Archive | mai, 2011

Trouve mon point G dans les régions limbiques de mon cerveau

24 Mai

Dans les fantasmes de Marla, il y a des hommes qui ne disent rien et se contentent de la prendre sauvagement dans les chiottes d’un aéroport ou sur une couche de fortune. Ils ferment leur gueule se taisent et c’est tant mieux parce que dans ces rêveries-là, même s’ils ont des mains de pianiste, un cul de danseur de salsa et une bouche qui roule les pelles les plus indécentes du monde, il n’y a pas vraiment de place pour la parole.

Mais s’il y a un truc qui me rend folle, ce sont les hommes qui savent écrire, suggérer, et glisser dans certaines phrases qu’ils distillent avec subtilité des doubles sens à teneur érotique ou carrément porno. Je parlais il y a quelque temps des queutards dont le langage du corps, à la fois élaboré et direct me ravit. Je vais parler de ceux qui, parce qu’ils ne peuvent pas, se l’interdisent ou tout simplement aiment faire monter le désir jusqu’à son paroxysme, allument, attisent et liquéfient les sens.

Pour apprécier le jeu, il faut en poser les règles. J’ai lu et entendu tant d’histoires de femmes (et d’hommes) épuisées d’attendre une secousse bien réelle qu’elles n’obtenaient jamais que je me dois de prévenir que cette activité n’est réjouissante que si on connaît les aspirations de son interlocuteur et qu’on n’espère jamais lui extirper ce qu’au fond, par principe, ou par défi, il ne veut pas donner. Le mieux d’ailleurs est d’être dans la même tournure d’esprit.

Je parle ici de l’échange érotique littéraire pour la beauté du geste, pour titiller l’endroit même où les fantasmes les plus inavouables se cachent. Touts les coups sont permis puisqu’ils prennent la forme d’un jeu de rôle dans lequel on se met en scène, de cadavres exquis ou de joutes verbales où la provocation alterne avec le badinage pur et simple.

Les fins de cet exercice sont obscures et personnelles à chacun. Pour ma part, il réactive et enrichit le contenu de ma machine à fantasmes, surtout quand après l’hiver je me suis contentée de quelques rapports hygiéniques pour entretenir ma forme. Pour peu qu’on ait un peu d’imagination, ce qui se devine entre les lignes évoquent presque d’avantage d’interdits que ce qui nous sera donné d’écrire. Le plaisir que ce jeu me procure quand le partenaire est à la hauteur de l’exercice est de l’ordre de l’orgasme cérébral, frustrant par moment mais de toutes façons moins que si on passait à l’acte avec la personne avec laquelle on s’y est adonné.

On peut trouver ça tordu, masochiste même, mais quand on le fait en connaissance de cause, c’est férocement excitant.

L’aventure doit cependant être de courte durée au risque de préférer définitivement l’adrénaline du stupre virtuel, aux endorphines d’un orgasme bien réel…

Je suis une fille à pédés (mais je ne me soigne pas)

5 Mai

Il y a quelques mois, une petite conne bien intentionnée m’a balancé cette phrase sous couvert de l’humour :

« C’est normal que tu ne rencontres pas de mecs valables, tu ne fréquentes que des pédés. C’est ça la vraie raison de ton célibat longue durée ! »

Sauf que…

Tous mes amis gays ne sont pas, comme l’autre pimbêche, des intégristes de premier ordre, qui ne fréquentent que leurs semblables. Et si je les aime c’est aussi parce qu’ils savent s’amuser avec des hétéros, des femmes et ne vivent pas leur homosexualité comme on entre en religion.

Avoir des amis gays, ce n’est pas un choix, c’est une évidence, comme avoir des amis noirs, pauvres ou cons. On ne les choisit pas pour avoir un quota représentatif d’une minorité opprimée ou non; les cons ne sont pas vraiment opprimés, ni une minorité, ça se saurait !

On n’a pas des amis gays non plus parce qu’ils passent leur temps à vous donner du « Ma chérie !!! » ou « Tu es la plus belle », c’est dans les films ça ! Pour la plupart, les miens m’engueulent quand je suis mal sapée, quand j’ai une sale gueule mais aussi quand je déconne et que j’ai besoin d’être recadrée.

Certes ils sont plutôt plus doués que la moyenne pour s’habiller et décorer leur intérieur, ils aiment rarement le foot et ne tirent pas la gueule quand on les emmène faire une séance de shopping ou voir une expo de Jackson Pollock, ils donnent même parfois des conseils très utiles en matière de plaisir masculin mais ça n’en fait pas pour autant automatiquement le meilleur ami idéal.

Parfois ils sont putes comme la pire de tes copines, adorent bitcher tout ce qui passe, jouer la grande scène du III pour un rien et peuvent te planter en plein milieu d’une soirée sans prévenir, parce qu’ils se sont choppé un petit brésilien aux fesses rebondies.

Finalement je réalise que ce qu’il y a de commun à la plupart des mes amis, c’est qu’ils sont cash, qu’ils ne me brossent pas toujours dans le sens du poil et qu’ils sont présents que je sois pimpante ou au 36ème dessous.

Alors oui, beaucoup de mes amis sont homosexuels, et je n’en tire aucune gloire, ni aucune honte d’ailleurs…  Je serais juste un peu gonflée de leur mettre la responsabilité de mon célibat sur le dos sous prétexte que je passe beaucoup de (bon) temps avec eux. Si je suis célibataire, c’est que ça fait un moment que je n’ai pas rencontré un type avec qui j’ai eu envie de partager autre chose que quelques instants ludiques et érotiques (ou l’inverse…)

D’ailleurs je devrais lui dire à cette petite gourde que son mari me chauffe à blanc depuis plus de deux ans et qu’elle ferait mieux de le surveiller que de s’inquiéter de mon fameux célibat longue durée