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La boulangère vous a vus sur Xhamster

18 Mai

« En mai fait ce qu’il te plait » dit le dicton, alors comme le temps ne se prête pas à courir toute nue dans la forêt de Saint Cloud, j’ai passé mon après midi à mater du porn en ligne. Ne faites pas les outrés, si vous êtes passés par ici c’est que vous êtes aussi des petits obsédés…

Je dois avouer un truc, le porn est arrivé assez tardivement dans ma vie, et je crois que c’est parce que ce sont mes amants les plus intellos qui m’y ont amenée que je me suis laissé faire. Peut-être que les autres n’assumaient pas, mais c’est un fait. Finalement je suis assez contente d’avoir découvert ça des années après avoir déjà pleinement apprécié le sexe.

Donc depuis deux ans, j’en consomme avec plaisir, et même à certaines périodes sous forme de crises de boulimie : la plupart du temps seule et jusqu’à l’écœurement. Bizarrement je n’aime pas cette nouvelle vague de films très « léchés », avec des acteurs à peine pubères, certes beaux mais lisses, de cette fadeur qui me rappelle les heures sombres du film érotique de M6 le dimanche soir. J’aime que ça soit sale… Oui c’est comme ça.

Certes je me suis pâmée devant « Malice in Lalaland », un film un peu ovni avec des relents lynchiens mais rien ne m’excite plus pour finir que les vidéos amateurs avec de vrais gens.  Et petit détail, j’aime traquer le vrai désir, le vrai plaisir. Rien ne m’émeut plus même si les protagonistes ont un peu le ventre gras ou les seins qui tombent. Pourtant cet après midi, alors que je m’étais destinée à un film allemand très sombre, je suis allée errer sur un site X et entre quelques visionnages et autres tripotages (oui je ne mate pas du porn pour faire une analyse pointue de l’état des lieux de l’épilation féminine en milieu rural), j’ai fait un constat qui m’a un peu attristée.

Si la production pornographique pro a décomplexé pas mal de gens, est-ce une raison pour en reproduire les mêmes scènes et les mêmes codes dans leurs vidéos amateurs ? Je m’étonne toujours de ce manque d’imagination qui consiste à tringler comme des sauvages des filles qui ont l’air de s’emmerder à dix sous de l’heure et de finir immanquablement par une éjaculation faciale. Comme si au lieu d’avoir libéré les gens, le cinéma porno leur avait donné un mode d’emploi ou des règles immuables, bref un carcan plus ou moins normatif. De même, moi qui suis une amoureuse des mots crus sur la scène du crime, je m’étonne toujours de la pauvreté du vocabulaire. « Sale pute » et « tu aimes ça grosse chienne » devraient être des expressions reléguées aux oubliettes des heures de gloire de Dorcel.

Je peux comprendre en tombant sur ce genre de scènes qui sont finalement des remakes cheap des productions disponibles sur le marché, qu’on préfère à Christine et Jean Jacques l’étreinte musclée et plastique de James Deen et Ricki White (T’as vu, j’étale ma culture ! )

Autre réflexion que je me faisais après mon deuxième orgasme et lorsque mon cerveau était revenu à une température à peu près normale : jusqu’à quel point ces vidéos n’étaient pas un marché de dupes. Je m’explique. Je note que souvent, le visage des femmes est exposé et rarement celui de leur partenaire. Je veux bien croire que ces filles soient le plus souvent consentantes pour être filmées (« Allez minouche, ça nous fera un souvenir quand le film du dimanche soir sera pourri ») mais pour être exhibées sur le net, j’ai quelques doutes. Et dans ce cas, pourquoi les hommes ont souvent le visage masqué, par un loup ou un floutage grossier, ou systématiquement la tête hors cadre ? Est-ce à dire encore une fois que dans ce genre de délire, c’est encore la femme qui est le dindon de la farce ? Attention, je m’interroge, j’imagine bien qu’il y en a certaines qui ont l’exhibitionnisme en deuxième nature. Mais donner à voir ainsi son visage au risque de se faire griller par la boulangère (Si, je regrette je suis sûre que ma boulangère mate AUSSI du porno) me laisse circonspecte.

