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Comment j’ai rencontré Dora

16 Déc

École de commerce en bout de ligne de RER

Des post-ados qui se foutent des polos en bandoulières pour se sentir exister et se reconnaitre entre eux

Une odeur à mi-chemin entre la bière de la veille, le tabac froid, et le froid tout court

Autant dire que j’étais loin de mon ancienne Université germanopratine dans laquelle j’avais passé 5 ans, de ses cafés Parisiens, de son jardin intérieur, et de sa vie culturelle (i.e les bars).

J’étais perdue et triste au milieu d’une foule de gens super contents d’être là.

Je m’assois en cours d’économie. J’avais fait plus ou moins en sorte d’être avec des gens que je connaissais. Une nana notamment.Je ne savais pas grand chose d’elle à part :

  • qu’elle m’avait déjà virée de ses friends Facebook une fois,
  • qu’elle avait le verbe / mail laconique,
  • qu’elle était super forte en cours
  • et qu’elle ne mettait jamais de jupes trop courtes ou de pantalons trop serrés ou de décolletés dont on voit le nombril.

J’étais donc d’ores et déjà plus ou moins convaincue qu’elle ne pouvait et ne pourrait pas me piffrer, qu’elle avait la pire image de moi et que notre relation se limiterait à ses 30 heures d’économie. Cela dit, c’était la seule nana que j’avais envie de connaître.

Les premières heures se passent. Aussi timide que moi, le contact est un peu long mais d’autant plus sincère. Et puis au fur et à mesure les visages s’éclairent, je suis contente d’arriver dans cet espèce de pénitencier de zone 5 et de parler avec cette fille.

J’en viens même à lui faire des confidences. J’avais lâché un Homme dont j’étais folle pour qu’il revienne (normal), il n’était jamais revenu (bien fait pour ma gueule), et du coup je m’envoyais une sorte d’Apollon sorti de nul part, chirurgien esthétique, une sorte d’avatar de Nip&Tuck en plein 5ème arrondissement. Le mec était b e a u, brillant, avait un appart canon, on s’entendait bien, ça faisait des mois, et je n’avais pas la plus petite once d’attachement pour lui. Et je lui racontais. Je ne me suis pas sentie jugée, et elle aussi s’est ouverte.

Vers la fin des 30 heures d’agonie (qu’on se le dise, le cours était mortel), cet Homme que j’avais tant aimé s’est affiché avec une greluche sur Facebook. Choc. Je finis habillée à pleurer au fond de ma baignoire remplie d’eau froide (je ne lésine jamais dans le drama). J’étais restée un an avec Lui et Il m’avait presque planqué auprès de ses amis. Et là je vois une espèce d’anorexique bobo in a relationship avec lui, comme ça du jour au lendemain devant tout le monde… Le sol s’était dérobé sous mes pieds. J’avais l’impression d’être au bord d’une falaise et que le vide m’attirait. Le néant.

J’envoie un message rapide par mail à Dora et m’enfonce toute seule. L’impression que je ne m’en remettrai jamais, que c’était Lui et personne d’autre et qu’à part me noyer dans mes pleurs, il n’y aurait rien pour atténuer ma peine.

Et cette petite nana m’appelle, me ramène chez elle. Je passe l’après-midi à travailler (car Dora a des priorités. Vivre un gros chagrin d’amour ne doit pas empêcher de valider la finance par exemple). On goûte. On se fait belle, et on part faire la fête. Elle veille à ce que je boive suffisamment pour que ce soit un peu trop. On voit plein de gens. On s’amuse. Elle me ramène assez défaite chez elle et me couche.

1 mois après, je reprenais ma vie d’avant cet Homme. Je recommençais à sortir un soir sur 2, je recommençais à me sentir heureuse, à rencontrer des gens, à rencontrer des hommes et à revivre.

Je ne sais pas comment elle a réussi à me faire passer d’un état de léthargie et de désespoir à celui de fille légère. Mais je pense que le fait de savoir que je ne suis plus seule m’a beaucoup aidé.

Merci ma petite Dora.

My life doesn’t suck without you

3 Déc

Il y a quelques temps, je débutais sur ce blog en vous confiant ma souffrance et ma tristesse, suite à une relation longue et compliquée avec un homme pris. Celui que j’ai attendu presque deux ans, et que j’avais décidé d’effacer de ma vie après une ultime humiliation, une ultime fois, après laquelle il était rentré retrouver sa douce, comme si de rien n’était.

J’ai hésité. Hésité à aller la voir, lui parler, lui expliquer ma douleur et lui ouvrir les yeux sur son homme. Et puis non. A quoi bon ? Briser un couple. Etre la méchante, pas la responsable, mais être celle par qui le mal arrive. Je suis plus forte que ça, au-dessus de ces agissements, et surtout j’ai mes amies pour me soutenir. Me relever, et me dire que ça va aller, que je mérite mieux et que je vais trouver.

