Archive | avril, 2011

Qu’il est dur d’être un homme

23 Avr

Être cultivé, gagner de l’argent, briller par sa gentillesse et sa bonne éducation, faire rougir les fesses des filles, être un professionnel reconnu et respecté, choper tout ce qui passe sans effort. J’ironise un peu, mais, c’est vrai qu’il est dur d’être un homme.

Cela m’est venu alors que je lisais ma timeline Twitter. Un ex (salut chouchou et salut les potes de chouchou) se vantait d’avoir le numéro de sa conquête de la veille sur un bout de papier avec écrit à côté « canal plus » sans le « c ». ANAL PLUS  quoi, en toute finesse.

Et là je me suis dit, mon Dieu mais qu’il est dur d’être un homme.

Le choix stratégique en début de soirée pour verrouiller sa cible : ni super canon (sinon aucune chance), ni le dernier des tombereaux sinon ça va se savoir, pas trop maquée, un peu alcoolique. L’énergie (et la thune ?) à dépenser pour faire rêver cette jeune fille pendant plusieurs heures avant qu’elle accepte l’idée de se faire retourner dans la soirée. Créer un monde féerique où se mêlent tendresse, rires et assurance d’un orgasme dès la première nuit. Être un super coup et bander comme un âne quelque soit la quantité d’alcool ingurgitée. Investir à fond sur son plaisir à elle. Jouer au gentleman extraordinaire  (« tu veux de l’eau ? ») jusqu’à ce qu’elle s’endorme fatiguée dans un sommeil de princesse. Dormir d’un œil et prier qu’on ronfle pas comme un goret dès le premier soir (parce que les mecs ne ronflent jamais le premier soir pour une raison qui m’échappe. C’est toujours au bout de quelques nuits, quand vous êtes un peu verrouillée sur la cible, qu’ils se mettent à ronfler). Au réveil, maintenir une érection solide le rêve et éventuellement aller bruncher aux Philosophes. L’embrasser pour se dire au revoir, ça fait plaisir et ça n’engage à rien.

Une fois la phase Prince Charmant achevée, l’homme ne se repose pas (alors que ca fait pas loin de 12 heures qu’il joue un rôle de composition). Non, il doit maintenant assurer sa comm auprès de ses potes. On enlève le costume de Prince Charmant et on enfile celui du tocard du mec viril.

Heureusement, plus question d’investir du temps et des dollars, un tweet lapidaire suffira. Choisir son heure : après midi pour bien faire comprendre que non seulement vous l’avez niquée hier soir, mais qu’en plus vous avez remis le couvert toute la matinée. Grosses couilles donc. Faire un effort de LOL. « ANAL PLUS » par exemple, c’est apparemment un trait d’humour fin entre hommes autour d’une bière. Je suis sure que le simple mot « anal » suffit d’ailleurs. L’homme se doit de passer sans effort du mec parfait (donc un peu trop gonzesse) au gros porc. Il n’est ni l’un, ni l’autre, tout va bien.

Enfin, après une demi-journée d’efforts (ce qui rapporté aux 48h de WE et à maximum 2 rapports sexuels complets, parait quand même bien long), l’homme pourra aller se reposer de toute sa schizophrénie, sans même savoir s’il veut vraiment rappeler la grosse d’hier soir, s’il a pensé et s’il se souvient de 20 % des conneries qu’il lui a racontée, si effectivement il lui aurait bien pris les fesses (ou peut-être même qu’il n’aime pas ça, comme beaucoup d’hommes, mais ça fait paradoxalement trop gay de l’avouer).

Et on s’étonne que le SAV laisse à désirer ?

Comment on arrive ici ? (requête google)

11 Avr

Les questions métaphysiques

Est ce qu’on peut se masturber le clitoris avec une brosse à dents électrique ?

Est ce bien quand on se masturbe de se frotter la bite contre l’oreiller ?

J’ai 16 ans et les bites m’effraient, est-ce normal?

Les femmes « libérées »…

Depuis que j’ ai un amant je me sens plus désirable, même mon couple s’ en porte mieux

Ce serai injuste que mes copines ne profitent pas de la bite de cheval que tu as

Les couilles de mon ex n’étaient qu’un leurre

Les professionnels du texto

Je ne c est pas taper mon code mail poure voire fille qui aval sperm

Sèxe san imail elle se fai atraper san adraise

Les inclassables…

Arracheur automatique de poil de cul

La seule chaleur humaine que tu sentiras avec moi ce sera celle de mon poing sur ta gueule

Vie sentimentale des hommes ayant des jambes inégales et de très petite taille

Quelques mots à propos de lui…

8 Avr

Allez c’est vendredi, c’est poésie… Je vais vous parler d’un homme qui compte beaucoup dans ma vie, un peu blessé, un peu rouillé mais qui gagne à être connu…

