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Bestiaire

23 Oct

On ne part pas faire un trek dans la jungle sans un minimum de préparation.  On lit beaucoup, on achète des trucs indispensables comme des kits de survie ou des repas lyophilisés (on ne tue pas une gazelle tous les soirs pour le diner, hein !). Bref on essaie de jalonner un tant soit peu cette aventure pour éviter un maximum de désagréments…
Quand on s’engage dans la jungle des rencontres, on ne s’arme pas de grand chose : un peu de bagou, beaucoup de sourires et quelques petits signes plus ou moins conscients qu’on envoie pour dire : « Hé mec, je suis disposée à faire un tour de grand huit avec toi, et tous les manèges de la fête foraine si affinités ».
Sauf que… sur le chemin on rencontre quelques spécimens qui sont au mieux horripilants, au pire carrément toxiques. Petite liste non exhaustive des bébêtes à éviter.

Quand on tombe sur l’homme colibri on est stupéfaite, comme lorsqu’on aperçoit l’oiseau homonyme. On le rencontre au détour d’une soirée ou d’une exposition au musée Rodin, il est charmant, volubile, et pas la moitié d’un con, ce qui ne gâche rien. Le truc c’est qu’il a la faculté de nous faire croire qu’on est exceptionnelle : jamais avare de compliments raffinés, ni d’une galanterie quelque peu surannée parfois… mais il est tellement craquant ! Ce qu’on prenait pour de la délicatesse au début commence à irriter au bout de quelques semaines. Il est présent, toujours près à nous mettre les sens en émois avec quelques textos dont il a le secret mais très vite on constate qu’en présence, la carte du tendre nous laisse un peu sur notre faim. On voudrait du concret, du charnel, bref on voudrait sa bite ! Et c’est là que les choses se corsent… comme on est une fille bien élevée (en tout cas, on l’a été un jour ou l’autre), on s’essaie aux allusions à double sens, on suggère un rapprochement en posant la tête sur son épaule lors d’un éclat de rire. Parfois en guise de mise en bouche on a le droit à un baiser passionné juste avant qu’il nous quitte mais rien de plus. On finit par être plus directe, se fourvoyant même à lui dire un J’ai très envie de toi qui nous fait monter le rouge aux joues devant l’air embarrassé qu’il prend en disant :
« Je pensais que nous deux c’était beaucoup plus qu’une histoire de cul… ça me déçoit un peu. »
Là on se dit au choix qu’on est une grosse salope animée par un désir inapproprié face à un mec aussi délicat, ou qu’il a quelqu’un dans sa vie ou pire, qu’il est gay et qu’il ne le sait pas encore. Quoi qu’il en soit, on se remonte le moral et la patience à coup de séances masturbatoires de plus en plus rapprochées. L’histoire se terminera le soir où un peu enivrée et n’en pouvant plus d’attendre un dénouement charnel, on sautera sur le malheureux sur la banquette arrière d’un taxi et qu’il nous repoussera (non sans mal) en nous balançant un cuisant :
« T’es vraiment pas bien toi ! »

Heureusement (du moins, le croit-on), on rencontre peu de temps après l’homme bonobo. Est-ce un heureux hasard ou simplement la logique des choses ?  Celui là est tout sauf frileux. Tout sauf délicat également… C’est un jouisseur, c’est d’ailleurs comme ça qu’on le définît auprès de nos amis quand on parle de lui. Il aime boire du bon vin (un peu trop), faire la fête (jusqu’au coma) et le sexe avec lui est explosif. On révise avec lui notre Kâma-Sûtra entre midi et deux en semaine, on étrenne les chiottes des boites les week-ends, on baise partout, et il nous trouve bandante même en jogging pouilleux et la gueule à l’envers le dimanche. Il y a d’ailleurs fort à parier qu’on écope d’une cystite ou autre irritation bénigne à cause de sa frénésie inextinguible. D’ailleurs, quelquefois on se demande si c’est vraiment nous qui le mettons dans cet état d’excitation constante ou une avidité nerveuse, la même qui lui fait vider son litron de Saint Estèphe 2005 parce que nous avions trente minutes de retard… Avec lui on parle peu, d’ailleurs on s’en rend compte le jouroù nos règles débarquent inopinément pendant un week-end à la campagne, et qu’il tourne en rond comme un lion en cage. On se sauvera parce qu’on sent bien que sur le long terme on ne tiendra pas la route à ce rythme et que ça commence à couter cher en petites culottes déchirées. On ne peut se résoudre à les acheter en lots chez Carrouf pour le bonheur de monsieur…