L’effacer de ma vie. C’était la seule solution pour aller mieux, pour avancer, pour reprendre à zéro et me reconstruire. Ne plus prendre de ses nouvelles alors qu’il était celui à qui je racontais tout depuis bientôt trois années. Ne plus lui parler chaque jour. Ne plus planifier de le voir lorsque je rentrais à Paris. Mon confident, et mon amant. Tout perdre d’un coup, l’amitié et l’amour. Rongée de l’intérieur par un espoir sans espoir, et incapable de vraiment m’ouvrir à d’autres. Un pincement au coeur en pensant à lui, une douleur inexplicable. Un blocage, une étincelle de tristesse dans mon regard, un vide dans la poitrine qui m’empêchait de respirer.

Tout cela semble bien évident à de nombreuses personnes extérieures. Mais encore une fois, je ne me permets pas de juger les relations et les sentiments des gens qui m’entourent, même lorsqu’ils me sont proches, car chaque histoire est unique et a ses particularités.

Il m’a fallu du temps pour accepter que je n’avais pas d’autre option que de l’effacer, tout du moins momentanément, pour pouvoir me reconstruire et rebondir.

Et sans vouloir paraître trop optimiste, je crois que j’y arrive. Petit à petit, je me remets, je m’ouvre aux autres.

J’ai recommencé à regarder les hommes qui gravitent dans mon espace de vie, à vouloir avancer. Et ça se voit. Parce qu’un homme a osé m’approcher, et m’a demandé de lui faire confiance. Parce qu’il partait avec un handicap, remplissant tous les critères que je m’étais promis d’éviter. Déjà pris, collègue, sûr de lui, et dont je m’éloignerais dans deux mois lorsque je serais mutée. Un zéro pointé en terme de raisonnable. Une bêtise qui me tendait les bras. Mais une erreur qui me couvrait de promesses. Et qui a fait ce qu’il disait.

Remonter en selle et vaincre la peur en reprenant le risque d’avoir mal.

J’ai à nouveau des papillons à l’estomac lorsqu’un homme m’embrasse, et je me prends à rêver à une histoire qui pourtant semblait sans avenir mais qui se construit tout en douceur. Et ça me rend heureuse pour l’instant même si je n’ai aucune idée de la suite.

CQFD – Parler sexe, c’est passer pour une femme limitée

20 Oct

J’ai été très impressionnée par le cran qu’il a fallu à notre anonyme pour s’ouvrir des choses qu’elle aimait ou qu’elle n’aimait pas sur le blog, couchant par écrit des fantasmes que je n’ose m’avouer à moi-même (comme bien d’autres si l’on en croit les commentaires).

Son propos général n’était pas de trouver un amant (c’est manifestement quelqu’un qui sait ce qu’elle veut, et quand une femme veut baiser, elle n’a pas besoin de faire un appel sur le web pour trouver des volontaires) mais de dire combien il était difficile d’avouer ses fantasmes et d’assumer sa vie sexuelle.

Moi je suis précisément très complexée par ce que je fais de ma vie privée par peur du regard des autres. On me sert souvent du « mais, nan, mais sois toi-même dis la vérité, tu verras, tu t’en fous des gens, et puis ils diront rien« . Bah mon cul tiens.

En un rien de temps sur Twitter et dans les commentaires des gens pensaient que l’auteure cherchait une bite, que nous ne pensions qu’au sexe, voir que nous ne faisions que ça et que nous n’avions pas d’autres passions dans la vie (d’autres nous ont accusées de faire du racolage, mais ça c’est vrai, hun)

Le coup de « ben vous faites que ça de votre vie, parler de cul » m’a proprement sidéré. Derrière le blog, y a des meufs totalement huge académiquement et professionnellement parlant, voir sportivement. Après parler de cul à la machine à café / avec le directeur de thèse / ou des gymnastes de 16 ans, c’est pas une option. On passe notre temps à donner le change, à surperformer pour s’excuser d’être des meufs jolies en plus, à pas rire aux éclats, à se faire broyer la main sans ciller, à détecter ce qu’il relève de l’intérêt sexuel et de l’intérêt professionnel dans l’œil de notre interlocuteur. C’est pas très marrant, alors oui le soir, moi j’ai plutôt envie de me soumettre une bonne fois pour toutes.

Et être soumise, ca permet aussi de se comporter comme la sacré salope qu’on aimerait être.

Mais si je suis honnête avec moi-même, je pense qu’il s’agit d’une phase, une phase d’apprentissage, une phase temporaire, et qu’un jour j’aimerais autre chose. Peut-être que ce jour là j’arriverai à dire combien de mecs j’ai connu, que je serais pleine de dollars et que personne ne remettra en cause ma légitimité à parler de sexe comme à parler d’autre chose 🙂 (mais si ça se trouve j’aimerais toujours qu’on m’attache hun)

Fin du debrief

Tout en lourdeur. La chute aussi.

7 Oct

Je me plains régulièrement d’être célibataire, suite à un CDD de PCRA germanisant qui s’est terminé au début de l’été. Alors oui, ce n’est un secret pour personne, l’hiver arrive et il commence à faire frais. Je suis aussi sujette aux migraines et j’ai besoin de sexe de câlins pour les calmer. C’est donc un besoin entièrement THERAPEUTIQUE, rien de plus.

