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Le double effet kiss cool

4 Avr

Nous avons tous un point commun avec Rachida Dati. Si si ! Je sais c’est dur à avaler mais je viens de me faire une raison en regardant cette interview toute pourrie, moi aussi j’en ai un : Je ne suis pas cool !

J’irai même plus loin, je me targue de ne pas l’être. Parce que, soyons un peu précis, ça veut dire quoi exactement cool ? Si je m’en réfère à la définition du dictionnaire Larousse 2010, il s’agit d’un anglicisme signifiant détendu, à l’aise, décontracté. Peut-on maintenant m’expliquer quelle fierté peut-on tirer à posséder ce genre de caractéristiques. Quand je suis en vacances, quand je partage un diner avec mes amis, ou que je viens d’être l’objet d’un coït fabuleux, je me sens « détendue », mais y a-t-il raison de m’en féliciter… ?

Là tout de suite vous vous dites soit :

1/je suis née avant 1955

2/Je suis une abrutie finie

3/Je fais dans la provoc

Évidemment je sais que dans le langage courant, cool recouvre tout un tas d’autres aspects.

Quelqu’un qui a le petit truc en plus pour se faire aimer d’une grande majorité : cool

Quelqu’un qui est au fait de la dernière tendance, du dernier endroit où il faut être vu et qui a mis sa langue dans la bouche d’une star sortie tout droit de secret story mais passons : cool

Quelqu’un qui prend la vie uniquement du bon côté et zappe les gens et les choses qui ne vont pas dans son sens n’en valent pas la peine: cool

Quelqu’un qui déteste le conflit, brosse tout le monde dans le sens du poil, préfère vous dire oui plutôt que de vous voir faire la gueule : cool

Alors non, je ne suis pas cool, parce que je n’ai aucun problème à  m’engueuler avec quelqu’un si je ne suis pas d’accord avec lui et parce que si parfois j’élève la voix, je ne suis pas pour autant chieuse, intolérante ou hystérique… passionnée à la rigueur.

Je ne suis pas cool parce que c’est vrai que ça me tape sur le système quand on me met systématiquement vingt minutes de retard dans la vue à chaque rendez-vous, mon temps m’appartient et  personne n’est autorisé à en disposer à ma place.

Je ne suis pas cool parce que je préfère un diner avec deux trois amis plutôt que de me mélanger à une foule d’anonymes que j’étreins chaleureusement parce qu’elle fréquente le même endroit que moi et que je collectionne sur mon Facebook comme on ramasse les pièces jaunes dans un vide-poche.

Mais finalement c’est quoi ce mot fourre-tout qui remplace la richesse non négligeable de notre belle langue ? Juste un mot incontournable qui signifie à lui seul consensuel, novateur, insouciant et je-m’en-foutiste ?

Non, c’est une vaste fumisterie à l’usage de ceux qui n’appelle pas un chat, un chat.

Être cool, c’est aussi être l’égoïste pernicieux qui pour son petit plaisir perso va mettre sans vergogne notre bien-être au second plan. C’est la bonne copine qui va squatter nos draps avec son amant sans même les mettre dans la machine à laver après ses cochonneries ébats, le collègue qui passe le tiers de son temps à se tripoter la nouille à fumer des clopes pendant qu’on fait son taf, le mec qui oublie d’appeler parce qu’il s’est bourré la gueule avec des potes s’est endormi devant la télé… mais qui comptent sur leur sourire pour se faire pardonner, comme si c’était un dû. La liberté des uns s’arrête définitivement là où commence celle des autres !

C’est aussi à mon sens manquer d’aspérités, de failles ou simplement de caractère ou pire, ne pas les assumer plutôt que de risquer l’hostilité.

