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Et toi, t’avales ?

6 Déc

Ça dépend.

C’est évidemment à la gueule du client. Mais pas que.

Déjà, on hésite pas mal. Parce qu’on a toutes entendu que c’était dégueulasse (le goût, pas la symbolique, sur ce blog, on s’en balance pas mal de la symbolique) et ensuite parce qu’on voit pas bien ce que ça va nous apporter à part une haleine de pute et des calories. Généralement, si tu as si bien sucé le mec qu’il en est prêt à jouir, c’est que tu as fait un bon job (notez ce subtil jeu de mot bon job / blow job, je suis pleine d’esprit). Et puis s’il éjacule dans ta bouche, c’est la fin des haricots en ce qui te concerne. Donc, déjà GROS calcul (mais généralement on a bien 20 minutes pour anticiper).

Pour celles qui franchissent le pas (ou plutôt, quand elles se décident à le franchir), c’est le traumatisme. Ou pas. Bon, moi par exemple, c’était un traumatisme. Déjà c’était immonde, en plus c’était chaud (oui je n’avais pas anticipé cette sensation), et j’ai failli avaler de travers tout en ayant une grosse envie de vomir. Il m’a fallu 6 ans pour réessayer.

J’ai réessayé il n’y a pas longtemps. Le mec m’impressionnait pas mal. Le genre de twitto de mec qui s’est tapé la moitié de Paris, alors forcément j’avais pas envie qu’il me prenne pour une grosse nullasse. Ben, en fait, c’était toujours chaud, mais à moins de m’envoyer un mort ca risque pas de changer, mais c’était pas dégueu. C’était pas bon, mais c’était pas à vomir.

Du coup, questionnement intérieur : est-ce que mon souvenir s’était modifié ? est-ce que ça dépendait du mec ? Après une brève recherche sur le net (Michel : mes recettes pour améliorer le goût du sperme), il est devenu évident que cette histoire d’avaler était comme une boite de MonChéri. C’est jamais terrible, mais des fois ça peut passer.

J’aimerai cependant revenir sur la gueule du client évoquée en début d’article.

Il va de soi que je n’irai jamais avaler un mec avec qui je compte rester. Pas envie que ça devienne une obligation ou que le mec « attende » ça en se disant qu’il a été sage et qu’il a  fait la vaisselle. One-night-stand only merci bien. En plus si ton mec a un goût immonde, t’as l’air bien con pour lui expliquer qu’en ce qui le concerne c’est la dernière fois que tu t’y risques. C’est pas écrit sur le visage des gens cette histoire de goût. Plus dans leur assiette déjà il semble.

Et vous, vous avalez ?

Et surtout, vous les mecs, est-ce que vous avez déjà gouté votre sperme ?

My life doesn’t suck without you

3 Déc

Il y a quelques temps, je débutais sur ce blog en vous confiant ma souffrance et ma tristesse, suite à une relation longue et compliquée avec un homme pris. Celui que j’ai attendu presque deux ans, et que j’avais décidé d’effacer de ma vie après une ultime humiliation, une ultime fois, après laquelle il était rentré retrouver sa douce, comme si de rien n’était.

J’ai hésité. Hésité à aller la voir, lui parler, lui expliquer ma douleur et lui ouvrir les yeux sur son homme. Et puis non. A quoi bon ? Briser un couple. Etre la méchante, pas la responsable, mais être celle par qui le mal arrive. Je suis plus forte que ça, au-dessus de ces agissements, et surtout j’ai mes amies pour me soutenir. Me relever, et me dire que ça va aller, que je mérite mieux et que je vais trouver.

L’effacer de ma vie. C’était la seule solution pour aller mieux, pour avancer, pour reprendre à zéro et me reconstruire. Ne plus prendre de ses nouvelles alors qu’il était celui à qui je racontais tout depuis bientôt trois années. Ne plus lui parler chaque jour. Ne plus planifier de le voir lorsque je rentrais à Paris. Mon confident, et mon amant. Tout perdre d’un coup, l’amitié et l’amour. Rongée de l’intérieur par un espoir sans espoir, et incapable de vraiment m’ouvrir à d’autres. Un pincement au coeur en pensant à lui, une douleur inexplicable. Un blocage, une étincelle de tristesse dans mon regard, un vide dans la poitrine qui m’empêchait de respirer.

Tout cela semble bien évident à de nombreuses personnes extérieures. Mais encore une fois, je ne me permets pas de juger les relations et les sentiments des gens qui m’entourent, même lorsqu’ils me sont proches, car chaque histoire est unique et a ses particularités.

Il m’a fallu du temps pour accepter que je n’avais pas d’autre option que de l’effacer, tout du moins momentanément, pour pouvoir me reconstruire et rebondir.

Et sans vouloir paraître trop optimiste, je crois que j’y arrive. Petit à petit, je me remets, je m’ouvre aux autres.

