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CQFD – Parler sexe, c’est passer pour une femme limitée

20 Oct

J’ai été très impressionnée par le cran qu’il a fallu à notre anonyme pour s’ouvrir des choses qu’elle aimait ou qu’elle n’aimait pas sur le blog, couchant par écrit des fantasmes que je n’ose m’avouer à moi-même (comme bien d’autres si l’on en croit les commentaires).

Son propos général n’était pas de trouver un amant (c’est manifestement quelqu’un qui sait ce qu’elle veut, et quand une femme veut baiser, elle n’a pas besoin de faire un appel sur le web pour trouver des volontaires) mais de dire combien il était difficile d’avouer ses fantasmes et d’assumer sa vie sexuelle.

Moi je suis précisément très complexée par ce que je fais de ma vie privée par peur du regard des autres. On me sert souvent du « mais, nan, mais sois toi-même dis la vérité, tu verras, tu t’en fous des gens, et puis ils diront rien« . Bah mon cul tiens.

En un rien de temps sur Twitter et dans les commentaires des gens pensaient que l’auteure cherchait une bite, que nous ne pensions qu’au sexe, voir que nous ne faisions que ça et que nous n’avions pas d’autres passions dans la vie (d’autres nous ont accusées de faire du racolage, mais ça c’est vrai, hun)

Le coup de « ben vous faites que ça de votre vie, parler de cul » m’a proprement sidéré. Derrière le blog, y a des meufs totalement huge académiquement et professionnellement parlant, voir sportivement. Après parler de cul à la machine à café / avec le directeur de thèse / ou des gymnastes de 16 ans, c’est pas une option. On passe notre temps à donner le change, à surperformer pour s’excuser d’être des meufs jolies en plus, à pas rire aux éclats, à se faire broyer la main sans ciller, à détecter ce qu’il relève de l’intérêt sexuel et de l’intérêt professionnel dans l’œil de notre interlocuteur. C’est pas très marrant, alors oui le soir, moi j’ai plutôt envie de me soumettre une bonne fois pour toutes.

Et être soumise, ca permet aussi de se comporter comme la sacré salope qu’on aimerait être.

Mais si je suis honnête avec moi-même, je pense qu’il s’agit d’une phase, une phase d’apprentissage, une phase temporaire, et qu’un jour j’aimerais autre chose. Peut-être que ce jour là j’arriverai à dire combien de mecs j’ai connu, que je serais pleine de dollars et que personne ne remettra en cause ma légitimité à parler de sexe comme à parler d’autre chose 🙂 (mais si ça se trouve j’aimerais toujours qu’on m’attache hun)

Fin du debrief

Cap ou pas cap ?

30 Sep

Je me dis toujours que ce sont les petites choses de la vie qui au final font beaucoup. Les petites victoires qui permettent d’être joviale et heureuse au quotidien.

Tout le monde se souvient de Jeux d’Enfants, et du fameux « cap ou pas cap » entre Guillaume Canet et Marion Cotillard. Un de mes films favoris au passage.

Il se trouve que je suis aussi du genre à me lancer des petits défis, régulièrement. Parce que j’aime le challenge, tout ça (+1 en entretien d’embauche, ea-sy), mais aussi parce que si je ne le fais pas, je n’ai pas la satisfaction d’avoir réussi. J’entends à ma gauche mentionner la déception de l’échec, je ne vois absolument pas de quoi tu parles, je ne suis qu’excellence!

Ca peut être tout et n’importe quoi. Allez, je suis sûre que je peux me lever à 6h pour aller au sport. Ou rentrer dans ce jean taille 36 si je m’allonge sur le lit et que j’arrête de respirer. Ou que je peux me laver-les-cheveux-les-sècher-me-maquiller-m’habiller-et-etre-prete-et-canon en 20 minutes (je l’admets, échec régulier sur celui-là). Cap de boire autant que mon meilleur pote (mauvaise idée aussi). Chiche je drague le mec au bar là-bas. Même pas j’envoie un sms à ex-qui-me-manque-quand-je-déprime, je suis forte, je ne le contacterais pas (pendant 2 jours). Allez, personne n’est rentré avec mon profil avant, mais je vais être admise dans cette école. Etc etc. Cap de manger 5 petits beurres en 1 minute et les avaler (je le lance celui-là, TROP BALEZE).

