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Yin et Yang

12 Août

Lisa était une jouisseuse et cela rendait sa compagnie très agréable.
Elle savait que je n’aimais que les hommes… Mais elle savait aussi que je n’étais pas insensible à ses charmes incendiaires. Elle était assise sur mon canapé, sa robe fleurie un peu remontée sur ses cuisses ambrées et elle me souriait sans l’ombre d’une ambigüité.
« Tu sais ce qui se dit dans mon entourage ? Que je pourrais rendre bi n’importe quelle hétéro pure et dure. »
Je souris. Elle me cherchait la gueuse… Et le pire c’est que ça fonctionnait à merveille.
« Tiens donc et comment tu t’y prends ? »
Son regard vert ne me lâchait pas tandis qu’elle me racontait, scrutant les réactions sur mon visage. Je suis malheureusement un livre ouvert.
« En général ça commence comme dans toutes les relations, par des caresses et des baisers. Les filles entre elles sont très douces souvent… les corps sont plus présents que dans une relation hétéro… je veux dire par là que le corps entier participe aux caresses, pas seulement les mains… les jambes passent entre les jambes, les corps s’emmêlent et se frottent… l’attente est plus longue avant de passer directement au sexe. C’est très excitant, un corps de femme sur un autre corps de femme… »
Je croisais les jambes, repensant à mes premières pulsions sensuelles lorsque avec mes copines de primaire, nous jouions à nous explorer.
Lorsqu’elle continua en disant,
« Mais ce que j’aime par dessus tout c’est les faire jouir avec ma bouche… », Je sentis qu’elle avait définitivement mis le feu aux poudres. Ce n’était pas tant ses mots qui faisaient court-circuiter mon cerveau mais plutôt son attitude séductrice sans être minaudière, sa féminité exacerbée et cette façon qu’elle avait de faire couler les mots de sa bouche, comme dans un souffle. J’avais soudain l’impression de me trouver dans le désir d’un homme sans en avoir les attributs…
« S’il y a des hommes dans l’histoire, lécher une femme pendant qu’elle se fait prendre est une possibilité très intéressante, autant à faire qu’à recevoir… »
J’étais cuite. Elle le nota et s’approcha ostensiblement de moi sur le canapé. Elle me souffla :
« Je te sens vraiment troublée là… Je peux faire quelque chose ? »
J’ignore quel diable m’attrapa les sens mais je la fis glisser sur le coté et relevai vivement l’étoffe légère de sa robe pour lui coller une fessée. Elle sembla d’ailleurs être très réceptive puisque malgré ses petits gémissements, elle cambrait sa croupe rebondie avec impudeur. J’avais fait glisser sa culotte sur le coté et entre chaque petit coup sec, mes doigts s’égaraient un peu plus dans ses méandres humides. Quand ses fesses eurent pris un air de vacances, je lui retirai sa dentelle et partis à l’aventure entre ses cuisses luisantes de nacre. J’étais comme possédée et l’envie de la faire jouir devint une sorte de quête du Graal. Je posais ma langue un peu timidement sur l’entrée de sa fente. Elle avait un gout citronné et herbacé.
D’un mouvement de bassin elle vint s’y enfoncer puis remonta pour que j’atteigne son bouton magique. Je sentis mes lèvres se resserrer autour de son petit appendice gonflé tandis que mes doigts la fouillaient avec douceur. J’ignore combien de temps je passais à la manger comme un sorbet. Je la sentais monter, puis redescendre au rythme de ses ondulations. Je finis par remonter pour sortir ses seins de sa robe et surtout l’embrasser à pleine bouche. Je passais de des seins à sa bouche , ne sachant à quel saint me vouer. En me rendant mes baisers, elle me mordillait les lèvres, les yeux mi-clos. Ça me rendait dingue. Je continuai à la baiser avec mes doigts en remontant vers la racine interne de son bouton en irruption. Le contact de ses cuisses sur ma taille, de nos seins se caressant à chacun de mes assauts comme autant de sensations nouvelles, décuplait mon excitation et mon envie d’en découdre.
Et tandis qu’elle se touchait par devant au même rythme que mes doigts fébriles s’immisçaient dans ses profondeurs, elle laissa échapper un ultime gémissement de plaisir qui déforma son visage de façon ravissante.

« Eh bien, pour une débutante ! »
« J’ai eu l’impression d’avoir plongé dans ma part masculine pendant quelques instants… »
Elle rit et en déboutonnant ma robe, elle me lança, mutine :
« Laisse moi t’aider à retrouver ta part féminine alors… »

Nous vous excusons pour la gêne occasionnée…

13 Oct

Et merde ! Elle était pourtant bien partie l’histoire, elle était pleine de promesses coquines.

On s’était cherchés des yeux dans le bar, on s’était accrochés avec quelques phrases à double sens, on s’était attrapé la bouche au détour d’une rue, je l’avais même laissé me mettre la main dans la culotte dans son ascenseur, on s’était agacés, titillés, allumés sur le canapé et on avait rampé maladroitement en tenue d’Eve jusqu’au lit (ou mieux, sur la peau de bête devant la cheminée) et là…

–       Ça ne m’arrive jamais normalement!

–       C’est pas grave.

–       Mais si putain, j’ai méchamment envie de toi, là tout de suite !

C’est con, moi aussi, j’en a méchamment envie, je suis même à deux doigts de me transformer en flaque, mais je suis bien éduquée et on se connaît pas trop, alors je me tortille en silence et je marche sur des œufs (sans jeu de mots), histoire de ne pas le froisser.