Quelques temps plus tard, et après avoir laissé reposer la bête (on ne sort pas indemne de ce genre de rencontres), on se surprend à avoir des envies de sensibilité. Et il se peut qu’au détour d’un chemin on tombe sur l’homme paresseux, pas l’adjectif, l’animal. Il nous touche tout de suite avec son air mélancolique et ses yeux toujours un peu humides. Il faut dire qu’il en a chié le pauvre, il a vécu le supplice avec une affreuse qui lui a brisé le cœur en mille morceaux, qui s’est essuyé les pieds sur son ego et la laissé exsangue sur le bord de la route. Et nous (pauvre idiote), on a bien l’intention de le rafistoler. Ce qu’on ignore, c’est qu’au fond, tout au fond, derrière son sourire fragile et son regard perdu, il y est encore et n’a pas du tout envie de l’oublier cette histoire. Alors on sort des trésors de gentillesse, de bons mots et l’armada de nos talents cachés pour qu’il retrouve la joie de vivre (et accessoirement les yeux secs, parce que ça va cinq minutes les mirettes embuées). Avec un peu de chance, il aura la présence d’esprit de ne pas crier son nom à elle au moment de l’orgasme, et on ne tombera pas sur sa photo qu’il utilise comme marque page pour son agenda. Coup de bol parce que l’ex en question nous ressemble furieusement. En revanche, il se peut qu’un matin, après quelques mois,  il nous balance : « J’ai appris qu’elle était à nouveau célibataire, je ne peux pas vivre sans elle, je veux me donner une chance de la reconquérir… ». Ou que plus heureusement on comprenne que ce regard dans le vague qu’on prenait pour de la richesse intérieure nous apparaisse tel qu’il est… une absence totale de densité.

Ce n’est pas le cas de l’homme Lynx. Il est beau et s’il ne l’est pas, il est brillant ou a une allure folle. On le remarque dans tous les cas. D’ailleurs on s’étonne presque d’avoir retenu son attention en grande fille toute simple qu’on est… Il a la plupart du temps une situation professionnelle et surtout financière enviable, ce qui nous change la vie même si on met un point d’honneur à rester autonome. Généreux il nous couvre de cadeaux. Des vêtements bien coupés toujours près du corps, des bijoux ostentatoires, de la lingerie fine, des diners dans des restaurants qui pètent et des nuits dans des hôtels qui claquent… Il nous conseille de nous coiffer comme ceci, de sourire comme cela, il nous offre même un parfum qu’il adore, à nous qui portions le même avec une fidélité sans faille depuis près de dix ans. Il est très attentif, la preuve, il remarque chez nous la moindre variation de poids de 500 grammes et lorsque le vernis de nos ongles s’écaille ! Il a même réussi à nous convaincre que quand nous nous exprimions avec un peu de passion pour défendre notre point de vue, nous étions agressive et insortable. Nous ne serons ni la première ni la dernière à essayer de lui couper les couilles, non mais !
Peu à peu on s’éteint, on s’écrase, on disparait. Il nous a fait une petite place dans son agenda de ministre, entre ses rendez-vous pro (un métier où on vend du vent, mais avec lequel on gagne un salaire à cinq chiffres au moins) et ses nombreuses activités sportives et il faudrait s’estimer contente. Côté sexe, c’est lui qui décide, comme pour le reste d’ailleurs… Si on prend notre plaisir dans cette position, il ne voit pas pourquoi on devrait varier les plaisirs !  Au bout de quelques mois, voire quelques semaines, on ne se reconnaît plus. D’ailleurs il nous fait remarquer qu’on est devenue lugubre, ce qui aide beaucoup à reprendre du poil de la bête. Avec un peu de chance il y aura probablement une bonne âme pour nous ouvrir les yeux, si on n’a plus la lucidité nécessaire pour voir qu’on est devenue un accessoire de plus dans sa garde-robe, pas beaucoup plus important que sa cravate préférée.