Être cool c’est finalement être faible, parce que ce sont justement ces petits bleus à l’âme et l’attitude qui en résulte qui font à mes yeux la valeur des gens qui comptent…

De là à dire que le seul fait de ne pas l’être, fait d’une personne quelqu’un de forcément fréquentable, excusez-moi Rachida, mais ça ne va pas être possible…

Comment j’ai rencontré Dora

16 Déc

École de commerce en bout de ligne de RER

Des post-ados qui se foutent des polos en bandoulières pour se sentir exister et se reconnaitre entre eux

Une odeur à mi-chemin entre la bière de la veille, le tabac froid, et le froid tout court

Autant dire que j’étais loin de mon ancienne Université germanopratine dans laquelle j’avais passé 5 ans, de ses cafés Parisiens, de son jardin intérieur, et de sa vie culturelle (i.e les bars).

J’étais perdue et triste au milieu d’une foule de gens super contents d’être là.

Je m’assois en cours d’économie. J’avais fait plus ou moins en sorte d’être avec des gens que je connaissais. Une nana notamment.Je ne savais pas grand chose d’elle à part :

  • qu’elle m’avait déjà virée de ses friends Facebook une fois,
  • qu’elle avait le verbe / mail laconique,
  • qu’elle était super forte en cours
  • et qu’elle ne mettait jamais de jupes trop courtes ou de pantalons trop serrés ou de décolletés dont on voit le nombril.

J’étais donc d’ores et déjà plus ou moins convaincue qu’elle ne pouvait et ne pourrait pas me piffrer, qu’elle avait la pire image de moi et que notre relation se limiterait à ses 30 heures d’économie. Cela dit, c’était la seule nana que j’avais envie de connaître.

Les premières heures se passent. Aussi timide que moi, le contact est un peu long mais d’autant plus sincère. Et puis au fur et à mesure les visages s’éclairent, je suis contente d’arriver dans cet espèce de pénitencier de zone 5 et de parler avec cette fille.

J’en viens même à lui faire des confidences. J’avais lâché un Homme dont j’étais folle pour qu’il revienne (normal), il n’était jamais revenu (bien fait pour ma gueule), et du coup je m’envoyais une sorte d’Apollon sorti de nul part, chirurgien esthétique, une sorte d’avatar de Nip&Tuck en plein 5ème arrondissement. Le mec était b e a u, brillant, avait un appart canon, on s’entendait bien, ça faisait des mois, et je n’avais pas la plus petite once d’attachement pour lui. Et je lui racontais. Je ne me suis pas sentie jugée, et elle aussi s’est ouverte.

Vers la fin des 30 heures d’agonie (qu’on se le dise, le cours était mortel), cet Homme que j’avais tant aimé s’est affiché avec une greluche sur Facebook. Choc. Je finis habillée à pleurer au fond de ma baignoire remplie d’eau froide (je ne lésine jamais dans le drama). J’étais restée un an avec Lui et Il m’avait presque planqué auprès de ses amis. Et là je vois une espèce d’anorexique bobo in a relationship avec lui, comme ça du jour au lendemain devant tout le monde… Le sol s’était dérobé sous mes pieds. J’avais l’impression d’être au bord d’une falaise et que le vide m’attirait. Le néant.

J’envoie un message rapide par mail à Dora et m’enfonce toute seule. L’impression que je ne m’en remettrai jamais, que c’était Lui et personne d’autre et qu’à part me noyer dans mes pleurs, il n’y aurait rien pour atténuer ma peine.

Et cette petite nana m’appelle, me ramène chez elle. Je passe l’après-midi à travailler (car Dora a des priorités. Vivre un gros chagrin d’amour ne doit pas empêcher de valider la finance par exemple). On goûte. On se fait belle, et on part faire la fête. Elle veille à ce que je boive suffisamment pour que ce soit un peu trop. On voit plein de gens. On s’amuse. Elle me ramène assez défaite chez elle et me couche.

1 mois après, je reprenais ma vie d’avant cet Homme. Je recommençais à sortir un soir sur 2, je recommençais à me sentir heureuse, à rencontrer des gens, à rencontrer des hommes et à revivre.

Je ne sais pas comment elle a réussi à me faire passer d’un état de léthargie et de désespoir à celui de fille légère. Mais je pense que le fait de savoir que je ne suis plus seule m’a beaucoup aidé.