J’ai recommencé à regarder les hommes qui gravitent dans mon espace de vie, à vouloir avancer. Et ça se voit. Parce qu’un homme a osé m’approcher, et m’a demandé de lui faire confiance. Parce qu’il partait avec un handicap, remplissant tous les critères que je m’étais promis d’éviter. Déjà pris, collègue, sûr de lui, et dont je m’éloignerais dans deux mois lorsque je serais mutée. Un zéro pointé en terme de raisonnable. Une bêtise qui me tendait les bras. Mais une erreur qui me couvrait de promesses. Et qui a fait ce qu’il disait.

Remonter en selle et vaincre la peur en reprenant le risque d’avoir mal.

J’ai à nouveau des papillons à l’estomac lorsqu’un homme m’embrasse, et je me prends à rêver à une histoire qui pourtant semblait sans avenir mais qui se construit tout en douceur. Et ça me rend heureuse pour l’instant même si je n’ai aucune idée de la suite.

Montre moi ton mec, je te dirai qui tu es

16 Oct

Bien sur qu’on juge nos congénères aux mecs qu’elles s’appuient.

(Surtout quand, comme moi, on est célibataire les 3/4 du temps, ça nous permet un peu de justifier notre condition socialement suspecte.)

Voici 4 profils de filles qu’il FAUT avoir dans son répertoire.

  • La nana qui se tape un roux

La nana qui s’envoie du roux, elle est anticonventionelle, un peu fofolle, libre penseuse. C’est le genre de nana qui choisit jamais le truc mainstream : Quick plutôt que McDo, cheerleading plutôt que gym suédoise, trompette plutôt que violon, espagnol 1ère langue plutôt qu’anglais… C’est la nana qu’on rêve toutes d’être, en fait.

  • La nana qui se tape un con

Elle justifie le truc comme elle veut « non mais Olivier, il a eu des difficultés, mais tu vois il a entamé une formation... ». Alors que bon, elle sait qu’elle se fait un demeuré, nous aussi, si ça se trouve même Olivier sait qu’intellectuellement, il up-date. Ou elle n’a pas confiance en elle et soumettre socialement son mec l’aide à se sentir bien, ou elle est terriblement pragmatique et elle préfère dominer son mec pour dominer sa vie. La meuf qui se tape un con présente néanmoins un avantage social : ses relations affectives sont d’une stabilité singulière. Quand on va mal, on la regarde et on se dit que c’est possible d’être heureuse avec un (seul) homme. Quand on va bien, on la regarde et on se dit qu’on est vraiment mieux seule avec nos hommes.

  • La nana qui se tape un mec qu’on voit jamais

Ou elle planque une absence de mec, ou elle planque un roux une meuf, ou elle planque votre papa quelqu’un que vous connaissez, ou alors TOUT SIMPLEMENT, elle segmente ses relations sociales à mort. Avec vous, c’est une ado attardée qui récite l’alphabet en rotant, avec lui, c’est la meuf qui connait tout le personnel de chez Castel. Elle sait que cet équilibre n’est pas viable, mais quand on est à ce point dans l’incohérence, l’instabilité est un art de vivre, et c’est surement pour ça que vous l’aimez.

  • La meuf qui se tape un mec maqué (pour la 40ème fois)

Sauf malédiction surnaturelle comme dans le cas de Dora qui n’est bien entendu qu’une victime d’un sort maléfique, la meuf qui ne fait que dans le mec maqué n’y va pas par hasard. Assurée d’avoir un peu de suspens, d’adrénaline, de drama à un risque d’engagement quasi-nul, elle a développé au fur et à mesure des années un radar à mecs maqués dont la précision n’a d’égal que sa mauvaise foi qu’en scandalisée elle vous lance que « C’est ENCORE un mec maqué, y a un truc d’écrit sur mon front-ou-quoi ?« . La meuf à mecs maqués est certes pénible quand, alors que ça se termine, elle fait semblant d’y avoir cru, mais elle permet tout de même à son cercles d’amiEs de trasher en réunion l’ensemble des hommes de manière parfaitement désinhibée et injuste, et par ce biais, elle contribue à resserrer les liens amicaux entre filles.

Je conclurai sur la meuf éternellement célibataire (sauf que contrairement à Diana ou moi, c’est pas un choix de vie), qui recherche en toute simplicité un mec beau comme Mark Salling avec l’intelligence (et la thune) de Bill Gates, le sens de l’humour de Megaconnard (quelle suce-boules je fais) et le charisme de Richard Berry et qui nous ennuie profondément par son manque d’originalité. Chères amies, tapez-vous des abrutis, des mecs mariés, ce que vous voulez, mais je vous en supplie, ne jouez pas les princesses frustrées.

Viens planter ton roseau dans mon Mékong

25 Sep

Je ne prends pas la pilule, je suis donc esclave de mes menstrues. (Et vous avez échappé au titre « Un peu de ketchup« )

J’ai beau être une Amazone décomplexée par les choses de la vie, étrenner un nouvel amant un jour de règle, je trouve ça un peu salaud. Mais dans un contexte environnemental difficile (rien à me foutre sous la dent), la perspective de manquer une folle nuit d’amour avec un nouvel amant à cause de ça me foutait bien le seum.