C’est là qu’on peut tomber sur l’homme caméléon. Celui-là n’est pas méchant, disons plutôt collant. Au début, on ne se méfie pas, l’approche est discrète… On peut même penser que le garçon nous envisage simplement comme amie. Il nous a écoutée, il nous a observée sous toutes les coutures, il nous a sentie, il nous connaît presque sur le bout des doigts. Quand il se déclare, il joue sur l’effet de surprise et c’est là qu’il est fort. On ne l’a pas vu venir et on se dit « pourquoi pas ? ». On ne comprend d’ailleurs pas pourquoi on ne l’a pas remarqué plus tôt, ce type là, il a tout compris à notre personnalité complexe, il anticipe chacun de nos désirs et même si ce n’est pas tout à fait le cas, il sait parfaitement nous persuader du contraire. Il nous adore, il nous adule et s’intéresse à tout ce qu’on aime. Au début c’est plaisant, flatteur même qu’il s’extasie sur notre gout très sûr en matière de musique, de films au point de recopier entièrement notre disque dur dédié à cet effet. En public il nous mange des yeux, en privé il est même charmé par le bruit de notre jet d’urine sur la faïence de la cuvette des chiottes. Il peine à rentrer chez lui le dimanche soir quand on veut un peu de solitude et prend un air de victime, quand désireuse de souffler un peu, on lui annonce qu’on part deux jours en week-end avec notre meilleure amie. Il revient un soir arborant un tatouage similaire au nôtre, ou pire, notre prénom dans un cœur sur l’omoplate droite… Il ne dit plus « je » mais « nous » en permanence, ce qui évidemment fait fondre notre mère qui le trouve « tellement mieux que tous les ratés » qu’on lui a ramenés avant. On ne baise pas avec lui, « on fait l’amour » et c’est d’un chiant absolu… Il susurre des mots tendres avec tellement d’intensité qu’on a l’impression d’assister à une sorte de communion solennelle.  D’ailleurs pour atteindre l’orgasme on finit par repenser à l’homme bonobo et ça, ce n’est pas bon signe ! Comme c’est un mec bien, notre mère nous le répète assez, on a un mal fou à le quitter. On finira par faire un truc bien abject pour descendre du piédestal où il nous a perchée parce que c’est la seule solution pour cet homme qui nous vénère jusqu’à nos travers les plus insupportables. D’ailleurs quand il sort de notre vie, c’est pour toujours. Il y a fort à parier qu’on le retrouverait entiché d’une autre femme, dans la personnalité de laquelle il aurait fondu et qu’on le reconnaitrait à peine…

S’il est une rencontre dont on se passerait bien, c’est celle de l’homme mygale. Pourtant quand il entre dans notre vie, on le trouve drôle, franc du collier, simple. Enfin un mec qui dit ce qu’il veut, qui ne promet pas la lune, qui affiche son gout immodéré pour les femmes et ne s’engage qu’à une chose, nous envoyer au septième ciel ! Il le fait relativement bien d’ailleurs, même si on a la vague impression qu’il applique une mécanique bien huilée, inspirée le plus souvent des nombreux pornos qu’il a matés. Il avait prévenu qu’on serait une parmi d’autres, qu’il ne tomberait pas amoureux et pourtant c’est lui qui commence à verser dans la confusion des sentiments. Il lui prend des envies de tendresse, de passer une nuit avec nous alors qu’il mettait un point d’honneur à ne jamais dormir avec ses maitresses. Comme une gourde, on s’imagine qu’il est en train de changer, et que nous sommes même à l’origine de cette métamorphose et on se surprend à envisager la relation autrement. ERREUR ! L’homme Mygale ne change pas, il entame la deuxième phase de jeu, le tissage de sa toile. Parce que sous ses airs légers et amateur de chair, rien ne lui plait plus que d’avoir une cour de groupies transies d’amour pour combler son insatiable besoin de reconnaissance en matière de virilité. D’ailleurs il sait souffler le chaud et le froid avec une maestria redoutable… Quand on tente de s’échapper, il n’a pas son pareil pour se montrer délicieux et attentif, en revanche si on se laisse aller à quelques démonstrations affectueuses, il joue la carte du mec infréquentable auquel il ne faut surtout pas s’attacher. Mais enfin ! Il n’a rien à se reprocher, il nous avait prévenue depuis le début ! Sauf que voilà, c’est trop tard, il y a quelque chose chez lui qui nous attache. Certainement les moments où il nous a raconté son enfance tyrannisée par un père militaire trop sévère ou traumatisée par une mère alcoolique ont touché la corde sensible qui fait de nous des connes irrécupérables parfois… On se dit qu’il y a du bon dans cet homme, qu’on lui souhaite d’être en paix avec lui même. Il nous fait vivre la misère, nous pourrit nos bon moments sans lui, continue à voir ses autres femmes mais exige l’exclusivité. Et on l’excuse… Et on obtempère… On obtempère jusqu’au jour où même notre propre reflet dans notre miroir nous fait gerber, où chaque cerne est un souvenir de larmes versées dans le noir et où le terme « pli d’amertume » prend toute sa signification. Il est toujours temps de fuir même si on n’a rien gagné dans l’histoire.

