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Trouve mon point G dans les régions limbiques de mon cerveau

24 Mai

Dans les fantasmes de Marla, il y a des hommes qui ne disent rien et se contentent de la prendre sauvagement dans les chiottes d’un aéroport ou sur une couche de fortune. Ils ferment leur gueule se taisent et c’est tant mieux parce que dans ces rêveries-là, même s’ils ont des mains de pianiste, un cul de danseur de salsa et une bouche qui roule les pelles les plus indécentes du monde, il n’y a pas vraiment de place pour la parole.

Mais s’il y a un truc qui me rend folle, ce sont les hommes qui savent écrire, suggérer, et glisser dans certaines phrases qu’ils distillent avec subtilité des doubles sens à teneur érotique ou carrément porno. Je parlais il y a quelque temps des queutards dont le langage du corps, à la fois élaboré et direct me ravit. Je vais parler de ceux qui, parce qu’ils ne peuvent pas, se l’interdisent ou tout simplement aiment faire monter le désir jusqu’à son paroxysme, allument, attisent et liquéfient les sens.

Pour apprécier le jeu, il faut en poser les règles. J’ai lu et entendu tant d’histoires de femmes (et d’hommes) épuisées d’attendre une secousse bien réelle qu’elles n’obtenaient jamais que je me dois de prévenir que cette activité n’est réjouissante que si on connaît les aspirations de son interlocuteur et qu’on n’espère jamais lui extirper ce qu’au fond, par principe, ou par défi, il ne veut pas donner. Le mieux d’ailleurs est d’être dans la même tournure d’esprit.

Je parle ici de l’échange érotique littéraire pour la beauté du geste, pour titiller l’endroit même où les fantasmes les plus inavouables se cachent. Touts les coups sont permis puisqu’ils prennent la forme d’un jeu de rôle dans lequel on se met en scène, de cadavres exquis ou de joutes verbales où la provocation alterne avec le badinage pur et simple.

Les fins de cet exercice sont obscures et personnelles à chacun. Pour ma part, il réactive et enrichit le contenu de ma machine à fantasmes, surtout quand après l’hiver je me suis contentée de quelques rapports hygiéniques pour entretenir ma forme. Pour peu qu’on ait un peu d’imagination, ce qui se devine entre les lignes évoquent presque d’avantage d’interdits que ce qui nous sera donné d’écrire. Le plaisir que ce jeu me procure quand le partenaire est à la hauteur de l’exercice est de l’ordre de l’orgasme cérébral, frustrant par moment mais de toutes façons moins que si on passait à l’acte avec la personne avec laquelle on s’y est adonné.

On peut trouver ça tordu, masochiste même, mais quand on le fait en connaissance de cause, c’est férocement excitant.

L’aventure doit cependant être de courte durée au risque de préférer définitivement l’adrénaline du stupre virtuel, aux endorphines d’un orgasme bien réel…

Oh, j’ai oublié de me présenter…

17 Oct

Permettez-moi de rebondir sur l’article de Lara, celui qui parle de 5 choses que vous devriez maintenant savoir par coeur. Parce qu’on y voit bien la difficulté de mener une vie sexuelle quelle qu’elle soit sans subir le regard des autres, à 300% critique. Et puisqu’on parle de nombre d’amants, mon compte personnel choquerait probablement mes grands parents, ferait doucement sourire mes parents, et éveille quelques jalousies chez certaines de mes amies moins bien loties, encore que le seul critère du chiffre soit un bien mauvais étalon de la qualité. Alors que Lara s’est fixée sur un nombre totem qui ne fait ni trop peur, ni trop sage (9, pour les fainéants qui n’auraient pas encore lu l’article), j’ai pris le parti jusqu’à présent de ne jamais mentir à ce sujet. Parce que j’ai appris que je faisais ce que je veux de mon corps, parce que j’ai toujours eu du respect pour ceux dont j’ai partagé le lit ou la vie et parce que je n’ai pas à rougir de les avoir connus. Je n’ai pas non plus ménagé ceux qui m’ont naïvement demandé non combien d’hommes j’avais connu mais combien de fois j’avais fait des galipettes : bien trop pour me souvenir du dixième.

Déjà, le nombre pose problème, mais quand on rentre dans le détail des pratiques, même pas la peine d’espérer passer entre les gouttes: si on sort des sentiers battus, il y aura forcément quelqu’un pour crier au scandale. A croire que la majorité des gens ne connaissent que le missionnaire bâclé, et que l’Homme a le monopole de l’orgasme. Et si c’est effectivement le cas, ça me donne envie de pleurer devant tant de gâchis. Je ne me sens pas particulièrement « déviante », et pourtant j’ai souvent passé sous silence certains de mes petits plaisirs au lit ou ailleurs, après avoir entendu un cassant « ah mais ça, je ne comprends pas qu’on puisse aimer, c’est dégueu!!». Moi non plus je ne comprends pas, je le ressens, débile!

Alors je vais profiter de mon anonymat tout relatif pour enfin dire tout haut ce qui m’attire, ce qui me repousse, et ces fantasmes que je compte bien réaliser.

J’aime les hommes, mais je n’aime que moyennement les poils. J’aime garder la lumière allumée, que ça fasse du bruit, que ce soit juste assez brutal pour le ressentir encore le lendemain. J’aime aussi que l’on me rende folle à force de lenteur. Ou que ce soit soudain et vif. Je me sens gauche et ridicule en amazone, mais experte et audacieuse en levrette. Je refuse systématiquement tout préliminaire à mon égard, hormis baisers, morsures et caresses. Je regarde souvent du porno, et m’en inspire parfois. Je raffole des contacts, et même celui de ma propre peau lorsque je croise mes jambes m’excite. Je trouve que les paroles n’ont pas vraiment leur place au milieu du sexe. J’ai testé et aimé la sodomie, et bloque maintenant sur le côté sale. Je me masturbe presque quotidiennement. J’adore qu’on me lèche les pieds et qu’on m’attache les poignets, mais déteste les massages et chatouilles mal faits (si un dieu des massages lit cet article… qu’il se fasse connaitre, surtout s’il a entre 25 et 35 ans). Dominer m’effraie, me soumettre m’excite. J’aime embrasser les filles, mais pas coucher avec. Je ne conçois pas de première rencontre sexuelle sans une dimension de performance : nombre, lieux ou positions improbables. Je n’ai jamais joui sans invoquer le même fantasme de plusieurs hommes pour moi. Je suis incapable de dire de vive voix des mots du sexe de moi-même, et adore qu’on m’y force. Je n’ai jamais utilisé de sex-toy mais ne compte pas mourir idiote. Si le pénis me fascine, je déplore ne m’être pas encore assez intéressée à ses petites sœurs. Je rêve de le faire sur un toit (et j’ai bien failli le faire), et sur la table de la cuisine.

Et pour finir, je n’aime rien tant que rencontrer quelqu’un pour me faire changer d’avis.

Voilà, je suis bourrée de complexes et petites hontes que j’oublie souvent de mettre de côté et qui parfois me brident, mais en règle générale je n’ai pas froid aux yeux. Assurément, beaucoup m’ont intérieurement traitée de salope, mais je continue à penser qu’il n’y a rien de honteux dans le plaisir.