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Parisians don’t sleep alone*

9 Jan

* titre largement inspiré de l’ouvrage « French Women don’t sleep alone » que je n’ai évidemment pas lu

Être une Parisienne mignonne et pas farouche, c’est l’assurance, passé les 25 mecs au compteur passé 25 ans, d’avoir une vie sexuelle aussi divertissante et variée que votre vie sociable. On enchaîne les cellules sociales « Mes potes de Publicis » / « Mes copines de lycée » comme on enchaîne les mecs « Le Journaliste » / « Celui qui a des caleçons Guitar Hero » dans l’aisance la plus paranormale du monde. On voudrait  bien s’en plaindre, parfois même, on s’en plaint hypocritement, mais la vérité c’est que cette instabilité affective est devenue un rythme et que le seul truc qui puisse encore nous étourdir dans des moments d’intense romantisme, c’est la perspective de vivre comme les gens normaux. Qu’on ne fréquente plus d’ailleurs.

Passé 25 ans, Paris se divise en 2 clans, les gens mariés et les gens inmariables. Un peu comme les Parisiens du bus et les Parisiens du métro. Les 2 clans ne s’opposent pas. Les gens mariés deviennent une masse inconnue, surement hétérogène, mais tellement lointaine qu’on sait pas bien ce qui s’y passe. Les gens mariés rejoignent le cortège des trucs qu’on connait pas et qui ne nous intéressent pas, genre « La Province ». Parfois, ils y bougent même, en province. On s’en fout.

5 fruits et légumes par jour 5 amants par mois, baiser varié ne demande aucun effort. A vrai dire, le seul véritable effort en la matière, est celui de lever pied. Arrêter de coucher avec les mecs qui nous font envie parait être un effort aussi insurmontable que de d’arrêter le vin rouge et les Marlboro Light. On essaie tous, parfois, de recoller à un modèle de vie plus standard. Ça ne marche pas.

Finalement, comme le disent LesParisiens.net, être en couple à Paris c’est comme rester fidèle au même produit dans le plus grand supermarché du pays.

Bonjour, j’habite en province

21 Oct

J’ai bien dit Province, pas banlieue. Rien à voir.

La banlieue, c’est accessible en RER, voire en Transilien, mais ça reste à proximité de Paris, et on peut tout à fait aller faire ses courses à Opéra ou diner à Montparnasse tout en rentrant dormir chez soi.

La province, lointaine qui plus est, signifie qu’il faut planifier toute venue à la « capitale », et se coltiner des heures de TER / TGV / Intercités pour l’atteindre. Dans mon cas, quatre heures de micheline. Parce qu’on fabrique le TGV dans la région, mais qu’il n’y vient pas encore. Ce serait trop beau.

Régulièrement, pourtant non parisienne mais banlieusarde d’origine, j’ai besoin de rentrer respirer le bitume et les effluves du métro. Sentir le stress permanent de la jungle parisienne, croiser les clochards de la gare de l’Est et de l’Etoile, écouter le raillement du violon sur la ligne 9, et être secouée par le RER A dont l’interconnexion « n’est pas assurée à Nanterre-Préfecture ».

Je reviens donc voir mes coupines, la famille, les magasins, et je me ressource, pour repartir affronter mon coin perdu, entre les pommes de terre de Haute-Saône et les vaches montbéliardes.

 

La province, c’est quoi ?

 

Pas que du mal. C’est vivre à 3 minutes en voiture de son boulot, habiter plein centre dans un 90m² au prix d’un studio dans le 18ème, immanquablement croiser ses collègues au restaurant, au cinéma, dans l’unique Leclerc, connaître les vendeuses de chaque magasin du centre ville, aller courir sans cracher ses poumons, aller dans des boîtes improbables pour les 25-50 ans et se faire draguer par des quinquas en veston et à moustaches soignées. C’est avoir la chance de voir la neige en exclusivité dès la fin Octobre / début Novembre. Rentabiliser ses pneus neige, ça n’a pas de prix.

Comparé à Paris, (qui me manque, ne nous méprenons pas) on prend le temps de vivre. Le temps de dire bonjour, de souffler, et on se fout royalement d’être à la dernière mode de Vogue ou de manger au Flunch de la rue principale. Sortir en polaire-jean-baskets, et passer inaperçu. Pas besoin de sortir les billets ou être VIP pour rentrer dans les boîtes ou les bars, être parisien est même un handicap qui peut même, si la faute est avouée au videur, obliger à faire deux fois plus de queue (histoire vraie).

Mais pas que du positif non plus. C’est croiser ses collègues TOUT LE TEMPS, donc ne pas avoir de vie privée. C’est avoir quatre bars et voilà, donc vite en avoir fait le tour, et avoir des collègues qui viennent au bureau en MoonBoots et quasi-survêtements. C’est être loin de ses amis, des magasins à la mode, des grands évènements culturels. C’est se faire siffler si on tente une robe un peu « mode », ou un look un peu habillé. La liste est longue, je vous épargnerai la suite, excepté les petites expressions locales qui écorchent mes oreilles : « Il fait cru, t’as meilleur temps de prendre ta voiture » ; « vous voulez un cornet pour vos achats ? » ; « n’attends pas sur moi, je serais tard »… et autres.

Sur ce constat de gap culturel entre la province et les grandes villes, je vous abandonne pour me battre avec le site de mon transporteur préféré (ndlr : ironie.) pour tenter de m’évader et revenir très prochainement à Paris.

(ndlr : je survis sinon, et au final cette expatriation en-France aura été une très bonne expérience, je ne suis pas malheureuse mais j’ai hâte de quitter cette ville pour de nouvelles aventures !)