Tout cela ne serait pas un voyage complet sans l’homme Hyène. Celui-là a un sixième sens, pas ce qu’on appelle l’intuition mais l’art de renifler à des kilomètres à la ronde les éplorées, les fragilisées, les abimées. Rien ne le met plus en joie que d’en trouver une pour la remettre sur pieds. A priori, ça part d’un bon sentiment me direz vous… On le prend d’abord pour un sain ou un passeur au choix : draguer une fille aux yeux bouffis par le chagrin ou sous antidépresseurs n’a rien d’une sinécure, et on est reconnaissante d’être regardée autrement que comme un cas désespéré. Peu à peu on reprend des couleurs. Lui en revanche semble presque regretter ce moment béni où il nous a recueillie comme un oiseau tombé du nid. Il a la fâcheuse habitude de vous rappeler les moments gênants où il a su vous dire les bons mots, eu les bons gestes pour nous sortir de la fange où on s’était embourbée. Il adore dire « Si tu l’avais rencontrée quand je l’ai connue… », aux amis qu’il nous présente. Quand on lui en fait la remarque il nous fait comprendre à demi mot qu’on est une ingrate. Il devient d’ailleurs foutrement désagréable quand on parle d’autres personnes qui nous rendent heureuse. Comment peut-on se permettre de lui enlever son rôle ? Comme la théorie des vases communicants, il sombrera dans une profonde déprime au moment où on en sortira complètement et avec un peu de chance, nous traitera « de salope égoïste » le jour où on partira, épuisée d’essuyer d’incessantes remontrances.

Si on survit à la fréquentation de ces espèces pour le peu néfastes et fort heureusement rares, la jungle des rencontres offre une faune et une flore réjouissante. Il serait dommage de rester chez soi par peur du grand méchant loup… Bon voyage !

I was born FREE.

8 Déc

Parce que la guerre froide homme/femme s’enracine et que je vois les têtes tomber les unes après les autres dans la boue des combats, alors que telle Luz je me relève après la moindre attaque, je vais moi aussi faire la loi. Je vais faire La Revoluçion en soutif.
Inconscientes que vous êtes de croire que je n’ai aucune expérience. Et pourtant la manipulation requiert davantage de savoir faire que la sodomie. Vous vous ruez sur tout ce qui bouge en espérant secrètement que le charming prince va se ramener et en oubliant que ce n’est pas la grosse cochonne qui récupère le pactole at The End. Vos fuck friends deviendront rarement le père de vos enfants. Ou alors c’est que vous travaillez au bois.

Moi qui n’ai fondamentalement besoin que de fame et d’argent de rien, je me retrouve toujours avec des lovers dans les pattes. « Trop facile grâce à ton physique », me direz-vous. Et je le conçois parfaitement. Seulement ce n’est pas tout, il existe une tactique que j’ai trouvée à mes dépends : les traiter comme des moins que rien, m’asseoir sur leur dignité, roter, chanter du Miley Cyrus, leur dire que je déteste et trouve sale ce qui a attrait au sexe, et clairement leur avouer que je n’aime que les prépubères. Moi qui pensais y échapper, j’écope donc souvent d’un « toi j’aimerais te connaître davantage », meaning « tu es trop chou et intelligente et belle pour me servir de toi comme d’une poupée gonflable, je voudrais t’épouser » (je compte tester la technique sur Justin Bieber, CROISONS LES DOIGTS)

Ok ça veut peut être dire « Mazette, tu vas être pénible à pecho, tu seras donc mon challenge et je finirai par te fourrer à l’arrière d’une buick ». Dans ce cas, je peux me servir de lui comme d’une carpette pour finalement ne rien lui offrir à la fin. I’m a monster.

In any case, je ne me fais JAMAIS avoir et je ne finis pas en pleurs.

Alors les amies, si vous comptez pecho du mâle, oubliez les expressions vantardes comme « moi je préfère les gros gourdins, je n’ai pas de gode ». N’oubliez pas qu’un jour vous aurez « les grandes draperies » et qu’à ce rythme c’est à 37 ans que vous les découvrirez. Si vous devez cacher que vous apprécier le garçon en question, ce n’est pas derrière la dépravation que vous devriez le faire. A moins que, TELLE UNE HEMEROCALLE, vous ne souhaitiez durer qu’une nuit. Conclusion : Investissez donc dans un sex toy.

PS : Un jour j’écrirai sur quelque chose que j’aime, je vous jure.