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Qu’il est dur d’être un homme

23 Avr

Être cultivé, gagner de l’argent, briller par sa gentillesse et sa bonne éducation, faire rougir les fesses des filles, être un professionnel reconnu et respecté, choper tout ce qui passe sans effort. J’ironise un peu, mais, c’est vrai qu’il est dur d’être un homme.

Cela m’est venu alors que je lisais ma timeline Twitter. Un ex (salut chouchou et salut les potes de chouchou) se vantait d’avoir le numéro de sa conquête de la veille sur un bout de papier avec écrit à côté « canal plus » sans le « c ». ANAL PLUS  quoi, en toute finesse.

Et là je me suis dit, mon Dieu mais qu’il est dur d’être un homme.

Le choix stratégique en début de soirée pour verrouiller sa cible : ni super canon (sinon aucune chance), ni le dernier des tombereaux sinon ça va se savoir, pas trop maquée, un peu alcoolique. L’énergie (et la thune ?) à dépenser pour faire rêver cette jeune fille pendant plusieurs heures avant qu’elle accepte l’idée de se faire retourner dans la soirée. Créer un monde féerique où se mêlent tendresse, rires et assurance d’un orgasme dès la première nuit. Être un super coup et bander comme un âne quelque soit la quantité d’alcool ingurgitée. Investir à fond sur son plaisir à elle. Jouer au gentleman extraordinaire  (« tu veux de l’eau ? ») jusqu’à ce qu’elle s’endorme fatiguée dans un sommeil de princesse. Dormir d’un œil et prier qu’on ronfle pas comme un goret dès le premier soir (parce que les mecs ne ronflent jamais le premier soir pour une raison qui m’échappe. C’est toujours au bout de quelques nuits, quand vous êtes un peu verrouillée sur la cible, qu’ils se mettent à ronfler). Au réveil, maintenir une érection solide le rêve et éventuellement aller bruncher aux Philosophes. L’embrasser pour se dire au revoir, ça fait plaisir et ça n’engage à rien.

Une fois la phase Prince Charmant achevée, l’homme ne se repose pas (alors que ca fait pas loin de 12 heures qu’il joue un rôle de composition). Non, il doit maintenant assurer sa comm auprès de ses potes. On enlève le costume de Prince Charmant et on enfile celui du tocard du mec viril.

Heureusement, plus question d’investir du temps et des dollars, un tweet lapidaire suffira. Choisir son heure : après midi pour bien faire comprendre que non seulement vous l’avez niquée hier soir, mais qu’en plus vous avez remis le couvert toute la matinée. Grosses couilles donc. Faire un effort de LOL. « ANAL PLUS » par exemple, c’est apparemment un trait d’humour fin entre hommes autour d’une bière. Je suis sure que le simple mot « anal » suffit d’ailleurs. L’homme se doit de passer sans effort du mec parfait (donc un peu trop gonzesse) au gros porc. Il n’est ni l’un, ni l’autre, tout va bien.

Enfin, après une demi-journée d’efforts (ce qui rapporté aux 48h de WE et à maximum 2 rapports sexuels complets, parait quand même bien long), l’homme pourra aller se reposer de toute sa schizophrénie, sans même savoir s’il veut vraiment rappeler la grosse d’hier soir, s’il a pensé et s’il se souvient de 20 % des conneries qu’il lui a racontée, si effectivement il lui aurait bien pris les fesses (ou peut-être même qu’il n’aime pas ça, comme beaucoup d’hommes, mais ça fait paradoxalement trop gay de l’avouer).

Et on s’étonne que le SAV laisse à désirer ?

Je me suis pris un râteau

20 Sep

Forte de ma nouvelle vie d’expatriée célibataire, je suis allée faire mon marché dans un bar le week-end dernier.

Pub totalement occidental, qui pue la bière, la musique trop forte, et la frustration sexuelle (pas que celle des autres).

Je m’avance vers le bar, j’attends que le barman daigne percuter que je me tapais pas sa musique de merde plein les tympans seule face à son comptoir pour le FUN. Je passe ma commande et un Australien m’aborde.

Pas mal. Un peu fat, un peu jeune, un peu WASP mais vraiment pas dégueu. Il fera l’affaire.

Je m’appuie donc son haleine chargée, son accent à couper au couteau et notre discussion d’une banalité consternante pendant plus d’une heure. Il finit par me demander mon numéro, je lui file direct (surement commis une erreur), je lui demande le sien. Je le laisse retourner avec ses copains. Je rentre chez moi un quart d’heure après estimant avoir sécurisé le plan (là où on voit que j’avais bu, c’est que j’avais oublié la phase « on se roule une pelle avant de partir et je me trouve une excuse pour rentrer chez moi et éviter tes ronflements d’épave« ).

Je lui envoie un texto avant de dormir. Il n’a jamais répondu.

A agir comme un mec, on se prend des râteaux comme les mecs :$

Less than zero

9 Sep

Quand on est face à un échec, après avoir essayer de le relativiser avec la plus grande mauvaise foi dont on est capable, il devient nécessaire d’en analyser les causes.

Me faire lourder après m’être tapée 25 000 km en 3 jours pour enterrer quelqu’un de très proche, on a beau essayer de temporiser… C’est un échec.

Et si je suis un peu honnête, je dois dire que le garçon en question s’est juste contenter d’arrêter de me parler, il a oublié de me quitter. J’ai bien tenté de me mentir en me disant que la vie devait être dure pour lui et que les kilomètres le dispensaient du minimum syndical, je dois avouer qu’il m’a traitée comme un mouchoir.

De là : pourquoi ?? (Pourquoi tout ça n’arrive qu’à moi ?)

Je suis gentille, mignonne, loin (parfois c’est une qualité), je ne lui ai jamais demandé un signe d’engagement (outing social, monopole sexuel, changement de décoration de son intérieur…), alors pourquoi me traiter comme la dernière des moins que rien ?

Après avoir été une fervente adepte et avocate des plans culs réguliers affectifs (PCRA pour les initiés que vous êtes), vantant la liberté, la tranquillité, le sexe sans prise de tête, l’absence de moments hypocrites (« je vais lui envoyer des signes extérieurs de dépendance affective afin de lui montrer que je tiens à lui pour pas me faire larguer« ), je suis forcée de reconnaître que si les open relationships autorisent tout, elles autorisent aussi les gens à se comporter comme des minables.

Si ce garçon s’est comporté comme un minable avec moi (très probablement sans culpabiliser, n’ayons pas peur de noircir le tableau), c’est parce que je l’ai autorisé à être cet homme avec moi.

De là, on arrive au moment où il faut tirer des conclusions…

Je fais quoi la prochaine fois ? Je demande fidélité et café le matin alors qu’en vrai ça n’a pas beaucoup d’importance pour moi ?