Calme Marla ! Ce n’est pas la première fois que ça arrive et certainement pas la dernière… Certes, il s’agit bien d’un état de crise… mais pas que pour lui. Outre la délicatesse de la phrase crasse et redondante « C’est la première fois que ça m’arrive! » qui laisse entendre qu’on est la raison de ce flop, c’est vrai qu’on ne sait jamais vraiment comment réagir pour ne pas envenimer les choses.

–             Nan mais c’est pas de ta faute…

Ah quand même ! J’avoue, je me repasse pourtant le film, histoire de me donner bonne conscience. Non, nous n’avons pas parlé de mon ex aux mensurations colossales avant de monter chez lui, ni de la sienne qui lui a brisé le cœur en se cassant avec un surfeur. Oui, j’ai traqué le moindre poil disgracieux qui aurait pu le rebuter, à priori mon déo n’a pas lâché et ma lingerie est magnifiquement assortie… Alors ? Peut-être qu’il a vu le petit bourrelet persistant que je traine depuis les fêtes de fin d’année ! Ou alors pire… J’aurais perdu la main pour allumer la mèche !

Naaaaan… Sur le canapé tout à l’heure, il était parfaitement vaillant le garçon !

Et là, un doute insupportable m’assaille : Aurions-nous dû rester sur ce putain de canapé défoncé et recouvert de taches douteuses ?

C’est terrible, mais dans cette situation je pense à ma mère, polluant mes oreilles chastes d’ado bouboule et mal dans sa peau :

« Tu sais ma chérie, il pourra arriver que ton petit copain n’ait pas d’érection. Souvent parce qu’il sera très ému, ou qu’il se mettra la pression… Dans ce cas là, il faudra le rassurer ou parler d’autre chose, ça ne sert à rien d’insister. Normalement ça revient plus tard. »

Ok mam’ mais là toute de suite c’est surtout l’éruption volcanique au niveau de mon bas ventre qu’il va falloir que je gère et aussi le fait que le jeune homme s’évertue à vouloir absolument m’introduire alors que le monstre n’a pas l’air d’accord du tout…

Je pense à mes copines aussi, celles qui disent sans ciller :

« Oh ma paaaaaauvre, heureusement moi, je n’ai jamais eu à gérer ça… »

Menteuses !

Note pour moi même : Ne plus jamais évoquer ce genre de choses avec de vagues copines…

Manquerait plus que je perde mon statut de bon coup en plus…

Bordel, et cette excitation qui ne me lâche pas !

Je suis bonne fille quand même, alors je ne fais pas que tergiverser, j’y mets du mien aussi… Je déploie le grand jeu, je flatte l’ego de mon amant, je lui sors même ce que je fais de mieux. Et  ça marche, le dragon se réveille de sa torpeur, il est tout émoustillé, je suis même à deux doigts de crier victoire… mais l’entrée en scène du préservatif vient saloper tout le boulot… Ah ouais, je l’avais presque oublié celui-là, ça aurait été trop simple…

A ce moment précis, je me mets à souhaiter ardemment (et égoïstement) qu’il ait la bonne idée de m’offrir un orgasme par d’autres biais, ce serait dommage que nous soyons deux à être déçus, non ? Ça, c’est un peu pile ou face en fait ! Parfois le mec ne voit pas du tout pourquoi il nous ferait ce plaisir alors que la bête a décidé de faire de la figuration. Faut pas déconner non plus !

« Ben juste parce que parfois, nous non plus on ne peut pas se servir de ce qui est le plus immédiatement évident et qu’on ne vous laisse pas en rade pour autant… Ah c’est pas pareil ? »

Ah bon.

Là il faut reconnaître que l’excitation est un peu tombée, voire complètement… J’essaie tout de même de dédramatiser parce que je le sens le poids de l’humiliation qu’il se colle sur le dos.

–                Mais t’inquiète, je fais ça à tous les mecs la première fois… Paraît que je

suis intimidante.

–                Ah ouais c’est ça hein… Je voulais te le dire justement…

–                Euh je déconne là… Ça faisait super longtemps qu’un mec…

–                C’EST BON, ÇA VA !

« Mais faut la fermer dans ces cas là Marla » m’avait un jour confié un de mes interlocuteurs préférés en matière de cul. Il avait continué : « Moi, ça ne m’arrive jamais (Evidemment !), mais en parler c’est la meilleure façon de nous mettre le nez dedans. »

« Mais alors on dit rien, c’est ça ? »

« Si, mais tu parles de tout sauf de ça… »

Okay…

Résumons :  Ça n’arrive à personne sauf à moi et aux quelques types qui ont partagé cette expérience inédite avec moi. Et il faut parler de tout autre chose….

–                   Sinon tu l’as vu le documentaire polémique sur Israël et la Palestine sur France 2 ?

–                   Humpf…

Aaah ! Ce moment unique où on entend la moindre mouche voler, les gargouillis de nos estomacs repus d’alcool alors même que l’ivresse de nos sens (et l’autre aussi) nous a complètement désertés !

Ceci dit je remarque souvent que c’est lorsque on a abandonné tout espoir d’une soirée de cul frénétique, que sur le pas de la porte ou sur le point de s’endormir, la magie s’opère.

–                Euh c’est quoi ce truc dur contre mes fesses ? Mais tu…

–                Chuuuut…

–                C’est que moi là tout de suite, j’ai plus tellement envie…

Y a pas à chier, c’est mystérieux une érection, presque autant qu’une libido féminine…