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L’offensive, si je veux !

9 Fév

L’autre jour j’entendais une de mes copines, belle comme une Corvette en rodage, s’indigner :
« Mais moi je ne comprends pas comment une femme peut se jeter à la tête d’un homme. Personnellement, je n’ai jamais eu besoin de ça pour séduire ! »
Ça m’a fait doucement rire jaune aussi un peu car lorsqu’on a un visage de madone, la peau mate toute l’année, une bouche charnue agrémentée d’un grain de beauté gracieux à la commissure des lèvres et des mensurations presque idéales, il est forcément beaucoup plus  simple de faire baver succomber un mâle d’un simple battement de cils (de 15 cm de long, qui plus est) que pour le commun des mortelles.

Car au risque de jeter un pavé dans la mare, nous n’avons pas toutes les moyens de jouer les pétasses les princesses ! Tout le monde ne peut pas miser sur le charme ostentatoire d’une chute de reins vertigineuse et 1m20 de jambes. Je ne suis pas en train de dire que lorsqu’on n’a pas un physique de bombe, il faille se planquer sous une burqa chez soi pleurer sa mère  et se tailler les veines et désespérer (quoique vous faites bien ce que vous voulez !), je dis simplement qu’il faut apprendre à mettre en avant d’autres arguments.

C’est un peu comme cette aberration de penser qu’un  jean slim transforme n’importe quelle fille en bonnasse, quand il peut donner à certaines l’allure d’une dinde sous cellophane ou qu’un smoky eye rend le regard mystérieux, alors qu’il donne parfois l’aura d’un travelo qui sort du Dépôt à 5 h du mat après une tournante. Alors oui, on fait de son mieux avec son capital de départ (je suis loin de me plaindre du mien d’ailleurs, la nature m’a plutôt gâtée) mais on ne vire pas hystérique sous prétexte qu’on a vu ça dans Jalouse : la fille qui portait ce sarouel faisait 1m83 et on fait 20cm de moins et 5kg de plus, sur nous cette nouvelle acquisition  donne  juste la vague impression qu’on s’est oubliée dans notre froc.

Alors plutôt que d’utiliser les tactiques en toc des sublimes idiotes belles indifférentes, j’ai recours à un truc qui bizarrement marche plutôt bien auprès des hommes, un concept qu’on ne trouve ni dans les magazines féminins ni chez Colette et qui s’appelle l’esprit. Et c’est marrant comme un peu d’espièglerie, d’ambiguïté et d’humour peuvent facilement conduire l’objet de ses désirs là où on veut qu’il soit. Car oui, je fais partie de celles « qui se jettent à la tête » d’un homme parce que j’ai toujours préféré avoir le choix du produit être celle qui séduit que d’attendre  d’être repérée sur un étalage de volailles patiemment que mon heure vienne. Nos mères n’ont pas brûlé leurs soutien-gorges pour qu’on fasse les potiches en attendant que le gosse bô qui nous a tapé dans l’œil, nous remarque.

Et à part deux ou trois mecs flippés de se faire couper les couilles râteaux, je n’ai jamais regretté d’avoir une séduction offensive. Comme quoi, l’audace quand on est un tant soit peu futée et pas trop vilaine, ça paye toujours, n’en déplaise à ma bombasse de copine…

Fuck me but not twice…

4 Fév

Ne rêvons pas ! La probabilité pour qu’un ex qui nous a trainée dans la boue nous donne l’occasion de lui rendre la tarte qu’on s’est prise est relativement rare et c’est souvent quand on ne l’attend plus d’ailleurs que le bâtard le type en question se pointe, la bouche en cœur, avec derrière la tête, la vague idée de se vider les couilles prendre de nos nouvelles.

Attention je ne parle pas du mec avec qui on n’a pas réussi à passer au niveau supérieur à cause d’incompatibilités d’humeur ou parce que les sentiments n’étaient pas du même tenant. Je parle de la raclure, de l’enfoiré, du crevard du type qui a profité de notre petit faible pour nous prendre pour une conne manipuler.

C’est pour cela que lorsque ce moment béni se présente il convient de s’en délecter et de ne pas rater son coup. Ne pas se leurrer, si ce connard cher amour se souvient soudain de notre numéro de téléphone après six mois d’absence, ce n’est pas parce qu’il éprouve des remords mais surement parce qu’il se trouve à un moment critique de sa vie où il a besoin de se rassurer sur sa séduction, et quoi de mieux que la pauvre gourde chouette fille que nous sommes pour lui regonfler l’Ego. Je vous épargne l’évidence de s’habiller de façon à mettre tous nos atouts en valeur, sans être ostentatoire, une jupe trop courte ou un décolleté tapageur pourrait lui laisser supposer qu’on est morte de faim et qu’on cherche à le séduire à nouveau.

Même si on crève d’envie de lui balancer à la gueule que c’est un pauvre type qui nous a presque donné envie de rentrer dans les ordres après notre rupture, ou de devenir lesbienne, se montrer magnanime et détendue. Laisser venir la bête sans impatience, et elle viendra car si on lui a permis de nous voir, elle se croit déjà autorisée à presque toutes les libertés.