Mais ca ne veut pas dire que je suis prête-à-se-taper-le-premier-venu. Surtout pas le premier gros lourd (GL from now on) venu. Non mais oh, on a des valeurs et des principes tout de même (auto-persuasion) ! 🙂

Parce que ça, même dans ma province isolée, j’en ai à la pelle. Dont un au bureau, histoire de rendre mes jours de migraine encore plus agréables, sinon je m’ennuierais.

J’ai donc GL sur le dos depuis maintenant quelques semaines. Avant, il était encore dans la phase timide-et-discret, et j’étais bien trop occupée avec mon PCRA pour m’en soucier, soyons clairs. Depuis, les choses ayant changé, GL a pris de l’assurance. CDI en poche, il est persuadé d’être un parti sans égal, le top du top, ou ‘crème de la crème’ comme disent les Englishs. Mais voilà. GL a fait une école d’ingé, et GL n’était pas dans les « cools » de sa promo, clairement. Plutôt dans la catégorie Nobode. (oui, j’ai été nobode, mais nobode volontaire, rien à voir, merci). Pourquoi un nobode-no-life ? Parce que GL ne sait pas draguer. Et GL s’est fait avoir comme un débutant lorsqu’il a commandé « Flirting 101 » sur le net. Il a du recevoir la version 12-15 ans.

J’ai l’impression d’être au collège. Et encore, avec mes camarades de l’époque les plus mauvais. Les blagues vaseuses à répétition. Les compliments déplacés qui se veulent charmants. Les piques permanentes (embêter la nana qui t’intéresse, ça peut marcher, mais toute stratégie a ses limites). Les allusions pas si allusives, lourdes. Les questions incessantes, lourdes aussi. Les incrustes, fatiguantes.

Quelques exemples pour situer (classe inside, évidemment) :

–          ‘ah on n’est pas que tous les deux en amoureux au ciné ? je boude alors’

–          ‘bonjour la plus jolie des filles de l’open space’

–          ‘ne force pas trop au sport, si tu veux que je continue à regarder tes fessiers, ils sont très biens comme ça’

J’arrête là le déballage de classe et d’élégance, je sursaute devant mon écran à chaque déclaration…

Si j’en crois les dernières fuites, GL pense que je l’apprécie, voire que je suis une fan inconditionnelle de son humour fin et délicat. J’attends en fait avec impatience le jour où il tentera une vraie approche.

Car je ne saurais exprimer ma joie de devoir le rembarrer. A l’ancienne, un non bien calé. Je ne suis pourtant pas cruelle à la base, mais je suis persuadée que ça serait pour son bien.

Feel free to agree or disagree.

Tout est une question de cible

22 Sep

En marketing, on nous apprend qu’il faut cibler le client, attirer le chaland, lui offrir ce dont il n’a pas besoin et qui ne lui correspond pas en lui faisant avaler qu’il ne peut pas s’en passer et qu’il le lui faut immédiatement. Lui vendre du rêve à prix fort, alors qu’en réalité on lui refile un produit médiocre et complètement inutile. Un peu comme la nouvelle affiche Sephora « C’est nouveau, c’est beau, il me le faut » (société de consommation, bonjour). Jusque-là, pas de grande innovation, certes.

C’est suite à une discussion entièrement ‘pour la science’ avec ma collègue pré-cougar (25 ans, son copain est un post-teen à peine majeur aux US – on est en France mais c’est pour faire international, ok ?), la conclusion évidente nous est apparue : avec les hommes aussi, tout est une question de target et de message publicitaire.

Et c’est bien là mon problème. Une incohérence totale entre ma cible et mes prises.

Je cherche essentiellement à pécho du jeune cadre dynamique, sportif, drôle, avec un minimum de stabilité, si possible 1m80, un peu nounours sans ressembler à une boule, merci (si tu te reconnais là-dedans, n’hésite pas, c’est la crise en ce moment…).

Et à mon grand désarroi, sans comprendre pourquoi, j’attire le cadre beaucoup moins dynamique, avec de la bouteille (miam ?), poivre et sel dépassé depuis quelques années, bedonnant de préférence, et pas toujours très grand. Pour exemple, le dernier en date, qui m’a trouvé « craquante », doit avoir 10 à 15 ans de plus que moi, 2 enfants, un labrador, l’équivalent de JC Convenant en terme d’humour, bref, not gonna happen. Avoir faim et crever la dalle ne sont pas la même chose, que l’on soit clairs.

Alors il faut qu’on m’explique.

J’ai deux solutions.

La première, revoir mon positionnement, les 4P et tout le marketing mix. Parce que clairement, le message ne passe pas. Et réussir à chopper du nounours sexy.

La seconde, me lancer sur un autre marché, celui des hommes grisonnants et beaucoup plus âgés. On dit qu’ils ont plus d’expérience. Mais le côté je roule en Scénic et j’ai déjà ma retraite en ligne de mire, moi, ça me donne envie de vomir dans ma bouche.

Je crois que je vais demander conseil à Lara et Ahleshistoires. Elles sauront me guider dans ce monde sans scrupules.