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A l’aveuglette

8 Août

Les petites filles adorent se faire peur… Les grandes aussi.

Je ne te connaissais ni des dents, ni des lèvres, pourtant nous avions très vite échangé une étrange intimité à travers une relation épistolaire torride où nous nous vouvoyions à dessein. Tu habitais loin, le jeu risquait de ne se cantonner qu’à des mots pendant très longtemps.

Et puis tu es venu à Paris. « Un rendez-vous d’affaires » disais-tu, qui pouvait se prolonger en ma compagnie. Je ne suis pas née de la dernière pluie, et sais comme le passage du virtuel au réel peut être brutal. Je décidai donc de te retrouver dans la chambre coquette d’un hôtel, les yeux bandés, offerte à toi, sans jamais te voir.

Cinq minutes avant d’arriver tu m’avais appelée pour me prévenir. J’avais couvert mes yeux d’un foulard de soie et avais attendu sagement assise sur le lit, le corps paré d’une dentelle poudrée et d’escarpins noirs. Ces cinq minutes, c’est mon cœur chamade qui en a fait le décompte tant l’excitation pulsait dans mes tempes, tant l’appréhension gonflait dans ma gorge sans y avoir été invitée.

La porte s’est ouverte et j’ai entendu tes pas discrets sur le sol carrelé, le bruit de la veste que tu as retirée, j’ai senti l’effluve léger de ton eau de toilette, fraîche, masculine, inconnue. Tu t’es penché, tu as posé tes lèvres sur mon cou et tu es remonté jusqu’à mes lèvres et l’effronterie de ton baiser m’a retourné les sens. Quand tu as cessé, tu es venu chuchoter à mon oreille :

« Bonjour mademoiselle, vous êtes vraiment ravissante… »

J’ai ri un peu nerveusement, de tes mains expertes tu as saisi mes hanches et tu m’as fait glisser sur le couvre-lit et tu es parti à la découverte de mes secrets. Comme une captive dont la privation de la vue retire toute initiative, je me suis laissée faire, lascive.  D’un geste sûr tu as m’as débarrassée de mon écrin de dentelles et j’ai senti tes doigts me fouiller avec la précision d’un orfèvre, tes lèvres et ta langue me manger comme un fruit. Tandis que je me tortillais comme une anguille, la perception de tous les sens qui me restaient, en était décuplée.

Parfois j’essayais de reprendre le contrôle de la situation, je n’ai pas l’habitude de me laisser faire sans riposter, mais tu ne m’en as pas laissé la possibilité. Tu faisais claquer ta langue sur ton palais en signe de désapprobation et continuais ton œuvre, oserais-je dire « bienfaitrice » ?

Ton autre main à plat sur mon pubis pour m’immobiliser, tes doigts sont devenus plus invasifs et ta bouche plus audacieuse. Le fourmillement de mes reins s’est fait plus intense et puis j’ai eu une impression soudaine de silence avant la tempête, comme une pause avant que mon plaisir ne jaillisse comme un allegro forte qui m’a laissée le souffle coupé quelques minutes sur le flanc.

Tu es remonté à ma hauteur et tu m’as soufflé :

« Remettez vous ma chère, je n’en ai pas terminé avec vous ! »

En m’accusant de tricher, tu as réajusté mon bandeau alors que pour rien au monde je n’aurais voulu pêcher par curiosité. Tu m’as fait rouler sur le ventre et placé un oreiller pour surélever ma croupe. Puis tu as écarté mes cuisses. A cet instant, je me suis sentie offerte, impudique et chienne, frissonnant et jubilant que tu devines mes attentes sans avoir besoin de te les dire.

Tu as joué quelques instants en caressant ma fente frémissante du bout de ton épée et puis tu m’as fendue impudemment, sans demander ton reste. Chaque assaut était la promesse d’une volupté croissante,  je t’accompagnais ondulante, parfaitement à l’écoute du rythme que tu m‘insufflais, titillant de concert mon petit bouton électrisé. Je me sentais pleine de toi, habitée, ravagée. Tu ne m’as pas lâchée jusqu’à ce qu’un orgasme explosif vienne me déchirer les entrailles.

Nous sommes restés là, emboités, sans parler, une éternité, peut-être deux. Et quand exsangue je t’ai senti approcher ton visage du mien et me souffler :

« Voulez vous me voir à présent… »

Je n’ai pas répondu tout de suite. Je connaissais tes mains, ta bouche, ta queue, avais-je vraiment envie d’y mettre un visage ? J’ai finalement acquiescé et quand la lumière jaune de l’été eut fini de m’éblouir j’ai plongé dans tes deux jolis lacs bleus qui me fixaient.  Après ça, comme un cliché, nous nous sommes tutoyés…

Les petites filles adorent se faire peur, mais elles aiment aussi que les histoires se terminent bien… Les grandes aussi.

Viens voir le docteur…

7 Fév

Vous avez surement déjà entendu l’adage selon lequel il faut toujours avoir un médecin, un avocat et un plombier dans sa famille ? En ce siècle où la notion de « famille » devient de plus en plus floue, il faut pouvoir capitaliser un maximum sur son propre réseau.

Il faut donc avoir eu un amant médecin, un avocat et un plombier.

Aujourd’hui nous évoquerons le cas du médecin, et plus précisément, celui du chirurgien esthétique.

Le premier abord est difficile. Se foutre à poil devant un chirurgien esthétique, c’est un peu comme inviter un restaurateur à bouffer chez soi. On se demande s’il ne va pas nous ausculter la culotte de cheval en levrette (je dis ça mais j’en ai pas hein), quand il nous caresse la peau, on se dit qu’il va y voir des trucs que personne ne voit (mélanome ? cellulite ? une bonne peau pour cicatriser après un coup de bistouri ?)