Le dernier défi à la con en date, « carrément je peux courir un 10km, facile, sans entrainement, attend c’est rien 10km ! ». Alors OK, je me suis un peu emballée. J’en ai bavé, j’ai failli abandonner 12 fois en route, parce que bien entendu il pleuvait, je suis sortie en boite la veille (ne jamais faire les choses à moitié…), et j’ai raté le départ collectif pour cause de navette en panne. MAIS JE L’AI FAIT. Et en un temps pas ridicule du tout si on considère que je mesure 1m12 et que je n’avais aucun échauffement.

Et rien que pour ça, je suis fière. Fière d’avoir couru, d’avoir fait un temps correct, et d’avoir gagné mon pari. M’être prouvé une énième fois que j’ai la niaque quand je veux. La volonté avant tout. (Parce que soyons honnêtes, ce ne sont pas mes jambes qui ont fait la course, c’est ma volonté. Et surtout la peur d’avoir à déclarer forfait. Avouer un échec, alors que j’avais parlé à toute la planète de ma course).

Donc voilà, quand on veut, on peut. Et la peur du ridicule et de l’échec font de moi une niaqueuse. (PetitRobert ne lit pas cet article stp), qui se surpasse et à mal aux cuisses et mollets comme jamais depuis quelques jours du coup. Qui se dit que si elle ne tente pas, elle ne saura pas. Bon ok, pas pour tout. Mais si je m’écoutais toujours, moi et mon démon du challenge, je serais sur un vélo ce wkd à faire un 30km, « pour voir si j’en suis capable ». Donc parfois je met mon égo en sourdine… pour le bien-être de mes muscles jambiers.

Conclusion : il ne me reste plus qu’à appliquer cette technique à ma non-vie amoureuse, et BINGO je rencontrerais mon prince charmant, l’homme de ma vie, avec labrador, 3 enfants, une maison en Normandie et un appartement à Courchevel. Me lancer des défis pour voir si ça fonctionne pareil, draguer tout être masculin des environs intéressant et beau-gosse, montrer que j’ai la dalle mes atouts, et me caser trouver un mec déjà. Wish me luck? !

Avant, j’etais grosse.

12 Sep

Il y a l’avant. Et il y a l’après, l’aujourd’hui.

Avant le nouveau moi. Après le changement.

Avant, on me parlait parce qu’on me trouvait intéressante, ou rigolote. Aujourd’hui, je me demande toujours si le jeune homme qui me parle de voile ou de vin aurait abordé mon ancien moi. (probablement non, soyons réalistes, l’homme est un animal certes câlin mais irrémédiablement attiré par le physique des partenaires éventuelles)

Avant, j’étais une jeune fille ronde, et je soupçonne des camarades cruels et immatures d’école de co de m’avoir comparé à une célèbre boisson gazeuse à l’orange. Aujourd’hui, je suis une « poupée », de petit gabarit, que certains ont peur de briser s’ils s’approchent de trop près (alors que je suis costaude, que du musc’, je fais du sport tout ça, et même parfois des abdos).

Avant, pas de jupes ou de robes, je ne jurais que par les jeans. Aujourd’hui, je découvre qu’on peut avoir 3 jupes couleur chocolat de matières et de longueurs différentes, et plein de collants qui se filent plus vite que l’éclair.

Avant, je mettais du 40 ou 42, et je fondais en larmes dans les cabines d’essayage, parce qu’on m’apportait encore « une demie-taille au-dessus » (les vendeurs n’ont aucune compassion de nos jours). Aujourd’hui, je me bats moi aussi pour attraper l’unique taille 36 du modèle, et là, heureusement que je peux être une peste. (NDLR : faux, je suis adorable, et totalement innocente) Mais je râle toujours autant contre les longueurs de pantalons (je n’ai pas grandi… pas encore trouvé de solution à ça, je reste donc une petite-moi).