Merci ma petite Dora.

Se taper du twitto

19 Sep

Et s’en repentir.

Le Twitto est assez facile à appâter. Généralement, même pas besoin de se manifester. Si tu tweetes des trucs laissant entendre que tu es seule, que ton avatar est une photo de toi (ou presque) pas trop dégueu et que tu es pleine d’humour, normalement, passé les 200 followers, il y a  toujours une bonne âme pour se dévouer.

Avec plus ou moins de tact, certes (j’ai même reçu un DM « Qu’est-ce que tu dirais de passer une nuit avec un inconnu rencontré sur Twitter ?« ), mais dans l’ensemble, s’il y a quelque chose qu’on peut particulièrement apprécier chez le Twitto, c’est qu’il ne manque pas d’initiative.

Une autre grande qualité de ces mecs, c’est qu’ils sont d’une discrétion incroyable sur le réseau (sauf exception du type @xoxob et @jesuisunblog). En tant que Twittasse, je ne me suis jamais mentie, je sais que ce n’était pas tant pour protéger notre petit jardin secret, que pour se laisser ouvert à d’autres opportunités… Mais qu’importe, j’apprécie par dessus tout la discrétion, tant sur Internet qu’en vrai. Du coup, comme personne ne le sait, c’est excitant. Tu es là, tu twittes, il twitte, vous avez pas mal de gens qui vous suivent tous les 2, voir qui vous connaissent IRL, et PERSONNE ne sait que vous faites des choses sales 3 fois par semaine, oui c’est grisant.

Et puis, les mecs de Twitter, ne nous voilons pas la face, ont peu de mystère une fois qu’on a couché avec. Un coup d’œil sur leur TL, et hop, vous savez à peu près où ils sont, où ils picolent, où ils dépriment et avec qui. C’est quand même plus facile que les mecs normaux qu’il faut APPELER. Là, c’est vite fait, ni vue ni connue.

Là où ça se complique, c’est quand ça devient sérieux. Enfin, quand c’est devenu un peu sérieux et que c’est la fin. Ce n’est pas tant que Twitter peut alimenter une certaine parano (« Est-ce qu’il serait pas en train de s’envoyer cette pute de @annaminou ?  » / @annaminou, rien contre toi, sur ta simple demande, je remplace ton pseudo par un autre de ton choix), mais c’est surtout que quand tu veux oublier quelqu’un, Twitter c’est la MORT.

Tu peux le bloquer de ton Gtalk en douce quelques temps.

Pour Foursquare, c’était l’excuse que tu attendais pour lâcher ce réseau moribond.

Tu peux le virer de ton newsfeed sur Facebook, ce qui est plus recommandé que de le virer de ses amis pour 2 raisons évidentes :

  • il risquerait de s’en apercevoir et de croire que tu tenais vraiment à lui
  • il risquerait de ne pas être le témoin de cette soudaine nouvelle vie formidable que tu vis sans lui avec plein de photos de toi trop bonnasse

Mais sur Twitter, c’est niqué. Soit il a un profil public, et là que tu le suives toujours ou pas, tu vas mater sa TL plus souvent qu’il ne la mets à jour. Soit il a un profil privé, et c’est dilemme. L’unfollow n’est pas sans conséquence puisque tu ne pourras plus jamais l’espionner (et que là encore il va se rendre compte que tu l’as unfollow et croire que tu tenais à lui, ce que tu redoutes par-dessus tout). Continuer à le suivre, c’est continuer à le voir faire irruption dans ton espace détente alors que tu ne le trouves plus du tout divertissant.

Et à part se trouver une passion pour les endroits sans 3G ou se souler trop fort pour se trouver un nouvel objet de convoitise, il y a peu de solutions.

Comme m’a dit un jour un mec dont Twitter est le champ de tirs de prédilection « le problème c’est qu’après t’es obligé de suivre les meufs et y en a qui sont vraiment relou« . Il me suit toujours. Bref.

Se taper du Twitto, et s’en repentir, surtout.