Monsieur Phi n’a jamais eu la faiblesse
D’un mensonge pour une paire de fesses
Quand d’autres sont tout faux, tout flamme,
Pour goûter au nectar d’une femme
Il joue de son phallus sans user de pipeaux
Et parvient à ses fins sans poème ni oripeaux

Monsieur Phi ne fait pas dans la dentelle
Il est le cauchemar des pures demoiselles
Sa lucidité blesse comme une paire de claques
Ou renverse les sens, tel un aphrodisiaque.
Et quand celle qu’il a besognée s’endort,
Blanche est la nuit qui nargue sa petite mort

Monsieur Phi ne craint pas son côté sombre,
Il se ressource dans les volutes et la pénombre
Enfoncé dans son fauteuil, sur le mur il toise
Ses démons qui dansent comme des ombres chinoises
Il se persuade que l’amour n’est que foutaises
Même s’il en sent toujours les dernières braises

Mais monsieur Phi aura beau s’en défendre,
Faire fi des bluettes, renier les mots tendres,
Son cynisme l’étouffe et sa noirceur l’accable.
Quand il fait tant d’efforts pour être insupportable
Surtout lorsque le spectre d’un sentiment le guette,
Mieux vaut nier son cœur mesdames, et flatter sa braguette.

Le double effet kiss cool

4 Avr

Nous avons tous un point commun avec Rachida Dati. Si si ! Je sais c’est dur à avaler mais je viens de me faire une raison en regardant cette interview toute pourrie, moi aussi j’en ai un : Je ne suis pas cool !

J’irai même plus loin, je me targue de ne pas l’être. Parce que, soyons un peu précis, ça veut dire quoi exactement cool ? Si je m’en réfère à la définition du dictionnaire Larousse 2010, il s’agit d’un anglicisme signifiant détendu, à l’aise, décontracté. Peut-on maintenant m’expliquer quelle fierté peut-on tirer à posséder ce genre de caractéristiques. Quand je suis en vacances, quand je partage un diner avec mes amis, ou que je viens d’être l’objet d’un coït fabuleux, je me sens « détendue », mais y a-t-il raison de m’en féliciter… ?

Là tout de suite vous vous dites soit :

1/je suis née avant 1955

2/Je suis une abrutie finie

3/Je fais dans la provoc

Évidemment je sais que dans le langage courant, cool recouvre tout un tas d’autres aspects.

Quelqu’un qui a le petit truc en plus pour se faire aimer d’une grande majorité : cool

Quelqu’un qui est au fait de la dernière tendance, du dernier endroit où il faut être vu et qui a mis sa langue dans la bouche d’une star sortie tout droit de secret story mais passons : cool

Quelqu’un qui prend la vie uniquement du bon côté et zappe les gens et les choses qui ne vont pas dans son sens n’en valent pas la peine: cool

Quelqu’un qui déteste le conflit, brosse tout le monde dans le sens du poil, préfère vous dire oui plutôt que de vous voir faire la gueule : cool

Alors non, je ne suis pas cool, parce que je n’ai aucun problème à  m’engueuler avec quelqu’un si je ne suis pas d’accord avec lui et parce que si parfois j’élève la voix, je ne suis pas pour autant chieuse, intolérante ou hystérique… passionnée à la rigueur.

Je ne suis pas cool parce que c’est vrai que ça me tape sur le système quand on me met systématiquement vingt minutes de retard dans la vue à chaque rendez-vous, mon temps m’appartient et  personne n’est autorisé à en disposer à ma place.

Je ne suis pas cool parce que je préfère un diner avec deux trois amis plutôt que de me mélanger à une foule d’anonymes que j’étreins chaleureusement parce qu’elle fréquente le même endroit que moi et que je collectionne sur mon Facebook comme on ramasse les pièces jaunes dans un vide-poche.

Mais finalement c’est quoi ce mot fourre-tout qui remplace la richesse non négligeable de notre belle langue ? Juste un mot incontournable qui signifie à lui seul consensuel, novateur, insouciant et je-m’en-foutiste ?

Non, c’est une vaste fumisterie à l’usage de ceux qui n’appelle pas un chat, un chat.

Être cool, c’est aussi être l’égoïste pernicieux qui pour son petit plaisir perso va mettre sans vergogne notre bien-être au second plan. C’est la bonne copine qui va squatter nos draps avec son amant sans même les mettre dans la machine à laver après ses cochonneries ébats, le collègue qui passe le tiers de son temps à se tripoter la nouille à fumer des clopes pendant qu’on fait son taf, le mec qui oublie d’appeler parce qu’il s’est bourré la gueule avec des potes s’est endormi devant la télé… mais qui comptent sur leur sourire pour se faire pardonner, comme si c’était un dû. La liberté des uns s’arrête définitivement là où commence celle des autres !