Par exemple récemment j’ai eu le droit à une sorte de « happening » d’un type qui faisait entrer son voisin pour baiser sa femme au réveil. Il le prévenait : « Bon vas-y, tu montes et tu fais ce que tu veux, elle se réveille donc elle est pas habillée, elle est pas maquillée… ».  Raymonde (je l’appelle Raymonde, parce qu’elle avait une tête à s’appeler comme ça) se réveillait en effet, l’air ravi de trouver « voisin » prêt à l’embrocher malgré son haleine du matin et sa chemise de nuit chair mais le pire restait à venir : Les commentaires de son mari : « Va pas trop profond quand même, comme elle a été opérée… » (sic).

Bref je l’accorde, la vidéo amateur réserve des surprises parfois douteuses. Mais souvent au détour d’un clic on découvre le graal, une image pas trop pourrie avec des protagonistes qui font preuve d’imagination sur le carrelage de la cuisine, où la fille prend son pied comme une bête, où ça sent la vérité et on voudrait presque être à leur place. Presque…

Nous vous excusons pour la gêne occasionnée…

13 Oct

Et merde ! Elle était pourtant bien partie l’histoire, elle était pleine de promesses coquines.

On s’était cherchés des yeux dans le bar, on s’était accrochés avec quelques phrases à double sens, on s’était attrapé la bouche au détour d’une rue, je l’avais même laissé me mettre la main dans la culotte dans son ascenseur, on s’était agacés, titillés, allumés sur le canapé et on avait rampé maladroitement en tenue d’Eve jusqu’au lit (ou mieux, sur la peau de bête devant la cheminée) et là…

–       Ça ne m’arrive jamais normalement!

–       C’est pas grave.

–       Mais si putain, j’ai méchamment envie de toi, là tout de suite !

C’est con, moi aussi, j’en a méchamment envie, je suis même à deux doigts de me transformer en flaque, mais je suis bien éduquée et on se connaît pas trop, alors je me tortille en silence et je marche sur des œufs (sans jeu de mots), histoire de ne pas le froisser.

Calme Marla ! Ce n’est pas la première fois que ça arrive et certainement pas la dernière… Certes, il s’agit bien d’un état de crise… mais pas que pour lui. Outre la délicatesse de la phrase crasse et redondante « C’est la première fois que ça m’arrive! » qui laisse entendre qu’on est la raison de ce flop, c’est vrai qu’on ne sait jamais vraiment comment réagir pour ne pas envenimer les choses.

–             Nan mais c’est pas de ta faute…

Ah quand même ! J’avoue, je me repasse pourtant le film, histoire de me donner bonne conscience. Non, nous n’avons pas parlé de mon ex aux mensurations colossales avant de monter chez lui, ni de la sienne qui lui a brisé le cœur en se cassant avec un surfeur. Oui, j’ai traqué le moindre poil disgracieux qui aurait pu le rebuter, à priori mon déo n’a pas lâché et ma lingerie est magnifiquement assortie… Alors ? Peut-être qu’il a vu le petit bourrelet persistant que je traine depuis les fêtes de fin d’année ! Ou alors pire… J’aurais perdu la main pour allumer la mèche !

Naaaaan… Sur le canapé tout à l’heure, il était parfaitement vaillant le garçon !

Et là, un doute insupportable m’assaille : Aurions-nous dû rester sur ce putain de canapé défoncé et recouvert de taches douteuses ?

