamais car à force de côtoyer la gent féminine, et accessoirement de l’apprécier, ils ont plus d’un tour dans leur sac pour la faire grimper aux rideaux.

Alors évidemment on peut leur reprocher leur manque d’engagement, s’énerver qu’ils ne prennent rien au sérieux, mais pourquoi faire ?

Ils ont au moins le courage d’assumer ce qu’ils ne sont pas, des hommes fidèles, est-ce qu’on reproche à un morceau de chocolat de ne pas avoir la même valeur nutritionnelle qu’un morceau de poulet ?

Non !

En plus, un bon queutard devrait être remboursé par la sécurité sociale parce qu’il n’y a rien de plus efficace pour la self-esteem d’une femme qui douterait un peu de son sex-appeal. Entre ses mains, on se sent désirable, chiennasse sexy en diable et mise en confiance, avec lui on s’autorise la brouette chinoise des inédits à côté desquels on serait passée avec n’importe quel amant lambda. Par ailleurs, il répond toujours présent dans le périodes de misère sexuelle et si on a besoin d’un complice pour se remettre en selle, ce qui est loin d’être négligeable.

Il ne nous emmerde jamais avec ses théories de docteur ès Q, il ne parle pas, il fait. Et si nos relations intellectuelles avec lui peuvent manquer cruellement de densité, ça nous donne une bonne raison pour ne partager avec lui que l’exceptionnel.

Alors c’est vrai que le mot « queutard » n’est pas très élégant et ne rend pas vraiment justice à cet altruiste des temps modernes (!). Je lui préfère d’ailleurs le mot « jouisseur », mais bon,  je ne vais pas pinailler après avoir rendu au queutard ses lettres de noblesse tout de même !