Je m’en suis ouvert auprès de mes copines (et pourtant avec la sodomie et la masturbation, ça fait partie des 3 sujets que les meufs évitent en général. On se masturbe pas, on se fait pas prendre le cul, et on trouve que les règles c’est sale).

Les réactions ont été plutôt honnêtes:

« Si c’est pas hardcore, lui dis pas. Il le verra quand il aura déjà commencé. TU LE METTRAS DEVANT LE FAIT ACCOMPLI ET IL SERA TROP EN CHIEN. Et après tu le reverras plus jamais :@ »

« Pas mal. Tu es beaucoup plus excitée plus vite. Just don’t warn him »

(Mes amies entretiennent des relations de CONFIANCE avec les hommes, ça se sent tout de suite)

Du coup je me demande si passé 25 ans y a encore des gens que ça dérange ? Moi je m’en fous, je trouve ça dégueu mais pas au point de me priver de sexe, et puis ça lubrifie vachement bien (BAH OUI, C’EST AUSSI ÇA LA VÉRITÉ). Je me rappelle pas avoir effrayé un mec avec ces histoires, à part mon connard de voisin de terminale qui passait son temps à essayer de me tripoter jusqu’à ce que je comprenne qu’il était très effrayé par « les règles ».

En revanche, j’ai eu quelques « bonnes » (au sens de « marrantes« ) plaidoiries

  • « C’est pas sale, c’est naturelllll » / le pipi aussi et pourtant on se fait pas de golden shower que je sache
  • « Moi tu sais, j’aime les feeemmmes » / là on parle surtout de sang, mais I’ll take it
  • « On peut faire d’autres choses » / c’est pas parce que j’ai un tampax que j’ai envie qu’on me la fasse à l’envers pour compenser

A part dans le dernier cas, je fais toujours genre « ah ouai t’as raison, t’es tellement compréhensif et awesomz comme mec ❤ ».

Ben ouai.

Parce qu’apparemment je suis la dernière conne sur Terre à prévenir AVANT :@

Mon coeur en salle d’attente

7 Sep

Simplement être une fille parmi tant d’autres. Naïve et amoureuse. Si si, ca arrive.

Je t’ai attendu. Longtemps. Trop longtemps. Très exactement bientôt 22 mois. Ça peut paraître peu, sur une vie, mais à mon âge, c’est déjà beaucoup. Trop donc.

Puisque depuis bientôt deux ans, j’attends. J’attends que tu prennes une décision, que tu aies le courage d’enfin choisir. Entre elle et moi, l’officielle et l’officieuse. Entre celle qui partage ton appartement, et celle à qui tu écris des déclarations enflammées qui n’aboutissent jamais à un changement de situation – l’autre. Malgré mes demandes plus ou moins directes, malgré ma présence. Les nuits, les séparations, les retrouvailles. Les larmes, les sacrifices, l’acceptation de tout, le soutien dans les moments durs. La naïveté et l’espoir. Sans qui je ne serai pas moi, mais une autre, qui peut être t’aurais quitté avant même l’attente.

Je suis celle qui attends, qui se fixe des ultimatums et des bonnes résolutions à chaque crise de larmes. Qui tente de te les fixer à ton tour, mais qui ne les tient pas elle-même. Parce que l’idée de ne plus t’avoir dans ma vie m’est insurmontable. Parce que ne pas avoir de tes nouvelles pendant plusieurs jours me soulage et m’angoisse à la fois. Parce que lorsque nos corps s’enlacent, j’aimerais que le temps ne soit plus. Parce que sans l’avoir jamais rencontrée, ton autre m’est abjecte. Elle ne te rend pas heureux, tu me l’affirmes, et je te crois. Je te crois aussi quand tu parles sérieusement de la quitter. Je crois tout ce qui me rapproche de toi, même le plus absurde.

J’attends donc. Mais parfois, je me demande ce que j’attends. Qu’un jour enfin tu me dises que tu l’as quittée, et que tu m’attends à ton tour ? Que tu finisses par m’avouer que c’est elle, et pas moi ? Au final, je ne sais pas. Je ne sais plus si j’attends vraiment, ou si j’aime la routine d’attendre, le sentiment d’espoir, les déceptions, les meurtrissures à répétition, et l’agonie de savoir qu’elle est avec toi.

Un peu comme un enfant avant Noël, les semaines précédentes remplies d’expectatives, et le jour J, la joie mais aussi un sentiment de vide. Parce qu’il n’a plus rien à espérer. Parce qu’il faut trouver un nouvel objet de ses désirs, et que l’être tant attendu n’est pas aussi satisfaisant qu’on le pensait. Parce que j’aurais tellement attendu, tellement souffert, que je t’en voudrais au fond de moi. De m’avoir fait attendre, quelle qu’en soit la finalité.

Je t’attendais, je t’attends, mais peut être qu’un jour, c’est toi qui m’attendra. Et peut être que je serais là… ou pas.

Dora.