Avant, je n’avais pas les « non mais arrête tu peux te le permettre, tu en as de la chance d’être fine naturellement ». Aujourd’hui, je me retiens de déballer ce que je pense du naturellement, pour éviter les questions, et je « me permets » (mais je fais attention, au fond j’ai quand même clairement la trouille de redevenir comme avant).

Avant, je ne m’aimais pas, je n’avais aucune confiance en moi, et je m’étais construit une carapace qui pouvait me faire passer pour snob, froide, distante (alors que je ne suis qu’amour, encore une fois). Aujourd’hui, je ne suis toujours pas au top de la confiance en moi, mais j’ai appris à aimer m’habiller et parfois me trouver jolie.

Avant, j’étais mon ancien moi, qui ne faisait pas beaucoup de sport. Aujourd’hui, je me suis construite en changeant, je suis devenue adepte voire accro au sport, et mon avant a donné ce que je suis maintenant.

Sans mon avant, je ne serais pas mon nouveau moi.

Le grand slogan de mon école de co était « c’était mieux avant ». Mais de temps en temps, il faut accepter qu’il y a des exceptions à toute règle. Et là, c’est mieux APRES.

Mon coeur en salle d’attente

7 Sep

Simplement être une fille parmi tant d’autres. Naïve et amoureuse. Si si, ca arrive.

Je t’ai attendu. Longtemps. Trop longtemps. Très exactement bientôt 22 mois. Ça peut paraître peu, sur une vie, mais à mon âge, c’est déjà beaucoup. Trop donc.

Puisque depuis bientôt deux ans, j’attends. J’attends que tu prennes une décision, que tu aies le courage d’enfin choisir. Entre elle et moi, l’officielle et l’officieuse. Entre celle qui partage ton appartement, et celle à qui tu écris des déclarations enflammées qui n’aboutissent jamais à un changement de situation – l’autre. Malgré mes demandes plus ou moins directes, malgré ma présence. Les nuits, les séparations, les retrouvailles. Les larmes, les sacrifices, l’acceptation de tout, le soutien dans les moments durs. La naïveté et l’espoir. Sans qui je ne serai pas moi, mais une autre, qui peut être t’aurais quitté avant même l’attente.

Je suis celle qui attends, qui se fixe des ultimatums et des bonnes résolutions à chaque crise de larmes. Qui tente de te les fixer à ton tour, mais qui ne les tient pas elle-même. Parce que l’idée de ne plus t’avoir dans ma vie m’est insurmontable. Parce que ne pas avoir de tes nouvelles pendant plusieurs jours me soulage et m’angoisse à la fois. Parce que lorsque nos corps s’enlacent, j’aimerais que le temps ne soit plus. Parce que sans l’avoir jamais rencontrée, ton autre m’est abjecte. Elle ne te rend pas heureux, tu me l’affirmes, et je te crois. Je te crois aussi quand tu parles sérieusement de la quitter. Je crois tout ce qui me rapproche de toi, même le plus absurde.

J’attends donc. Mais parfois, je me demande ce que j’attends. Qu’un jour enfin tu me dises que tu l’as quittée, et que tu m’attends à ton tour ? Que tu finisses par m’avouer que c’est elle, et pas moi ? Au final, je ne sais pas. Je ne sais plus si j’attends vraiment, ou si j’aime la routine d’attendre, le sentiment d’espoir, les déceptions, les meurtrissures à répétition, et l’agonie de savoir qu’elle est avec toi.

Un peu comme un enfant avant Noël, les semaines précédentes remplies d’expectatives, et le jour J, la joie mais aussi un sentiment de vide. Parce qu’il n’a plus rien à espérer. Parce qu’il faut trouver un nouvel objet de ses désirs, et que l’être tant attendu n’est pas aussi satisfaisant qu’on le pensait. Parce que j’aurais tellement attendu, tellement souffert, que je t’en voudrais au fond de moi. De m’avoir fait attendre, quelle qu’en soit la finalité.

Je t’attendais, je t’attends, mais peut être qu’un jour, c’est toi qui m’attendra. Et peut être que je serais là… ou pas.

Dora.