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Bonjour, j’habite en province

21 Oct

J’ai bien dit Province, pas banlieue. Rien à voir.

La banlieue, c’est accessible en RER, voire en Transilien, mais ça reste à proximité de Paris, et on peut tout à fait aller faire ses courses à Opéra ou diner à Montparnasse tout en rentrant dormir chez soi.

La province, lointaine qui plus est, signifie qu’il faut planifier toute venue à la « capitale », et se coltiner des heures de TER / TGV / Intercités pour l’atteindre. Dans mon cas, quatre heures de micheline. Parce qu’on fabrique le TGV dans la région, mais qu’il n’y vient pas encore. Ce serait trop beau.

Régulièrement, pourtant non parisienne mais banlieusarde d’origine, j’ai besoin de rentrer respirer le bitume et les effluves du métro. Sentir le stress permanent de la jungle parisienne, croiser les clochards de la gare de l’Est et de l’Etoile, écouter le raillement du violon sur la ligne 9, et être secouée par le RER A dont l’interconnexion « n’est pas assurée à Nanterre-Préfecture ».

Je reviens donc voir mes coupines, la famille, les magasins, et je me ressource, pour repartir affronter mon coin perdu, entre les pommes de terre de Haute-Saône et les vaches montbéliardes.

 

La province, c’est quoi ?

 

Pas que du mal. C’est vivre à 3 minutes en voiture de son boulot, habiter plein centre dans un 90m² au prix d’un studio dans le 18ème, immanquablement croiser ses collègues au restaurant, au cinéma, dans l’unique Leclerc, connaître les vendeuses de chaque magasin du centre ville, aller courir sans cracher ses poumons, aller dans des boîtes improbables pour les 25-50 ans et se faire draguer par des quinquas en veston et à moustaches soignées. C’est avoir la chance de voir la neige en exclusivité dès la fin Octobre / début Novembre. Rentabiliser ses pneus neige, ça n’a pas de prix.

Comparé à Paris, (qui me manque, ne nous méprenons pas) on prend le temps de vivre. Le temps de dire bonjour, de souffler, et on se fout royalement d’être à la dernière mode de Vogue ou de manger au Flunch de la rue principale. Sortir en polaire-jean-baskets, et passer inaperçu. Pas besoin de sortir les billets ou être VIP pour rentrer dans les boîtes ou les bars, être parisien est même un handicap qui peut même, si la faute est avouée au videur, obliger à faire deux fois plus de queue (histoire vraie).

Mais pas que du positif non plus. C’est croiser ses collègues TOUT LE TEMPS, donc ne pas avoir de vie privée. C’est avoir quatre bars et voilà, donc vite en avoir fait le tour, et avoir des collègues qui viennent au bureau en MoonBoots et quasi-survêtements. C’est être loin de ses amis, des magasins à la mode, des grands évènements culturels. C’est se faire siffler si on tente une robe un peu « mode », ou un look un peu habillé. La liste est longue, je vous épargnerai la suite, excepté les petites expressions locales qui écorchent mes oreilles : « Il fait cru, t’as meilleur temps de prendre ta voiture » ; « vous voulez un cornet pour vos achats ? » ; « n’attends pas sur moi, je serais tard »… et autres.

Sur ce constat de gap culturel entre la province et les grandes villes, je vous abandonne pour me battre avec le site de mon transporteur préféré (ndlr : ironie.) pour tenter de m’évader et revenir très prochainement à Paris.

(ndlr : je survis sinon, et au final cette expatriation en-France aura été une très bonne expérience, je ne suis pas malheureuse mais j’ai hâte de quitter cette ville pour de nouvelles aventures !)

Girls Talk

15 Oct

« That girl’s just gonna go spread the word » – TLC

Ce n’est une surprise pour personne, encore moins la gente masculine, puisque telle est notre réputation, d’apprendre que les filles naissent avec une option non-négociable qui consiste en partager toute information valable avec leurs égales.

Que cela soit la dernière tendance lue dans Vogue, le dernier ragot de l’open-space ou une nouvelle plus personnelle, elle sera immédiatement communiquée au cercle des copines proches. La robe de pute mauvais goût de Martine, le sms de Julien ou les macarons mangés le midi. Le planning de la soirée, la performance de l’amant de la veille, et la réduction chez Etam. La perspective de re-re-re-chopper Marc, la couleur du vernis de Claire, et les rumeurs sur les acteurs de Gossip Girl.

Vous l’aurez compris, tout est dit. A la seconde où le sms est reçu, où la pouf du bureau passe devant notre poste, où les calories sont avalées, les BFFs sont aware.

Pourquoi ce besoin vital de partager ? non pas pour diffuser la rumeur, ou changer le monde. Uniquement dans le but d’avoir un retour, un avis, un conseil. Parce que nous évoluons dans une jungle. Celle dans laquelle ce genre d’information peut changer la donne. Savoir que Michel est un bon coup, ou que l’orange n’est plus la couleur de l’automne, ça vous change une vie une façon d’envisager la suite. Parce que nous sommes capables d’anticiper, et de réagir. De conseiller les copines, quand elles ont des questions existentielles. De leur éviter de reproduire nos erreurs, ou de se faire guider à son tour quand le prochain pas devient flou.

Bien entendu, savoir ne signifie pas avouer ou encore admettre. Si vous chinez Sophie, et qu’elle s’empresse de mettre ses deux BFFs au courant, celles-ci feindront l’ignorance ou l’indifférence lorsque vous leur parlerez ensuite. Parce que le partage est un moyen d’anticiper, comme dit ci-dessus, mais qu’il ne doit pas être découvert. Il permettra à Marie, BFF de Sophie, de ne pas fondre devant votre sms, puisqu’elle saura que vous courrez plusieurs lièvres. Et donc de refuser poliment, tout en lui donnant un nouveau sujet de conversation à développer avec Sophie et vous pourrir autour d’une bouteille de Chardonnay.

Sur ce, à bon entendeur, je m’en vais tout répéter discuter avec mes co-bloggeuses, parce que grâce à la nouvelle technologie, nous ne sommes jamais à plus d’un twitt ou d’un mail.