C’est aussi à mon sens manquer d’aspérités, de failles ou simplement de caractère ou pire, ne pas les assumer plutôt que de risquer l’hostilité.

Être cool c’est finalement être faible, parce que ce sont justement ces petits bleus à l’âme et l’attitude qui en résulte qui font à mes yeux la valeur des gens qui comptent…

De là à dire que le seul fait de ne pas l’être, fait d’une personne quelqu’un de forcément fréquentable, excusez-moi Rachida, mais ça ne va pas être possible…

Parfois quand je suce, je pense aussi

1 Avr

Heureusement pas trop souvent

C’est le printemps et Maya nous a brillamment montré la voie du bonheur dans son dernier post : apprendre à aimer les choses dont on doutait et qui finissent par être nos trucs préférés (je ne me prononce pas pour Maya). Les adopter est un peu moins facile, mais quel pied au final !

Quand j’y pense, j’ai aimé le sexe tout de suite, instantanément. Ce fut la  révélation, l’horizon de ma vie s’est élargi d’un coup (bon…), la vie  en général était devenue beaucoup plus intéressante depuis qu’elle  incluait orgasmes, cris, coïts insolites et tout le toutim. Mais j’ai mis beaucoup plus de temps à vraiment aimer les bites. J’imagine que ça  doit aussi valoir pour les hommes. Comment en vient-on à vraiment aimer une chatte ? Pas le sexe avec une chatte, mais la chatte elle même. Est-ce qu’il y a des gens qui aiment à fond depuis le début ? Et peut-être que certains n’y parviennent jamais en fait. C’est un peu comme pour le vin peut être. Est-ce qu’on aime vraiment le sexe quand on n’aime pas vraiment les bites ? Bref, beaucoup de questions métaphysiques.

A dire vrai, des bites, j’en ai vu quelques unes depuis un certain âge. Des grosses, des petites, des jolies, des moins jolies. Des bites au garde à vous et des bites raplaplas. Des bites avec juste une petite larme à l’oeil et des bien baveuses. Bon. Soit. Jusqu’à présent les bites étaient pour moi des excroissances intéressantes et agréables de l’anatomie masculine, mais j’étais plus bluffée par le détail d’une épaule ou d’une hanche, ou encore le galbe d’une fesse, et surtout en fin de compte par la manière dont le coco s’en servait. J’envisageais les bites comme de très sympathiques bouts du tuyau, extrêmement bien conçus et performants, procurant toutes sortes de sensations infiniment agréables à ma petite personne dans plus ou moins tous les sens, mais sans révélation particulière quant à leur apparence même. Je n’y prêtais pas vraiment plus d’attention que celle de trouver les recoins/zones à lécher/sucer/tripoter qui font le plus grimper mon amant aux rideaux.

Et puis, au hasard du petit matin d’une nuit trop arrosée, j’ai rencontré UNE bite. Je n’ose pas dire LA bite, si peu de choses sont éternelles en ce bas monde, mais au moins LA bite du moment. Elle était là, dressée, rose, joyeuse, pleine d’entrain, d’admirables proportions, dotée d’un gland substantiel. Une petite merveille. Soudain, je me suis rendue compte qu’une bite, ça pouvait être très très beau, émouvant, amusant, et complètement dénué du pathétique du machin qui pend entre les jambes. Quand cette adorable bite émerge de sa torpeur et qu’il bande, c’est un peu comme de la magie, ou peut-être de l’hypnose. J’arrête de penser, je regarde cette vie bouillonner au bout de ce vit (ok…) et la seule chose qui existe encore c’est l’instant d’après, ce qui va se passer, comment ça va se passer, et à quel point ça va être bon. Il n’y a plus que de très belles promesses, et la délicieuse prémonition qu’elles seront tenues.

Du coup parfois je repense aux autres bites de ma vie, et maintenant elles m’émeuvent. J’ai été convertie. A la réflexion, qu’importe la bite, voir bander les mecs qui me plaisent vraiment, ça me transporte comme pas grand chose d’autre, sinon ce qu’annonce cette érection. (Sinon, NDLR, c’est immonde, hein, messieurs ne commencez pas à ouvrir vos braguettes pour un oui ou pour un non sous prétexte qu’il y a une nana sur un blog qui a dit qu’elle aimait voir bander les mecs. J’ai eu affaire à un ou deux exhibitionnistes, je faisais moins la maline et j’avais envie de vomir).
Y a pas à dire, la vue du belle bite qui bande en rentrant du boulot, ça  détend autant qu’un week end à la campagne, en bien moins chiant 🙂

Lily