Archive | juin, 2011

Zappez le clito (parfois ça s’impose)

28 Juin

Il y a quelques jours, une campagne féministe nous invitait à oser le clito. La belle affaire ! En me penchant un peu plus, c’est le cas de le dire,  sur le propos du message, j’ai  eu le vague sentiment d’avoir à faire à une vieille propagande destinée à libérer nos mères, ou nos grand-mères, pour les plus jeunes d’entre nous, datant des années 70, le tout gratifié d’un visuel qui me faisait plus penser à la boite de spécial K®  qu’à un sexe féminin…

Je ne m’attarderai pas sur le fait qu’il existe (malheureusement) encore dans le monde, des femmes qui subissent l’excision privées par la même de plaisir, et certainement aussi encore des hommes qui ignorent  que le clitoris n’est pas un insecte rampant de l’Asie du sud Est, mais merde, c’est quand même pas la majorité ! Pour ma part, je pense qu’il existe plus de mecs qui s’en occupent comme des sagouins, que d’individus qui ignorent la fonction plaisir de cette partie toute féminine de notre anatomie. Alors « Osez le clito si vous voulez, mais ne vous forcez pas surtout ».

Quitte à me mettre une tripotée de féministes à dos, le cunnilingus n’est pas OBLIGATOIRE. Évidemment, lorsqu’il est fait avec cœur et maestria, c’est la cerise sur le gâteau, mais il n’y rien de pire qu’un homme qui le fait pour « faire plaisir » et dont le laper est proche de celui d’un mangeur de soupe de nouilles, dont la langue vient s’insinuer lourdement dans chaque recoin de notre vulve et donne la vague impression de se faire nettoyer… ou de celui qui nous goute du bout des lèvres comme si notre chatte allait le mordre, ou de l’autre qui n’écoute pas le rythme que l’on suggère avec notre bassin, aspire le tout comme une sangsue et confond nos petits cris de douleur avec des gémissements de plaisir…

Bien sur on pourrait leur expliquer gentiment comment ça marche, mais quand on n’investit pas dans une relation à moyen ou long terme et que l’amant en question a plus de 30 ans, on manque de patience… l’altruisme féminin a ses limites.

Si le plaisir que peut procurer le fait de plonger votre langue au plus profond de notre intimité, de sentir notre clitoris gonfler entre vos lèvres, de sentir vibrer notre corps tout entier à chaque changement de rythme de vos doigts qui s’immiscent tandis que votre bouche stimule le divin petit bouton vous laisse de marbre, abstenez vous de grâce !  Il existe des amants aux doigts de fée qui font plus de merveilles qu’un brouteur médiocre.

Comme j’estime que tout acte sexuel ne peut être épanouissant que s’il est consenti, et même pleinement désiré de part et d’autre, je refuse ces diktats débiles qui culpabilisent une femme qui ne trouve pas de plaisir dans la fellation, ou stigmatisent un mec qui n’apprécie pas plus que ça de descendre à la cave. Le principal est de savoir donner du plaisir à l’autre d’une manière ou d’une autre et comme disait Alfred : « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. »

J’aime à penser qu’on a tous une botte secrète, un domaine de prédilection sensuel dans lequel on excelle. Et si ce n’est pas le cas, il restera toujours les jeux vidéo pour les acharnés de la gâchette.

Ce que sème le vent…

20 Juin

J’ai cru que c’était le vent, le coup sourd contre ma porte. Je m’étonne de te trouver sur mon palier. Tu me colles une main sur la bouche, les discussions ont assez duré, les négociations aussi. Il faut battre le « faire » tant qu’il est chaud.

Inutile de parler…

Tu me regardes sans sourire, tu te fous de savoir que ce que tu es venu chercher soit vilain ou divin mais tu vas le prendre, sans autre forme de procès. Tes caresses ressemblent à une punition, comme si tu voulais me faire payer le désir que tu réprimes depuis des mois. Tu as le souffle court et j’ai le feu aux joues… J’attrape ta paume qui pétrit mes seins par le poignet et la suspends en l’air comme pour marquer la pause, entre la boucherie que tu es en train de commencer et ce à quoi j’aspire.

Inutile de parler…

Je repose tes mains doucement sur mes hanches pour te donner le La, elles glissent dans le creux de mon dos et je me sens quitter le sol. Ton souffle s’est un peu apaisé, je le sens chaud et presque régulier dans mon cou tandis que tu pars en reconnaissance vers mes terres inconnues. Tes doigts s’immiscent dans mes mystères, j’aime la façon dont ta paume appuie sur mon pubis et ton pouce me crochète. Je suis comme une boule qui tourne sur ton doigt, tu tiens les rênes, je pourrais m’emballer…

Inutile de parler…

Je défais ta ceinture et te trouve au garde à vous, tige douce et dure que je veux en moi. Je la titille, je la flatte, je la provoque. Tes yeux se ferment, tu n’as plus le monopole du contrôle… mais ça ne dure pas.  Je te déteste quelques secondes de m’arracher cette dentelle noire qui m’a couté un bras, mais juste quelques secondes… Celles d’après je suis boite à musique et piano à soupirs… Tu me prends verso, debout contre la table, ma jupe retroussée en haut des fesses, c’est juste un peu brutal sans jamais être violent. Une main presse ma nuque, l’autre impose le rythme sur mes reins.

Inutile de parler…

L’étreinte est intense mais elle est fugace et relève plus du coup de grâce. Dans la B.O. de nos ébats, mes décibels te laisse coi… L’explosion de plaisir n’a d’égal que le soulagement qui s’ensuit et quand j’ouvre les yeux, tu es déjà parti. Ma main reste encore quelques minutes entre mes cuisses, le doigt collé sur la détente, le temps de retrouver mes esprits. Il est 6h, je n’ai plus sommeil.

J’ai cru que c’était toi, le coup sourd contre ma porte… et ce n’était que le vent.