Feindre de s’intéresser à lui, à ce qu’il est devenu, montrer de l’empathie quand il nous raconte ses petits malheurs et ses grandes remises en question (sic). Ce n’est pas compliqué d’ailleurs puisque de toutes façons il ne sait que parler de lui. Et lorsque, mis en confiance, il nous déclare qu’il ne pense qu’à nous prendre en levrette n’a jamais vraiment réussi à nous oublier, c’est le moment de répondre calmement :

« Tu sais, quand je t’ai connu, je me cherchais vraiment et je serais tombée amoureuse de n’importe qui… Je voulais savoir ce que tu devenais, mais je réalise que tu as épuisé le reste d’intérêt que j’avais pour toi. Je suis contente que tu aies l’air plus apaisé, mais je pense que c’est mieux si tu en fais profiter quelqu’un d’autre. »

Il y a fort à parier que nous n’ayons plus jamais de nouvelles de ce rebut de la gent masculine mais après tout, ça ne changera pas grand chose et ça a le mérite de soulager…

Tout en lourdeur. La chute aussi.

7 Oct

Je me plains régulièrement d’être célibataire, suite à un CDD de PCRA germanisant qui s’est terminé au début de l’été. Alors oui, ce n’est un secret pour personne, l’hiver arrive et il commence à faire frais. Je suis aussi sujette aux migraines et j’ai besoin de sexe de câlins pour les calmer. C’est donc un besoin entièrement THERAPEUTIQUE, rien de plus.

Mais ca ne veut pas dire que je suis prête-à-se-taper-le-premier-venu. Surtout pas le premier gros lourd (GL from now on) venu. Non mais oh, on a des valeurs et des principes tout de même (auto-persuasion) ! 🙂

Parce que ça, même dans ma province isolée, j’en ai à la pelle. Dont un au bureau, histoire de rendre mes jours de migraine encore plus agréables, sinon je m’ennuierais.

J’ai donc GL sur le dos depuis maintenant quelques semaines. Avant, il était encore dans la phase timide-et-discret, et j’étais bien trop occupée avec mon PCRA pour m’en soucier, soyons clairs. Depuis, les choses ayant changé, GL a pris de l’assurance. CDI en poche, il est persuadé d’être un parti sans égal, le top du top, ou ‘crème de la crème’ comme disent les Englishs. Mais voilà. GL a fait une école d’ingé, et GL n’était pas dans les « cools » de sa promo, clairement. Plutôt dans la catégorie Nobode. (oui, j’ai été nobode, mais nobode volontaire, rien à voir, merci). Pourquoi un nobode-no-life ? Parce que GL ne sait pas draguer. Et GL s’est fait avoir comme un débutant lorsqu’il a commandé « Flirting 101 » sur le net. Il a du recevoir la version 12-15 ans.

J’ai l’impression d’être au collège. Et encore, avec mes camarades de l’époque les plus mauvais. Les blagues vaseuses à répétition. Les compliments déplacés qui se veulent charmants. Les piques permanentes (embêter la nana qui t’intéresse, ça peut marcher, mais toute stratégie a ses limites). Les allusions pas si allusives, lourdes. Les questions incessantes, lourdes aussi. Les incrustes, fatiguantes.

Quelques exemples pour situer (classe inside, évidemment) :

–          ‘ah on n’est pas que tous les deux en amoureux au ciné ? je boude alors’

–          ‘bonjour la plus jolie des filles de l’open space’

–          ‘ne force pas trop au sport, si tu veux que je continue à regarder tes fessiers, ils sont très biens comme ça’

J’arrête là le déballage de classe et d’élégance, je sursaute devant mon écran à chaque déclaration…

Si j’en crois les dernières fuites, GL pense que je l’apprécie, voire que je suis une fan inconditionnelle de son humour fin et délicat. J’attends en fait avec impatience le jour où il tentera une vraie approche.

Car je ne saurais exprimer ma joie de devoir le rembarrer. A l’ancienne, un non bien calé. Je ne suis pourtant pas cruelle à la base, mais je suis persuadée que ça serait pour son bien.

Feel free to agree or disagree.

Je me suis pris un râteau

20 Sep

Forte de ma nouvelle vie d’expatriée célibataire, je suis allée faire mon marché dans un bar le week-end dernier.

Pub totalement occidental, qui pue la bière, la musique trop forte, et la frustration sexuelle (pas que celle des autres).

Je m’avance vers le bar, j’attends que le barman daigne percuter que je me tapais pas sa musique de merde plein les tympans seule face à son comptoir pour le FUN. Je passe ma commande et un Australien m’aborde.

Pas mal. Un peu fat, un peu jeune, un peu WASP mais vraiment pas dégueu. Il fera l’affaire.

Je m’appuie donc son haleine chargée, son accent à couper au couteau et notre discussion d’une banalité consternante pendant plus d’une heure. Il finit par me demander mon numéro, je lui file direct (surement commis une erreur), je lui demande le sien. Je le laisse retourner avec ses copains. Je rentre chez moi un quart d’heure après estimant avoir sécurisé le plan (là où on voit que j’avais bu, c’est que j’avais oublié la phase « on se roule une pelle avant de partir et je me trouve une excuse pour rentrer chez moi et éviter tes ronflements d’épave« ).

Je lui envoie un texto avant de dormir. Il n’a jamais répondu.

A agir comme un mec, on se prend des râteaux comme les mecs :$