Passé ce moment de stress (moi je vous conseille de conclure à 4 grammes, ça détend toujours), on se rend compte que c’est finalement comme tout le monde, il va sur YouPorn, il trip sur les bas et il n’a pas particulièrement envie de s’envoyer Loana.

Dès lors vous pouvez vous concentrer sur les multiples avantages que vous offre ce nouvel amant :

1.       Il sentira le moindre truc louche dans vos boobz, et repèrera le moindre grain de beauté tendancieux ;

2.       Il ne vous fera jamais mal (à moins que ça l’excite, là c’est pas de bol) : la chair c’est son métier, il en tripote toute la journée, il sait lire sur vos muqueuses presque mieux que sur votre visage ;

3.       Ce n’est pas une lopette. J’ai eu un coloc qui manquait de défaillir à l’évocation des menstruations. Avec un chirurgien vous êtes tranquilles. Il n’a pas peur du sang et a vu de toutes les manières des trucs 20 fois plus dégueulasses dans la journée ;

4.       Il se couche tôt. Contrairement à  nous tous, il a un vrai métier stressant. Pendant qu’on chiale parce que le coursier a paumé un BAT ou que les actions de l’Oréal se cassent la gueule parce que l’ancien amant de M. Bettencourt vampirise sa veuve, il y a des gens qui ont leur mains dans des corps plein de sang. Pas de faux-semblants, tu dois être en forme. Du coup, quand vous dormez chez lui, vous n’êtes pas décavée pendant 3 jours ;

5.       Quand il vous fait un compliment sur votre corps, vous ne l’avez pas volé. S’il vous dit que vous avez des fesses magnifiques, rappelez-vous qu’il passe ses journées à mater des culs et que c’est un EXPERT qui vous dit ça. Le chirurgien esthétique est un boosteur d’ego incroyable.

Last but not least, il peut vous faire des arrêts maladie (essayer quand même de taper dans autre chose que du plasticien si c’est votre objectif)

Le seul désavantage (et encore, ça donne un petit côté « je vis dans un épisode de Grey’s Anatomy » qui n’est pas si déplaisant) c’est qu’un chirurgien, ça bosse énormément, et même quand ça a l’air de pas bosser, on peut l’appeler à tout moment. C’est excitant 2 secondes, mais en plein coït, c’est relou.

Mais bon, vous devez accepter que c’est le prix à payer quand vous faites des trucs avec un super mec.

Pour ceux à qui ça manquait :

Fuck me but not twice…

4 Fév

Ne rêvons pas ! La probabilité pour qu’un ex qui nous a trainée dans la boue nous donne l’occasion de lui rendre la tarte qu’on s’est prise est relativement rare et c’est souvent quand on ne l’attend plus d’ailleurs que le bâtard le type en question se pointe, la bouche en cœur, avec derrière la tête, la vague idée de se vider les couilles prendre de nos nouvelles.

Attention je ne parle pas du mec avec qui on n’a pas réussi à passer au niveau supérieur à cause d’incompatibilités d’humeur ou parce que les sentiments n’étaient pas du même tenant. Je parle de la raclure, de l’enfoiré, du crevard du type qui a profité de notre petit faible pour nous prendre pour une conne manipuler.

C’est pour cela que lorsque ce moment béni se présente il convient de s’en délecter et de ne pas rater son coup. Ne pas se leurrer, si ce connard cher amour se souvient soudain de notre numéro de téléphone après six mois d’absence, ce n’est pas parce qu’il éprouve des remords mais surement parce qu’il se trouve à un moment critique de sa vie où il a besoin de se rassurer sur sa séduction, et quoi de mieux que la pauvre gourde chouette fille que nous sommes pour lui regonfler l’Ego. Je vous épargne l’évidence de s’habiller de façon à mettre tous nos atouts en valeur, sans être ostentatoire, une jupe trop courte ou un décolleté tapageur pourrait lui laisser supposer qu’on est morte de faim et qu’on cherche à le séduire à nouveau.

Même si on crève d’envie de lui balancer à la gueule que c’est un pauvre type qui nous a presque donné envie de rentrer dans les ordres après notre rupture, ou de devenir lesbienne, se montrer magnanime et détendue. Laisser venir la bête sans impatience, et elle viendra car si on lui a permis de nous voir, elle se croit déjà autorisée à presque toutes les libertés.

Feindre de s’intéresser à lui, à ce qu’il est devenu, montrer de l’empathie quand il nous raconte ses petits malheurs et ses grandes remises en question (sic). Ce n’est pas compliqué d’ailleurs puisque de toutes façons il ne sait que parler de lui. Et lorsque, mis en confiance, il nous déclare qu’il ne pense qu’à nous prendre en levrette n’a jamais vraiment réussi à nous oublier, c’est le moment de répondre calmement :

« Tu sais, quand je t’ai connu, je me cherchais vraiment et je serais tombée amoureuse de n’importe qui… Je voulais savoir ce que tu devenais, mais je réalise que tu as épuisé le reste d’intérêt que j’avais pour toi. Je suis contente que tu aies l’air plus apaisé, mais je pense que c’est mieux si tu en fais profiter quelqu’un d’autre. »

Il y a fort à parier que nous n’ayons plus jamais de nouvelles de ce rebut de la gent masculine mais après tout, ça ne changera pas grand chose et ça a le mérite de soulager…