C’est terrible, mais dans cette situation je pense à ma mère, polluant mes oreilles chastes d’ado bouboule et mal dans sa peau :

« Tu sais ma chérie, il pourra arriver que ton petit copain n’ait pas d’érection. Souvent parce qu’il sera très ému, ou qu’il se mettra la pression… Dans ce cas là, il faudra le rassurer ou parler d’autre chose, ça ne sert à rien d’insister. Normalement ça revient plus tard. »

Ok mam’ mais là toute de suite c’est surtout l’éruption volcanique au niveau de mon bas ventre qu’il va falloir que je gère et aussi le fait que le jeune homme s’évertue à vouloir absolument m’introduire alors que le monstre n’a pas l’air d’accord du tout…

Je pense à mes copines aussi, celles qui disent sans ciller :

« Oh ma paaaaaauvre, heureusement moi, je n’ai jamais eu à gérer ça… »

Menteuses !

Note pour moi même : Ne plus jamais évoquer ce genre de choses avec de vagues copines…

Manquerait plus que je perde mon statut de bon coup en plus…

Bordel, et cette excitation qui ne me lâche pas !

Je suis bonne fille quand même, alors je ne fais pas que tergiverser, j’y mets du mien aussi… Je déploie le grand jeu, je flatte l’ego de mon amant, je lui sors même ce que je fais de mieux. Et  ça marche, le dragon se réveille de sa torpeur, il est tout émoustillé, je suis même à deux doigts de crier victoire… mais l’entrée en scène du préservatif vient saloper tout le boulot… Ah ouais, je l’avais presque oublié celui-là, ça aurait été trop simple…

A ce moment précis, je me mets à souhaiter ardemment (et égoïstement) qu’il ait la bonne idée de m’offrir un orgasme par d’autres biais, ce serait dommage que nous soyons deux à être déçus, non ? Ça, c’est un peu pile ou face en fait ! Parfois le mec ne voit pas du tout pourquoi il nous ferait ce plaisir alors que la bête a décidé de faire de la figuration. Faut pas déconner non plus !

« Ben juste parce que parfois, nous non plus on ne peut pas se servir de ce qui est le plus immédiatement évident et qu’on ne vous laisse pas en rade pour autant… Ah c’est pas pareil ? »

Ah bon.

Là il faut reconnaître que l’excitation est un peu tombée, voire complètement… J’essaie tout de même de dédramatiser parce que je le sens le poids de l’humiliation qu’il se colle sur le dos.

–                Mais t’inquiète, je fais ça à tous les mecs la première fois… Paraît que je

suis intimidante.

–                Ah ouais c’est ça hein… Je voulais te le dire justement…

–                Euh je déconne là… Ça faisait super longtemps qu’un mec…

–                C’EST BON, ÇA VA !

« Mais faut la fermer dans ces cas là Marla » m’avait un jour confié un de mes interlocuteurs préférés en matière de cul. Il avait continué : « Moi, ça ne m’arrive jamais (Evidemment !), mais en parler c’est la meilleure façon de nous mettre le nez dedans. »

« Mais alors on dit rien, c’est ça ? »

« Si, mais tu parles de tout sauf de ça… »

Okay…

Résumons :  Ça n’arrive à personne sauf à moi et aux quelques types qui ont partagé cette expérience inédite avec moi. Et il faut parler de tout autre chose….

–                   Sinon tu l’as vu le documentaire polémique sur Israël et la Palestine sur France 2 ?

–                   Humpf…

Aaah ! Ce moment unique où on entend la moindre mouche voler, les gargouillis de nos estomacs repus d’alcool alors même que l’ivresse de nos sens (et l’autre aussi) nous a complètement désertés !

Ceci dit je remarque souvent que c’est lorsque on a abandonné tout espoir d’une soirée de cul frénétique, que sur le pas de la porte ou sur le point de s’endormir, la magie s’opère.

–                Euh c’est quoi ce truc dur contre mes fesses ? Mais tu…

–                Chuuuut…

–                C’est que moi là tout de suite, j’ai plus tellement envie…

Y a pas à chier, c’est mystérieux une érection, presque autant qu’une libido féminine…