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Se taper du twitto

19 Sep

Et s’en repentir.

Le Twitto est assez facile à appâter. Généralement, même pas besoin de se manifester. Si tu tweetes des trucs laissant entendre que tu es seule, que ton avatar est une photo de toi (ou presque) pas trop dégueu et que tu es pleine d’humour, normalement, passé les 200 followers, il y a  toujours une bonne âme pour se dévouer.

Avec plus ou moins de tact, certes (j’ai même reçu un DM « Qu’est-ce que tu dirais de passer une nuit avec un inconnu rencontré sur Twitter ?« ), mais dans l’ensemble, s’il y a quelque chose qu’on peut particulièrement apprécier chez le Twitto, c’est qu’il ne manque pas d’initiative.

Une autre grande qualité de ces mecs, c’est qu’ils sont d’une discrétion incroyable sur le réseau (sauf exception du type @xoxob et @jesuisunblog). En tant que Twittasse, je ne me suis jamais mentie, je sais que ce n’était pas tant pour protéger notre petit jardin secret, que pour se laisser ouvert à d’autres opportunités… Mais qu’importe, j’apprécie par dessus tout la discrétion, tant sur Internet qu’en vrai. Du coup, comme personne ne le sait, c’est excitant. Tu es là, tu twittes, il twitte, vous avez pas mal de gens qui vous suivent tous les 2, voir qui vous connaissent IRL, et PERSONNE ne sait que vous faites des choses sales 3 fois par semaine, oui c’est grisant.

Et puis, les mecs de Twitter, ne nous voilons pas la face, ont peu de mystère une fois qu’on a couché avec. Un coup d’œil sur leur TL, et hop, vous savez à peu près où ils sont, où ils picolent, où ils dépriment et avec qui. C’est quand même plus facile que les mecs normaux qu’il faut APPELER. Là, c’est vite fait, ni vue ni connue.

Là où ça se complique, c’est quand ça devient sérieux. Enfin, quand c’est devenu un peu sérieux et que c’est la fin. Ce n’est pas tant que Twitter peut alimenter une certaine parano (« Est-ce qu’il serait pas en train de s’envoyer cette pute de @annaminou ?  » / @annaminou, rien contre toi, sur ta simple demande, je remplace ton pseudo par un autre de ton choix), mais c’est surtout que quand tu veux oublier quelqu’un, Twitter c’est la MORT.

Tu peux le bloquer de ton Gtalk en douce quelques temps.

Pour Foursquare, c’était l’excuse que tu attendais pour lâcher ce réseau moribond.

Tu peux le virer de ton newsfeed sur Facebook, ce qui est plus recommandé que de le virer de ses amis pour 2 raisons évidentes :

  • il risquerait de s’en apercevoir et de croire que tu tenais vraiment à lui
  • il risquerait de ne pas être le témoin de cette soudaine nouvelle vie formidable que tu vis sans lui avec plein de photos de toi trop bonnasse

Mais sur Twitter, c’est niqué. Soit il a un profil public, et là que tu le suives toujours ou pas, tu vas mater sa TL plus souvent qu’il ne la mets à jour. Soit il a un profil privé, et c’est dilemme. L’unfollow n’est pas sans conséquence puisque tu ne pourras plus jamais l’espionner (et que là encore il va se rendre compte que tu l’as unfollow et croire que tu tenais à lui, ce que tu redoutes par-dessus tout). Continuer à le suivre, c’est continuer à le voir faire irruption dans ton espace détente alors que tu ne le trouves plus du tout divertissant.

Et à part se trouver une passion pour les endroits sans 3G ou se souler trop fort pour se trouver un nouvel objet de convoitise, il y a peu de solutions.

Comme m’a dit un jour un mec dont Twitter est le champ de tirs de prédilection « le problème c’est qu’après t’es obligé de suivre les meufs et y en a qui sont vraiment relou« . Il me suit toujours. Bref.

Se taper du Twitto, et s’en repentir, surtout.

De l’envie qu’ont parfois les jeunes filles de mourir dès tôt le matin

4 Sep

Sous leurs airs doux et rangés, lisses et policés, les jeunes filles ont parfois de drôles d’envies.
Mordre. Hurler. Faire tout exploser. Se pendre.
Et ce dès l’aurore, en un calme mercredi de juin.

Il ne s’est pourtant rien passé de spécial.
Juste des petits trucs qui merdent.
Les mêmes que d’habitude.
Sauf que ce matin, il y en a trop et je déborde.
Est-ce que ma vie, jusqu’à un âge indéterminé et de plus en plus lointain, va consister en 10 h par jour de conneries de changement de salles, de créneau de réunion à replanifier et de gens frustrés qui vous font bouffer leur merde pour se sentir un peu moins mal ?

Vraiment ?

C’est ça la vraie vie ?

Les coups des membres de la grande secte des nombrilistes ?
L’enfer de la recherche de stage, puis de job?
L’enfer ad vitam du boulot tous les jours ?
Les amis qui disparaissent les uns après les autres ?
Le moule impossible dans lequel je n’arrive pas à rentrer ?

Éliminer du gras, être jolie, gentille, bien sappée, cultivée, économe …?

Et vu qu’à part ça dans le catalogue des vies en boîte, y a pas grand chose …, il reste la corde. L’idée de sa texture rugueuse sur mon cou me semble bien douce …
Se coucher une fois pour toute…
Renoncer à vouloir réaliser des trucs biens.
Renoncer à vouloir être indépendante intellectuellement, affectivement et matériellement.
Renoncer à ses centres d’intérêts pas assez mainstream.
Oublier toutes ces inepties.

Se soumettre.
Devenir un fantôme.
S’oublier.

Et puis merde, la flamme revient, aussi vite qu’elle est partie, un peu plus claire, et un peu plus vive, grâce aux mails des girls, du ciel qui se dégage, et des micro-solutions trouvées aux micro-problèmes.

Les émotions aux quotidien, c’est un peu Tournez Manège.